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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 13:01

La vie, ses hauts et ses bas

 

Parmi les objets que nous avons vus, malheureusement certains n’ont été sauvés que pour être, hélas, détruits ou jetés.

 

Alors que j’étais adolescent, mes parents ont divorcé ce qui provoqua tout naturellement des bouleversements dans ma vie quotidienne, surtout niveau stockage, car notre pavillon familial a été vendu. Pour ce 1er déménagement, je pris un soin tout particulier en ce qui concerne toutes mes trouvailles, j’avoue qu’à elles seules elles prirent pas mal de cartons de rangements.

 

Ma mère acheta un petit appartement toujours à Issou, mon père, lui, emménagea dans le village qui l’avait vu grandir, Juziers.

 

Les années passèrent sans une ombre au tableau sauf qu’un jour des soucis familiaux, encore, ont obligé ma maman à déménager de nouveau. Le problème est qu’il fallut vider son appartement d’une façon plus qu’expéditive et c’est lors de ce changement de maison que la plupart des photos, objets ont été jetés ou laissé sur place. Parmi mes pertes je peux citer : la serviette de table du mariage de Madame Chaperon, un staff de l’orangerie, les ferronneries des portes du fourneau des cuisines, le dernier sous-bassement du salon de Monsieur Chaperon, des morceaux de tapisseries d’Aubusson murales du salon de Monsieur, le socle de la fontaine en cristal, une opale en forme de bouquet de fleurs, un lai entier de toile de Jouy du boudoir de Madame, un autre de la chambre dite « Pompadour », des photos par dizaines, dont une, qui me tenait particulièrement à cœur, la seule que Nadège avait bien voulu me copier, celle des jardins de l’entrée vue d’une fenêtre du château vers 1950.

 

Fort heureusement, j’avais pensé à placer quelques petits objets au château, dans un placard fermé à clé. Aujourd’hui, je ne sais pas si ces objets y sont toujours. J’avais aussi replacé des pièces de cheminée en pierre dans le petit cabinet de Madame Chaperon, un siège qui avait été sauvé de la maison du gardien lors de son transfert en maison des jeunes, ce siège de style régence avec du tissu de soie jaune paille, des appliques de style rocaille en bronze. J’avais replacé des rideaux dans les vitrines, en empruntant du tissu mural qui autrefois était de la chambre « Pompadour », recirée le parquet, remis le fameux rideau que j’avais trouvé près du hangar. Lors de ma dernière visite, j’ai pu constater que cette pièce avait été ravagée par des jeunes qui n’avaient rien d’autre à faire que d’aller casser au château et pire mettre le feu à la pièce.

 

En parlant de pièce, un après-midi, alors que j’étais en détresse financière, j’ai été obligé de me séparer de la pièce en or qui m’avait été offerte. En effet, le prix offert, dû à la rayure, était vraiment dérisoire. Aujourd’hui encore je m’en veux de ne pas avoir pensé ne serait-ce qu’à l’avoir prise en photo pour en garder une trace.

 

Heureusement, j’ai quand même sauvé certaines choses, la plupart de mes photos, tous mes tableaux, anciens et récents, mes fameux cahiers de comptes (même si à l’heure actuelle, je ne sais pas vraiment où ils sont exactement, soit chez moi, soit chez mon père), les actes de propriétés, les lettres de Madame Chaperon, son testament, acte de décès des propriétaires ainsi que l’acte de naissance d’Alice Malétra, toutes mes photos du film « Le Pacte des Loups », de « Camille Claudel », le tapis de clavier du piano du grand salon de réception, les fameuses fourrures, du papier peint de la bibliothèque style chinois qui avait été placé avant la tapisserie en tissu gris d’aujourd’hui, du papier peint également placé à l’origine sous la toile de Jouy du boudoir de Madame Chaperon. Petite histoire à ce sujet, après que j’ai fait voir à Jean Baptiste Martin ces fameux papiers peints, il s’y est intéressé de plus près, car son métier est restaurateur de papiers peints anciens. Après avoir effectué la dépose complète de la toile de Jouy du boudoir, il s’est aperçu que la totalité de la pièce avait été tendue de papier peint chinois, exécuté à Canton, fin du XVIIIe siècle. Nous en reparlerons dans la suite de l’histoire du château de 1976 à 2010. J’ai aussi gardé la boîte de plaques de verre avec l’étiquette, les boîtes de dragées… Je crois que je ne me remettrais jamais de la perte de certains objets du château, pourtant je n’avais fait ça que pour sauvegarder quelques traces du patrimoine d’Issou, et espérais pouvoir un jour les rapporter au château, pour les laisser en exposition pour de futurs visiteurs, après la restauration complète du bâtiment.

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Published by amartinez - dans mes memoires
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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 20:43

Petite visite aux archives départementales :

 

La première fois, que je me suis rendu aux archives départementales des Yvelines, elles étaient encore situées à Versailles. J’étais très excité, je savais que Mme Chaperon avait fait par deux fois des dons. La première en 1971, où elle donna la partie de l’histoire du château la plus ancienne, la seconde, par testament en 1977, où elle donna l’intégralité de ses propres archives.

 

Je me suis donc inscrit sur les conseils d’Henri Lecourt, car, c’est bien sûr la condition sine qua non. Comme il avait déjà fait des recherches sur place, il avait noté les côtes et me les avait données. J’ignorais complètement le fonctionnement de la consultation sur place, je ne savais pas qu’il y avait des horaires de délivrance et d’attente après avoir commandé une liasse.

 

Me voilà dans la salle de lecture, me demandant ce que j’allais bien pouvoir avoir comme documents à consulter.

 

C’est alors que j’entends le grincement d’une charrette chargée de papiers et livres en tout genre, je me dis, que ce que j’avais commandé devait être dans ce chargement hétéroclite.

 

En effet, je fus appelé à venir chercher mes liasses. Après m’être assis devant la table de consultation et avoir constaté que le papier était vraiment très froid, je vois que ces papiers portaient le nom Chaperon écrit à la plume, à l’encre noire. Pas de doutes c’était bel et bien ça.

 

Pris d’émotion, je détache le lien de la liasse et ouvre le paquet, et là, sous mes doigts se trouve une feuille jaunie par le temps, pliée en 8. Je reste perplexe. Je déplie la feuille et je vois devant moi se dessiner la façade du château tel qu’il est aujourd’hui. Je regarde en bas dans le cartouche et je vois 1905. C’était un plan, exécuté pour les grands travaux de Mr et Mme Chaperon. Les détails étaient vraiment saisissants. J’attrape donc mon appareil photo et je prends une ou deux photos des chiens assis du dernier étage, puis je replie le plan me disant que j’aurais tout le temps de revenir dessus plus tard. Je regarde la suite et je vois des dizaines de petits cahiers relatant les heures de travail, le nom des employés, la nature des travaux et parfois même le dessin de ce qu’il fallait faire ou remplacer. Les dates varient entre 1905 et 1909, quatre années de travaux couchées sur papier, dans le moindre détail.

 

Pour quelques-unes des premières pages, je prends soin de noter les choses qui me semblaient importantes, comme le nom de certaines pièces du château, tel :

 

- le vestibule (l’entrée principale)

 

- le grand salon (la salle à manger)

 

- le petit salon (le grand salon de réception)

 

Je remarque aussi la nature des travaux réalisés dans ces endroits comme :

 

- retrait de la cheminée de marbre du petit salon, récupération du marbre noir pour le placer dans le vestibule

 

- dépose du plafond du grand salon, création de poutrelles IPN de soutien…

 

Le temps passe tellement vite quand nous sommes absorbés dans quelque chose qui nous tient à cœur, il me fallait rentrer chez mes parents.

 

Ces notes, je les ai longtemps mises de côté sans même les relire, mais je me disais que je serais bien retourné de nombreuses fois aux archives. Le temps passe tellement vite quand nous sommes absorbés dans quelque chose qui nous tient à cœur, il me fallait rentrer chez mes parents.

 

J’y suis en effet retourné en compagnie de Nadège. C’était le soir du réveillon de Noël, nous étions chargés comme des mules, entre les appareils photo, les feuillets, etc. Nous avions quelques heures pour consulter deux trois feuillets, car c’était un samedi soir après le travail de Nadège. A cette époque, elle n’était pas employée de mairie, mais secrétaire dans les produits cosmétiques Mathis, proche de Versailles, je passais donc la récupérer à la gare pour partir tous les deux vers les archives.

 

Nous avons passé un excellent moment, nous en avons pris plein les yeux. Le moment de rentrer était venu pour nous, car c’était le réveillon et nous étions attendus chez moi, avec sa maman, Arlette Le Brun, pour fêter Noël, car ma mère les avait invitées toutes les deux.

 

Dans un moment d’égarement, en sortant des archives Nadège et moi nous sommes perdus, nous ne nous sommes pas du tout dirigés dans la bonne direction. Plus nous marchions et moins le trajet du retour ne nous semblait familier, jusqu’au moment où nous tombons sur une gare : Porchefontaine. Nadège et moi nous sommes regardés perplexes et nous en avons conclu que nous étions perdus. Entre temps, ma mère m’appelle plusieurs fois, ma famille et la mère de Nadège étaient arrivées, mais nous toujours pas. Après de nombreuses hésitations, tours et demi-tours nous avons fini par prendre le train avec de nombreux changements, car la ligne Versailles Issou n’existe pas. Il y a forcément des changements à faire, soit à Paris-Montparnasse vers Paris-Saint-Lazare (rien que le changement fait bien 30 minutes sans compter le trajet de Versailles à Montparnasse) puis Paris-Saint-Lazare/Issou (1 heure) ou bien Porchefontaine/Versailles Rive Gauche/Saint-Lazare et enfin Saint-Lazare/Issou (bien 1 heure et demie) ou enfin Porchefontaine/Mantes-la-Jolie et Mantes-la-Jolie/Issou (avec les attentes entre les correspondances bien 2 heures).

 

Je vous laisse imaginer la colère de ma mère et bien sûr la position délicate d’Arlette, qui arrive seule et reste seule dans une famille qu’elle ne connaît pas.

 

Le fait est que nous avons quand même réussi à rentrer chez moi, bien tard, après que tout le monde ait fini de manger.

 

Malgré tout ce qui a pu se passer, nous avions, Nadège et moi, passé une merveilleuse soirée et nous avons beaucoup rigolé.

 

A de nombreuses reprises, je me suis dit qu’il faudrait que je retourne aux archives, même Jean Baptiste me l’a souvent demandé. Le temps passant, j’ai commencé à travailler, j’avais plus beaucoup de temps à consacrer aux archives, je n’y suis donc jamais retourné et pour finir les archives départementales ont déménagé.

 

Le jour où je me suis rendu seul aux archives, en sortant, je suis passé dans une rue où de nombreux antiquaires sont installés. Je me suis rendu chez l’un d’eux, où il y avait écrit sur la vitrine bail à céder, juste en dessous une autre affiche avec papiers anciens, cartes postales et photos en tout genre. A cette époque, j’étais un collectionneur de cartes postales du château d’Issou, aujourd’hui je n’ai plus l’occasion de me rendre aux foires de papiers anciens. Je rentre dans la boutique minuscule, mais toute en longueur et je vois un vieux monsieur occupé à remplir un grand cahier. J’étais habitué à demander aux vendeurs s’ils avaient une carte postale de la ville d’Issou dans les Yvelines, et une fois sur deux, le vendeur me demandait Wissous, alors je répondais non, Issou avec un I. alors que je m’approche pour faire cette demande qui pour moi était devenue automatique, le monsieur se penche vers moi et me demande ce qui me ferait plaisir. Je commence mon speech, et là, même pas besoin de préciser avec un I, il me tend deux ou trois cartes qu’il venait de sortir d’un petit tiroir derrière lui. Je reconnais de suite les vues qu’il me présente pour les avoir déjà chez moi. Au moment où j’allais lui rendre, une carte attire un peu plus mon attention, une écriture au dos de la carte me dit quelque chose, une écriture assez dure, à l’encre violette, les lettres comme hachées. Je la retourne et me rends compte que c’est l’écriture de la châtelaine. Mon cœur fait un grand bond dans ma poitrine, j’essaye d’être le plus calme possible, car je me dis, si ce monsieur, qui a pourtant l’air vénérable, voit que je m’emballe, le prix qui n’était pas indiqué sur la carte, allait sans nul doute grimper. Le souci c’est qu’à mon avis le vendeur a dû le remarquer, car je vois son œil me fixer étrangement.

 

Je lui tends donc le lot de cartes sans celle qui me plaisait tant, je lui dis avec un air le plus calme possible que je prends celle-là, il sourit et me dit : « Ah, je me demandais bien quand la carte de Marie allait partir, j’avais peur de devoir la jeter. »

 

Je n’en revenais pas de ce que j'entendais, bien évidemment je ne puis me retenir :

 

« Vous m’avez parlé de Marie ? ».

 

« Oh ! Oui, figurez-vous que comme vous devez sans doute le savoir vous-même, jeune homme, le château appartenait à la famille Chaperon, dont Marie la propriétaire a écrit cette carte » me répond-il.

 

J’étais bluffé, forcément maintenant je me retrouve bien bête : « Oui, je suis au courant, je suis justement de retour des archives, car Marie leur a légué ses papiers »

 

« Mais je suis sûr qu’ils n’ont pas tout » me dit-il d’un air taquin qui lui retira directement 20 ans tellement ses yeux pétillaient.

 

« Bien je ne sais pas, mais ils ont quand même visiblement une très bonne collection » m’empressai-je de dire.

 

« Je vais te montrer quelque chose, suis moi » finit-il par me répondre.

 

Il me conduisit dans l’arrière-boutique, où des cartons s’entassaient, débordant d’objets divers et variés. Sur le côté droit, après deux marches, un grand meuble à portes coulissantes prenait la moitié du mur. L’endroit était éclairé par un grand lustre en plein centre du plafond. Il ouvre une porte de cette espèce d’armoire et en sort une petite mallette en cuir, il appuie sur le petit verrou qui s’ouvre, et prend ce qu’elle contient en mains.

 

Je le vois trier ce qu’il allait me montrer et il me tend un bout de carton, tout jaune et dentelé, je regarde et vois écrit dessus : « Les deux Paul au travail ».

 

Instinctivement, je retourne le carton et me rends compte qu’il s’agit d’une photo, montrant deux hommes, dont un à genoux face à une cheminée, visiblement rigolant aux éclats. L’un des deux hommes était celui qui me faisait face, mais bien plus vieux. Mes mains tremblaient en regardant cette photo, car la pièce m’était complètement familière, sauf qu’aujourd’hui elle ne ressemblait plus du tout à la photo ; la cheminée elle-même n’existait même plus.

 

L’homme visiblement content de l’effet produit me dit : « Eh oui, il y a déjà si longtemps que cette photo a été prise, je m’en souviens comme si c’était hier. Nous venions d’arriver ma pauvre femme et moi à Issou lorsqu'il s’est mis à neiger très fort. C’était l’une des premières fois que les Chaperon passaient l’hiver au château, d’habitude ils ne l’occupaient que l’été. Paul me dit donc qu’il allait allumer la cheminée, mais qu’il n’avait pas pensé à rentrer du bois et qu’il était resté dehors. Le bois complètement mouillé, n’ayant jamais voulu prendre, le salon que nous occupions s’est enfumé très rapidement, il faisait bleu dedans. Après de nombreux essais infructueux, nous avons vu Marie redescendre couverte de fourrure tellement elle avait froid. C’est à ce moment-là que ma femme a pris cette photo, nous étions lui et moi occupés à allumer cette cheminée quand derrière nous, Marie apparut toute couverte de poil. Paul me dit doucement que l’ours venait d’arriver et quand je me suis retourné je l’ai vu là, et forcément nous nous sommes mis à rire ».

 

En regardant bien la photo, je me suis rendu compte qu’au fond du salon de Mr j’apercevais une masse avec simplement deux bottines en dessous, s’il ne m’avait pas dit que c’était Marie, je ne l’aurais jamais su. Même son visage n’était presque plus visible sous cet amas de fourrure, cela dit en passant, il y en avait bien une dizaine sur elle.

 

« Oh, mais ça ne s’est pas arrêté comme ça » continua-t-il, « Marie, piquée au vif devant le commentaire qu’elle avait parfaitement entendu répondit : Monsieur Paul, puisque c’est ainsi, nous aurons l’occasion d’en reparler plus tard. A son regard, je compris qu’il était habitué à ce genre de pseudo menaces et comme nous le savions tous, c’est Madame qui portait la culotte dans le ménage ».

 

Je lui demandai : « Mais dites-moi, monsieur, quel est le lien entre vous et la famille Chaperon ? ».

 

Il m’expliqua : « C’est une histoire assez complexe. J’étais parti avec mon épouse à Vichy en cure, l’hôtel que nous occupions a malheureusement confondu une commande que nous avions passée avec une commande qu’un couple passa. Un peu irritée, la femme de ce monsieur qui visiblement n’était pas au mieux de sa forme réprimanda l’hôtesse en lui disant que ce n’était pas digne d’un établissement comme celui-là de se tromper de la sorte. Pour se défendre face à Marie, l’hôtesse lui répondit que ce n’était pas de sa faute si deux Chaperon passaient commande en même temps. Marie qui avait toujours réponse à tout, dit, mais Paul Chaperon tout de même. Eh bien justement, lui répondit la pauvre femme au bord des larmes, ce monsieur derrière vous se nomme aussi Paul Chaperon. C’est alors que je vis Marie se retourner dans un mouvement d’incrédulité et me regarder. Malgré le blanc de son maquillage, je devinais qu’elle piquait un fard. Je me présentai donc à elle sans bien sûr oublier ma femme qui était à côté de moi. Là où les choses étaient le plus étranges, c’est que ma femme se prénommait aussi Marie. Donc nous voilà, deux Paul et Marie Chaperon, occupant le même établissement de soins, au même étage, le pire, c’est qu’ils étaient nos voisins de chambre. Après cet épisode nous avons décidé de garder contact, et nous nous sommes revu la première fois quand nous nous sommes rendu mon épouse et moi-même à Rouen dans de la famille. Sur le retour nous nous sommes arrêtés à Issou où nous avons été fort bien reçus et notre amitié dura de longues années, jusqu’au décès de Paul. Pour la première fois, j’ai vu Marie triste. Je ne pensais pas voir ça un jour, car ce couple, qui parfois pouvais passer comme étrange, car à plusieurs reprises, je me suis demandé si ce n’était pas un mariage de raison plutôt qu’un mariage d’amour, de la voir quasiment en dépression ça m’a touché. Nous nous sommes revus quelques fois sur Versailles, où Marie avait des amis. Puis, bien des années plus tard, j’appris son décès également et enfin la vente aux enchères dans les années 70, où j’ai acheté quelques souvenirs. »

 

Je lui demandai : « Si ce n’est pas indiscret, qu’avez-vous donc acheté à cette vente, et avez-vous d’autres photos comme celle-ci ? ».

 

Il me répondit : « Tu sais, à cette époque, la photo n’était pas comme aujourd’hui, nous ne faisions que très peu de photos, seulement dans des occasions particulières comme les mariages, baptêmes. Celle-là il me semble que c’est la seule. ».

 

Je rétorquai : « Je comprends bien oui. ».

 

Il continua : « Lors de la vente j’ai acheté quelques bibelots, des lampes, des cadres, des tableaux, car je venais d’acheter cette boutique et je comptais bien sur la vente aux enchères pour avoir un petit stock ici, mais j’ai gardé ceci que je ne peux pas vendre à n’importe qui. ».

 

Il plonge une nouvelle fois la main dans sa sacoche et en ressort une liasse bleu pâle, et je vois écrit dessus « travaux au château 1904-1905 ». Je reconnais immédiatement ces papiers, car je venais d’en avoir dans les mains toute la journée, les mêmes mémoires des archives.

 

Il me tend ces papiers que je feuillète de suite, et là, bingo, en effet c’était bien ce que je pensais, des cahiers de compte rendu des travaux du château de 1904, 1905, 1907, ainsi que des papiers de transports de gravats, pavés et matières, du château vers la ferme ou la décharge d’Issou, ainsi que de la gare de Gargenville vers le château, tous signé de la main même de Mr Leroy, le jardinier et visiblement 1er régisseur des Chaperon. En feuilletant, une ou deux pages tombèrent sur le sol, je les ramasse et en les retournant, je vois, « acte de vente du Duc de Bouillon », puis l’autre « acte de vente de Nicolas de Harlay ». J’étais sous le choc.

 

Il m’explique qu’il avait ces papiers depuis 1971. La châtelaine voulait vendre tous ses papiers et savoir si ça valait quelque chose ou non. Elle voulait l’avis de l’antiquaire. Voyant qu’en définitive il n’y avait là aucune valeur, si ce n’est sentimental ou valeur d’archive municipale, elle se décida donc d’en faire don aux archives de Versailles. Durant toutes ces années, il avait gardé ceux-là, mais pourquoi donc ?

 

Le fait est qu’il n’a pas gardé ces papiers, il les a simplement oubliés dans cette sacoche depuis tout ce temps. Il me dit qu’il allait bientôt vendre et que, hélas, ses fils s’intéressaient plus aux finances qu’à l’antiquité. Ne voyant pas d’autre moyen pour faire vivre son commerce, il a vendu à une entreprise d’immobilier qui allait construire un bâtiment à la place de sa boutique.

 

En me racontant ça, il avait les larmes aux yeux, ce qui ne devait pas me faire perdre de vu mon objectif : récupérer photos, papiers, cartes postales, enfin le plus de choses possibles sur le château. Je regarde machinalement ma montre et constate l’heure avancée, et me dit que je n’avais plus beaucoup de temps si je voulais rentrer chez moi. Que le temps passe vite quand nous parlons d’une passion !

 

Mon geste ne passa pas inaperçu, je demandai alors s’il voulait bien me céder ses papiers et sa photo. Il me regarda d’un air outré. Je me dis que je venais de commettre une erreur sans doute. J’entendis un petit rire et je vis le fameux Paul reprendre ses papiers et aller vers le comptoir. Il me dit avec un aplomb certain : « Je suis vieux jeune homme, mais pas stupide. En ce qui concerne la photo, je la garde, un souvenir de ma pauvre épouse, maintenant voyant votre intérêt sur les papiers, il faut savoir que tout est une question de prix. ».

 

Je restais cloué sur place, j’oubliais que j’avais affaire à un commerçant. Le prix fixé est cher payer à mon goût. Il prit la carte postale et me la donna : « Petit cadeau. », me dit-il souriant. Une fois sorti de la boutique, je courus vers la gare et pris le train, feuilletant les petits cahiers. Ce n’est qu’une fois arrivé chez moi que je pris pleinement conscience de ce que j’avais entre les mains, une partie de la comptabilité, si chère à Mme Chaperon, car s’il faut le rappeler, Madame Chaperon était d’une avarice bien plus développée qu’à la norme. Un sou, c’est un sou. Combien de fois ne fallait-il pas consommer les fruits mêmes à la limite du pourrissement, les œufs même périmés. Quand elle recevait, les petits gâteaux étaient loin d’être secs, mais bien éventés et tous mous.

 

A de nombreuses reprises, elle tombait malade suite à la consommation de produits pas frais, et combien de fois il fallait passer derrière elle pour nettoyer ses salissures dues à sa mauvaise nutrition. Le personnel toujours vivant s’en souvient encore.

 

Ajoutons à ça, le manque d’hygiène personnelle. Lorsque le jour de la lessive sonnait, c’est à l’aide d’un grand bâton qu’on attrapait le linge pour le faire bouillir. Nous sommes très loin du mythe de la jeune et jolie jeune fille des photos. C’est d’ailleurs sur son comportement que nous allons ouvrir une parenthèse pour essayer de décrire au mieux sa personnalité.

 

Marie Catherine Josèphe Thonier de Larochelle épouse Chaperon (1883-1976).

 

Comme nous l’avons vu, Marie est née à Moulins dans l’Allier (département 03), d’un père avocat et d’une mère, Demoiselle Adélaïde Bauchard. Elle vécut dans une famille très renommée et nombreuse du Bourbonnais, les Thonier. Suite à une éducation catholique, Marie restera fortement attachée à la religion jusqu'à la fin. Elle alla dans une école catholique et par la suite en pension, à Saint Maure près de Montluçon. C’est d’ailleurs dans cette pension qu’elle connut Madame Dumas-Primbault, qu’elle retrouva 20 ans après avoir quitté Saint maure, en étant diplômée, dite, apte à l’enseignement primaire. Elle passa également son permis de conduire qu’elle obtiendra du premier coup, chose très rare pour l’époque qu’une femme passe son permis de conduire. Il est fort probable que Madame Chaperon voulait devenir enseignante, mais la vie en aura voulu autrement.

 

Quand elle rencontra Monsieur Paul Josèphe Chaperon, et qu’elle l’épousa deux ans après, nous sommes alors en 1902. Dans la foulée, s’étant mariés à Paris, ils apprennent qu’une propriété est en vente non loin de là, à quelque 60 kilomètres. Ils visitèrent les lieux accompagnés de la propriétaire, une veuve d’un vicomte, Madame Alice Dieudonné Malétra veuve de Monsieur Gaston De Jean.

 

Elle fit le voyage de Saint-Denis pour l’occasion, car sur les conseils de l’oncle de Monsieur Chaperon il était bien qu’elle soit présente, car Madame Chaperon avait déjà succombé aux photographies que la châtelaine actuelle avait fait parvenir par courrier à la rue Chateaubriand, appartement des Chaperon. C’était un vrai catalogue de photos de quelques pages, où l’on voyait les pièces principales du rez-de-chaussée. Ce même catalogue m’a servi pour vous présenter, dans la première partie de ce blog, la salle de billard, entre autres.

 

Après avoir fait affaire avec Alice, souscrit à un microcrédit avec elle, le château était enfin à ceux qui allaient être ses derniers propriétaires. Les travaux prirent quelques années pour être faits et là très vite la Première Guerre mondiale éclate, nous sommes en 1914 Madame à 31 ans. Elle perd son frère au front, ainsi que l’enfant qu’elle portait. Les rapports avec Monsieur Chaperon sont très tendus, tout de suite Madame prend le pas sur le caractère plutôt coulant de Monsieur. Cette femme d’une grande taille, très fine, à la chevelure abondante et noir ébène, ne se laisse décidément pas faire, ni avec les hommes de loi, elle est en constante guerre et procès dans le Bourbonnais avec ses deux autres châteaux, ni avec les hommes de finances, car, ils cotent à la bourse et ça leur rapporte beaucoup.

 

Au point tel qu’ils deviennent propriétaires de plusieurs domaines, terrains, et fermage, ainsi que d’appartements comme à Saint Germain en Laye, le grand Cros, Couleuvre, rue des Saussaies, Porcheville, Maule, Versailles…

 

Madame Chaperon était très méfiante face au patrimoine et à l’argent, par rapport aux étrangers. Pour elle, le secret devait être absolu, rien ne devait laisser paraître qu’elle avait des biens et une assez confortable fortune. Sa façon de faire était assez ingénieuse. Dès qu’elle franchissait les grilles d’Issou, elle s’estimait à la campagne, finis les ensembles Chanel, les grandes marques et les fourrures, finis les bijoux, place à la grande dame chapeautée tout de noir vêtue. Il ne fallait pas qu’on sache.

 

Elle vouvoyait Monsieur Chaperon, lui, le pauvre, n’avait pas le droit de dire grand-chose. Il était vêtu de bien triste façon, il portait des guêtres et ses vêtements troués étaient raccommodés au fil de fer. Il passait souvent sur le pont avec une brouette.

 

Il était d’une gentillesse rare des hommes sans enfants. Les Issoussois qui ont croisé sa route un jour m’en ont toujours parlé avec bienveillance. Il n’en est pas de même pour Marie. Je crois que la séparation d’avec les Issoussois a été faite après une bien triste histoire. Marie accordait qu’on vienne dans le parc l’hiver ramasser le bois mort tombé à terre, elle était dure d’apparence, mais elle avait en fait bon cœur. Le souci c’est qu’elle s’est rendu compte que certains abusaient de sa gentillesse pour couper du bois des arbres du parc et non pas ce qui avait été demandé, seulement le bois mort. C’est alors que la châtelaine ferma le parc aux Issoussois. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Issoussois accusèrent plus ou moins Madame de collaborations, ce qui mit un point final entre Issou et Marie Chaperon, en durcissant encore ses traits.

 

La mort de Monsieur n’arrangeait rien à tout ceci. Madame Chaperon se mit à fumer et se laissa totalement aller côté vestimentaire. Parfois, en la croisant dans la rue, un inconnu aurait pu lui faire l’aumône tellement elle faisait peine à voir : des bas de couleurs différentes à chaque jambe, des habits sales, des lainages, une petite vieille voûtée avec la voix grave d’un homme. A plusieurs reprises, des ambulanciers l’on trouver recroquevillée sur elle, dans le boudoir, près d’une cheminée éteinte, transie de froid. Comme nous le savons, elle était pingre, même pour le chauffage.

 

Il est arrivé qu’un Issoussois veuille lui rendre service, car elle se plaignait que le bassin devant le château était toujours à un niveau qui ne lui convenait pas, toujours trop bas, en effet des fuites dans l’étanchéité ne permettaient pas une hauteur convenable. Alors, avec gentillesse, Monsieur Legrand se proposa de lui présenter des artisans pour remédier à ce souci. Madame Chaperon, aux anges, accepta bien volontiers, mais au moment de passer à la caisse, plus personne.

 

Elle détestait payer, même les besoins les plus primaires.

 

Un ami m’expliqua qu’un membre de sa famille fit des travaux de restauration au château, sur la demande de la châtelaine. Au moment de payer, elle proposa en échange du salaire, du mobilier, ce que le monsieur en question accepta. Il repartit avec des meubles, qui à mon avis valaient bien plus que le montant des travaux.

 

Autre partie du tempérament de la châtelaine, les décisions avec le personnel. Employée par Madame Chaperon, Madame Melchior était un peu plus que ça aux yeux de la châtelaine. C’est la seule des employés de Marie à avoir pu aller à Paris dans l’appartement rue des Saussaies, connaître des petits secrets de Marie. Elles discutaient beaucoup toute les deux, elle était comme sa confidente, ce qui n’empêcha pas la châtelaine de lui faire un coup qui lui coûtera son amitié. Un matin d’octobre, alors qu’il faisait assez froid, Madame Chaperon demanda à Régine Melchior d’aller chercher des chrysanthèmes. Régine s’approcha de l’orangerie pour cueillir les grosses fleurs qui étaient là, la châtelaine avait décidé que ce n’étaient pas ceux-là qu’il fallait, mais ceux du potager.

 

Régine tenta de lui expliquer qu’avec un temps pareil ce n’était pas raisonnable, mais la châtelaine ne voulut rien entendre et força la pauvre Régine, qui alors n’était plus toute jeune, à se rendre au bas parc, ce qu’elle fit, car elle aimait beaucoup Marie. Le problème c’est qu’il avait gelé ce jour-là et qu’arrivé, près du pont elle glissa, et tomba sur le sol froid. A cette période le parc n’était pas public et personne ne passait par là. Elle attendit de longues heures sur le sol froid, elle ne pouvait pas se relever. C’est alors qu’elle vit Monsieur Contremoulin arriver vers elle, mais il ne put la relever à cause de la douloureuse jambe qu’elle avait.

 

Il est remonté rapidement au château et est redescendu avec une brouette pour aider Régine à rentrer chez elle. Résultat, une jambe cassée et une démission, car, pour sa fille Paulette, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. A très juste titre, car, même la nuit, il pouvait être deux heures du matin, si Marie avait soif, Régine devait se lever et lui porter un verre d’eau. Il faut savoir qu’elle logeait à la métairie.

 

C’est à ce moment-là que Madame comprit qu’elle était seule, et elle s’enferma petit à petit dans l’isolement et vers une mort dans l’indifférence quasi totale des Issoussois et de son propre entourage.

 

Même, s’il faut le dire, son entourage était devenu fort restreint, Madame Chaperon est morte à 93 ans. Vous imaginez bien qu’à un âge pareil, les amis d’enfance se soient, hélas, quasiment tous éteints avant elle.

 

Madame Chaperon en vieillissant avait une forte tendance à la mythomanie et encore plus à la dissimulation. Elle aimait s’inventer une vie qu’elle n’a pas vraiment vécue comme le fait d’avoir un père artisan en brocards, que le château lui a été offert en cadeau de noce, que le mobilier du château n’était que des copies, j’en passe, car la liste serait trop longue. C’est Monsieur Legrand, qui nous rapporte ces faits, qui lui-même les tient de la châtelaine et au final se retrouvent écrits dans le livre « Issou, la mémoire d’un village ». Quel dommage de ne pas vérifier les sources avant de les publier, je ne dis pas ici que je ne fais pas d’erreur, mais j’essaye de faire très attention. Avec le respect que j’ai pour Monsieur Sagnol et Monsieur Legrand, je ne me permettrais pas, car ils ont fait d’excellentes analyses sur d’autres sujets, mais à cause de la mauvaise foi de la châtelaine, les sujets récents (1900-1976) ne sont pas tous tout à fait justes, voire carrément faux.

 

Voilà les grandes lignes sur le caractère de Marie, femme grande, mince, longue chevelure d’ébène, à l’avarice finalement salvatrice pour le train de vie mené, mais qui ne lui aura pas profité pour passer une vieillesse à l’abri du froid, de la faim et de la solitude. Comme quoi l’argent ne fait pas le bonheur, mais il est vrai qu’il y contribue, quand il est utilisé à bon escient, et pas comme pour le cas de Marie, placé à dormir sur un compte qui finalement n’a servi qu’à des ayants droit qui n’attendaient que ça, ou des amis qui n’en avaient pas un besoin urgent. Ces gens-là, aujourd’hui, sont, pour une majorité, décédés eux-mêmes.

 

Laissant des souvenirs de Marie à leurs enfants ou petits-enfants qui ne l’ont même pas connue, et ne savent pas la vie riche en rebondissements qu’elle a pu avoir. Ont-ils ne serait-ce qu’une photo, savent-il ne serait-ce que son prénom ? Ils ont eu de l’argent, un tableau, un meuble ou un bibelot venant d’héritage paternel ou maternel, mais savent-ils son histoire ? Quelqu’un aujourd’hui chez lui ou chez elle, a un tableau de maître sans même le savoir, un médaillon de bois doré représentant une vierge à l’enfant, savent-ils que c’est un tableau de Vigée Lebrun, portraitiste de Marie Antoinette ? L’histoire de cette toile sera écrite dans la suite de l’histoire du château (1976-2010), ça va sans doute faire grincer des dents. Quelque part, il y a une poupée de porcelaine et de tissu, ayant elle aussi appartenu à Marie Antoinette en personne et tant d’autres objets dont la liste serait trop longue si j’en faisais le détail ici.

 

Un patrimoine décimé, une architecture en ruine, une culture éteinte, une famille disparue, une histoire qui s’efface à mesure que nos anciens disparaissent, la mémoire collective devient floue lorsque nos anciens s’en vont, c’est comme une bibliothèque qui brûle.

 

Alors pour ne pas oublier, pour forcer nos mémoires à retenir ces souvenirs, comme un arbre dont les racines puisent les nutriments nécessaires à sa croissance, n’oublions pas d’où nous venons, nos origines, car les anciens d’hier ce sera nous demain. A nous de savoir transmettre les richesses qui ont fait de nous ce que nous sommes devenus et les offrir à nos générations futures pour créer leurs bases culturelles. J’espère en tous les cas que moi j’aurai réussi ce pari un peu fou, de vous faire revenir pour certains, connaître pour d’autre, l’histoire de mon village, vue par mes yeux, racontés par leurs voix retransmises ici à l’aide de ma mémoire pour « mes mémoires ».

 

Ainsi, j’aurai participé avec mes moyens pour ne pas oublier les noms, les visages et l’histoire de quelques vies au destin parfois hors du commun, croisé sur un lieu commun, le château d’Issou, qui a marqué et marquera ma vie jusqu'à la fin.

 

Nous pouvons maintenant (dans quelques jours) passer aux scans des documents originaux m’ayant permis d’étayer ce qui a été repris ici.

 

Mais avant de revenir sur les scans et après sur l’histoire du château de 1976 à 2010, il me faut vous raconter la tragique destinée des objets sauvés du château.

 

A suivre…

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 00:08

Pour la quasi-totalité du matériel agricole entreposé au château, la location n’était pas énorme, mais suffisante pour les châtelains. Ce qui rapportait bien plus, c’était bien sûr la location du terrain. Par la suite, le matériel a été vendu en 1977, mais pas en totalité.

 

Le parc :

 

Au niveau de la laiterie, il y a un hangar, et juste en face de celui-ci la faisanderie. Entre les deux, il y a un espace aujourd’hui encore recouvert de paille, mais lui-même recouvert de lierre, et c’est là que reste la semeuse. Depuis de longues années, elle prend l’eau et elle rouille. Adossé au mur extérieur de ladite faisanderie, il y a une forme assez étrange, un monticule vert feuillu, une grosse touffe de lierre grimpant sur quelque chose, je me suis souvent demandé ce que pouvait bien cacher cette verdure.

 

Un après-midi d’été, alors que je me promène par là, je prends mon courage à deux mains et me dirige vers cette masse, bien décidé à découvrir ce que c’était, toujours avec une attention accrue, car à de nombreuses reprises mes pieds avaient marché sur un serpent qui prenait le soleil. Forcément, n’aimant pas vraiment la compagnie de ces reptiles, je faisais de grands pas pour éviter de les écraser.

 

Arrivé sur la fameuse chose verte, je commence à arracher le lierre par grandes poignées et je me rends vite compte que ce n’était pas si dur que ça, en fait. Les années avaient dû former une sorte d’humus sur lequel le lierre poussa, les racines n’allant pas profondément, chaque arrachage retirait de grands lambeaux. D’un coup et très vite, j’ai compris qu’il s’agissait de tas de pierres d’une longueur assez importante et de forme rectangulaire.

 

C’est alors que je me retrouve face à une bonne dizaine de marches en pierre empilées les unes sur les autres, ces pierres ressemblent beaucoup aux marches qui permettent d’accéder au château. Est-ce un reliquat ou bien avaient-elles une utilité ? Je n’en ai jamais rien su.

 

Le long de la métairie, mais côté église, j’ai retrouvé des grilles de fer forgé qui servaient d’aération aux écuries, elles sont de forme rectangulaire, complètement ouvragée, vraiment très belle.

 

Ces grilles, je les ai trouvées de façon assez particulière. Je tenais une échelle sur laquelle était perché Mr Lecourt, qui enlevait des feuilles mortes dans les gouttières lorsqu’en me baissant pour la déplacer, je trébuche sur quelque chose enfouies sous la terre. Après avoir creusé du bout de mon pied, je vois que c’était une grille, elle avait dû tomber de son emplacement du mur, car elle était tout à fait sous le trou prévu à cet effet, 4 mètres plus hauts. En longeant le mur et me plaçant au-dessous du second emplacement, juste à mes pieds m’attendait également la deuxième grille.

 

Une année, alors que je discutais avec Maxima Baudran, qui s’occupait beaucoup de la paroisse d’Issou, elle me dit qu’elle avait beaucoup de mal à trouver du buis pour les rameaux. Je lui explique que je savais où je pouvais en trouver, et elle me répond qu’elle serait heureuse que je lui en fournisse.

 

Me voilà, armé d’une faucille, ainsi que d’un sécateur d’un côté, et d’un grand sac de l’autre, avec ma meilleure amie d’enfance, montant un dimanche matin au château pour cueillir du buis. En premier lieu, nous nous sommes arrêtés au potager, car les années de manque d’entretien avaient fait pousser les buis sur pied, donc mes premiers prélèvements ont été effectués là. Je me dis qu’il en fallait beaucoup entre la décoration de l’église et la distribution aux Issoussois, donc rendez-vous pris direction le château. Le premier problème que nous avons rencontré Mathilde et moi c’est de passer la grille du pont, je n’avais hélas pas les clés sur moi. Mathilde me regarde d’un air affolé quand je lui dis que ce n’était pas si compliqué que ça d’escalader la grille et de passer par-dessus. Pour votre info personnelle, le pont est un passage étroit reliant le moyen parc au bas parc, mais la rue en dessous est à environ 15 mètres. A coup sûr une chute est fatale.

 

Nous, nous en sommes très bien sortis, aucune perte dans les troupes. Bien que notre cueillette fût bien avancée, l’heure du repas approchait. Je me dis qu’il serait bon d’accélérer la cadence, je pris donc la faucille qui pendait sur mon côté gauche et commençait à couper le buis, attrapant de la main gauche une poignée de buis et coupant d’un coup sec les rameaux. Au bout de cinq minutes de taille de buis, je me dis qu’il n’en fallait guère plus, donc dans un dernier mouvement de main, je coupe le dernier morceau, et là, je ressens une douleur intense qui fit sursauter Mathilde. Je jette la faucille que j’avais en main et prends mon index gauche dans ma main droite que je serre très fort pour calmer ce que je ne pensais être qu’un choc.

 

Après quelques secondes, je remarque que du sang coulait entre mes doigts et je comprends de suite que je venais de m’entailler. Il ne fallait pas perdre une minute et rentrer de suite à la maison. Nous voilà à courir dans le parc. Je vous passe les détails désastreux quant à mon escalade de la grille du pont avec seulement une main. Arrivé chez moi, je n’avais toujours pas desserré pour voir dans quel état était mon doigt. Pris de courage, je m’assois sur le banc de la cuisine et je desserre pour regarder et je constate sur mon index gauche, au niveau de la première phalange, une plaie béante ensanglantée. Je me passe la main sous l’eau et d’un seul coup, j’ai la sensation d’une lame me passant sur le doigt. C’est là que je vois quelque chose de blanc, je comprends vite que c’était l’os de mon doigt. J’ai cru que j’allais tourner de l’œil.

 

Mes parents voulurent m’amener chez le médecin, chose que je refusai catégoriquement de peur d’être recousu. Depuis cette mésaventure, je garde aujourd’hui encore, une bien jolie cicatrice en forme de virgule.

 

Bien des années plus tard, je me promenais dans le moyen parc, je cherchais à retrouver le tracé d’anciennes allées, je traînais des pieds, les yeux rivés sur le sol.

 

Quelle ne fut pas ma surprise, de voir à demi enterré sous un bosquet de buis, un morceau de métal tout rouillé.

 

Forcément, ça aiguise mon attention, je me baisse et essaye de le ramasser. Il était enterré plus profond que ce que je pensais, mais après quelques minutes de grattage de terre, je découvre un casque militaire Allemand qui avait dû dormir là depuis 1945. Ce casque était complètement rongé par la rouille et le haut manquait, ce qui ne m’a pas empêché de le récupérer.

 

Nous avons déjà évoqué le potager, cet espace divisé en plusieurs parties. La première, la plus proche du pont, servait pour les cultures florales et le cresson, c’est là qu’il y a la serre chaude, juste derrière le logement du jardinier (aujourd’hui salle du club de l’amitié, réservée aux 3e âge et locations pour des fêtes). Juste en dessous, l’espace où il y avait une deuxième serre, qui a été démolie pour créer le parking proche de la rue du Soleil Levant vers 1986. En dessous de celui-là, le verger où autrefois poiriers, pommiers côtoyaient les cassis et autres pêchers, et à sa droite, le potager proprement dit. Le tout est séparé par de très belles et lourdes portes, que je suppose en fonte, d’une hauteur de 1.20m environ, le dessus cintré formant des piques.

 

Quand j’étais enfant, je venais très souvent dans ces parties du parc, que l’on disait à l’époque interdit tant la végétation avait repris le pas sur la domestication humaine. La densité était telle, qu’un tout petit chemin de terre permettait le passage. Malgré ma petite taille, je devais me courber pour pouvoir passer sans m’accrocher aux nombreuses branches de ronces et diverses orties.

 

Je me souviens des cabanes que nous faisions dans les arbres. A de nombreuses reprises, les murs de pierres se sont écroulés et la commune, pour ne pas se lancer dans de coûteux travaux, ne les remontait pas de suite, mais en attendant de voter un budget remplaçait momentanément les pierres par du grillage. Lorsque la partie était refaite, ils abandonnaient le grillage dans le parc même, ce qui nous donnait l’occasion de le récupérer pour jouer avec. Justement avec Mathilde et Olivier Robais, nous étions en train de jouer dans une de nos fameuses cabanes, et pour une raison dont je ne me souviens pas, Olivier avait pris Mathilde par les bras et moi par les jambes, pour rigoler nous voulions la porter comme ça. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que sur le sol il y avait des morceaux de tuiles mécaniques qui autrefois étaient posées sur les faites des murs. Olivier n’étant pas très épais, moi par contre bien costaud, il y eut un déséquilibre. Mathilde, au lieu d’être suspendue par nous deux, eut le dos qui traînait par terre et bien évidemment pile-poil sur une des tuiles cassées, dont la tranche saillante était aiguisée comme un couteau. Sur le coup, ni Olivier, ni moi ne comprenions pourquoi elle s’était mise à crier et pleurer. C’est seulement quand elle réussit à se relever que nous avons compris qu’elle s’était fait mal. La panique nous a pris surtout quand nous avons vu son tee-shirt changer du blanc au rouge sang. Elle s’était bien coupée, et garde, encore aujourd’hui, il me semble une cicatrice.

 

Avec Mathilde, il nous est arrivé de nombreuses chutes, fous rires, disputes même parfois, mais nous sommes toujours restés amis. Il me faut faire une petite parenthèse sur l’histoire de mes mémoires pour vous raconter justement une histoire sur nos gadins. Nous devions avoir 8 ou 9 ans, derrière chez nos parents il y avait un bois, que nous appelions « le petit bois » (beaucoup d’imagination, je sais…). Autrefois, il appartenait aux châtelains, mais dans un temps bien reculé, il faisait partie des terres accordées aux Célestins qui venaient chercher le raisin par là. Bref, dans ce bois où nous passions vraiment beaucoup de temps elle et moi, il y avait comme une minuscule clairière avec deux cerisiers, et juste derrière, les fondations d’une maison de bois, qui avait appartenu à une de nos voisines, Marie. Accoudé à cette ruine de maison, un arbre très étrange, un pommier qui donnait du raisin. Ne me demandez pas comment c’est possible, le fait est que ceci, est totalement vrai, vu que Mathilde était plus svelte que moi et surtout plus souple, les années de gym aidant, je la regarde et lui demande d’aller en haut de l’arbre pour me rapporter un peu de raisin. Bien évidemment pas celui qui est en bas, non bien sûr, il me fallait celui qui était le plus haut (quel sale gosse j’étais déjà). Mathilde monte donc la première, je la suis, mais je m’arrête très vite pour la regarder monter. Elle attrape la grappe et d’un coup elle chute. Je revois la scène comme si c’était hier, son corps passant de branche en branche. A un moment c’est comme si le temps se fige, elle me croise dans sa chute et nos regards se croisent également, je sens sa détresse, mais je suis incapable de faire quoi que ce soit, si ce n’est attendre qu’elle touche le sol. Et ce qui devait arriver arriva. Un grand boum, et la voilà allongée par terre, dos contre sol et moi qui ne la quitte pas du regard, essayant comme je pouvais de la rejoindre. Je lui demande à plusieurs reprises si elle va bien. Il me semble même avoir changé de couleur. Au moment où mes pieds touchent le sol, j’entends un bruit qui vient de son corps. En fait, elle était en train de rire comme une folle, un méga fou-rire l’a prise au moment où nous nous sommes croisés et qu’elle a vu ma tête. Elle s’est mise à rire touchant terre, plus de peur que de mal.

 

Avec sa maman, Muriel Rigaud, il m’est arrivé une histoire assez comique également, et ceci dans le parc. Tout à côté de l’entrée du potager floral, se trouve un Sophora.

 

Ces majestueux arbres importés d’Afrique étaient plantés en périphérie de l’allée menant du grand bassin au pont. Celui dont je vous parle est tout à fait reconnaissable, car il a été frappé par la foudre il y a de nombreuses années, et garde aujourd’hui encore le grand trou brûlé sur son écorce. Au-dessus de ce trou, deux branches ont poussé formant entre elles comme une selle de cheval, ce qui nous amusait beaucoup quand nous étions enfants.

 

Un jour de grand courage, et que Mathilde et moi nous amusions dans le parc, je me dis qu’il serait rigolo de monter dessus et jouer au cow-boy (on ne se moque pas !!!). Ah ça pour monter, je suis monté, le problème c’est que mon postérieur lui, n’a plus du tout voulu redescendre, j’étais complètement coincé, impossible de bouger, tant bien par la peur de tomber, que mon embonpoint naturel.

 

Après avoir entendu les 10 000 moqueries de Mathilde, son désir de rentrer tranquillement chez elle, ses encouragements, rien à faire, je restais coincé puis…

 

A suivre…

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:26

Plus le temps passait, plus je devenais extatique et ma course frénétique à la recherche de morceaux de plaques de verre devenait une priorité importante.

 

Je n'entendais plus rien autour de moi, même pas Julien qui me disait qu’il serait bien que je ne reste pas trop longtemps à la même place, car il trouvait que le plancher voûtait dangereusement sous mes pieds.

 

Ce n’est qu’au bout d’un moment que je revins à la réalité. Lorsque je me redressai et fis demi-tour, mes pas traversaient d’un coup le sol. Je me retrouvai coincé par les hanches, la moitié du corps dans les combles et l’autre dans le vide. Je mis un moment avant de réaliser pleinement ce qui était en train de se passer. Quelques fragments de secondes dans un silence qui me parut une éternité, sans un bruit, sans un mouvement, le temps était comme suspendu, tout comme moi d’ailleurs. Julien avait bondit en arrière et ne voyait que mes jambes sans mouvements dans le vide. Lui-même mit un bon moment avant de me demander si j’allais bien, d’un coup le silence laissa place à un fou-rire, qui laissa place à une grande interrogation. Comment j’allais bien pouvoir faire pour m’extirper de cette situation qui aurait pu paraître comique si seulement un vide de plusieurs mètres ne me séparait pas du plancher suivant ? Car comble de bonheur, juste sous moi, il y avait une cage d’escalier, ce qui augmentait nettement la distance. Me voilà piégé sur deux étages.

 

Après avoir repris mes esprits et remarqué une cuisante douleur sur le côté droit, je me rendis vite compte que j’étais totalement coincé, et les moqueries de Julien ne me rendaient pas forcément de meilleure humeur, mais dédramatisait la situation.

 

J’essayai de me décoincer comme je le pouvais mais la douleur sur mon côté droit était toujours plus brûlante à mesure que j’essayais de remonter. En regardant en dessous de moi, je constatai la cage d’escalier et je vis ce qui pouvait bien me permettre de descendre : la rampe. Avec une extrême précaution, je me glissai pour que la pointe de mes pieds touche la rambarde et là manque de chance j’étais trop petit, alors à bout de bras, je forçai, et finalement mes pieds se posèrent dessus.

 

Me voilà debout en équilibre sur une rambarde pas plus large que 3 centimètres car les vandales avaient emporté le bois. J’étais donc debout sur le fer qui servait à fixer la main courante.

 

Finalement, plus de peur que de mal, j’avais réussi à sortir du piège, avec pour seule blessure une longue entaille sur le flanc, due au lattis de noyer servant à fixer le plâtre entre les solives.

 

Une fois arrivé en bas, je compris mon erreur, pris par l’excitation de mes trouvailles, je n’avais pas fait attention que je ne marchais plus sur les solives mais entre les poutres, donc dans le vide.

 

Content de ne pas avoir lâché mes 3 morceaux de verre dans ma chute, je les montrais à Julien qui se moqua de moi de plus belle, en me disant : « Tout ce risque pour deux bouts de verre pas plus gros que ça ! ». Mais moi, je savais bien que ces petits morceaux valaient bien plus que ça.

 

Il ne me restait plus qu’à savoir ce qu’ils allaient me réserver comme surprise, mais pour ça, il fallait que j’attende de rentrer chez mes parents où mon labo photo m’attendait. Pour l’heure, il me fallait remonter là-haut pour voir le reste des petites choses qui pouvaient bien se cacher.

 

En fouinant, je vis une pile de cartons, tout plat, je m’approchai doucement cette fois-ci et découvris qu’il s’agissait de cartons de déménagement de l’entreprise Durant. Bon, je ne savais même pas qu’ils étaient venus par ici mais ce n’est pas grave. Je continuai et les déplaçai lorsque je vis une petite boîte noire, visiblement en carton. Les angles étaient aplatis mais la boîte était, elle, entière. Je la pris et remarquai que c’était une boîte de plaques de verre, bien sûr vide, et ce n’était que la partie du bas. Mais quelle surprise lorsque je vis une étiquette collée dessus avec l’écriture de Mr Chaperon disant : « Marie à la gare d’Epône ». Quelle joie, j’étais vraiment heureux de voir que malgré le temps passé ici l’étiquette était intacte. Juste à côté, je trouvai d’autres couvercles de boîtes et des boîtes de dragées de baptême dont les personnages en noir et blanc évoquent un temps passé. (Hélas, plus tard, après les avoir montrés à Nadège, elle réussit comme à son habitude, charmeuse et jouant de ses cils, à me demander de les prendre en photo, ce que j’acceptai forcement moi-même ravi de lui faire plaisir) …Tout content de mes trouvailles et la journée se terminant, je rentrai chez moi les poches pleines, au grand désespoir de ma mère.

 

Le lendemain matin, dans mon labo photo, munis de mes bouts de verres, je les place dans l’agrandisseur à crémaillère, j’allume et là le choc ! Je voyais devant moi une partie du garage à carrosses et la fameuse fenêtre dont les montants forment un X. L’autre bout de verre représentait Paris pour l’exposition de 1900, très joli détail. Enfin le dernier, représentait des escaliers en pierre. J’étais très content, mais un peu déçu de ne jamais avoir trouvé la suite qui représentait le garage.

 

A la suite de ma petite chute, je retourne une fois de plus vers les combles. Je remarque une grande fissure sur le mur de gauche, juste avant de monter les escaliers. L’eau de pluie, avait sans doute longtemps coulé par là, et avec le temps le plâtre avait fissuré. Mais je constate que la fissure est enflée, comme un petit ventre, je m’approche et touche le plâtre. D’un coup la partie du mur s’écroule, laissant devant moi un monticule de gravats et de poussière. Je prends ma lampe et regarde à travers ce trou. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’en réalité ce mur était une sous-pente habillée de plâtre. Bien entendu le sommet donnait dans les combles directement, en éclairant, je remarque que ma lampe faisait des reflets sur quelque chose. A ce moment là, j’étais accompagné d’un ami qui compte beaucoup pour moi, Jean Baptiste Martin, jeune artiste peintre, restaurateur de papiers anciens, qui m’accompagna dans de nombreuses aventures que nous verrons très bientôt ici-même.

 

Je me penche donc en avant, JB tient ma lampe, j’enfonce le bras dans ce trou béant, et je commence à chercher du bout des doigts sans même voir ce que je pouvais toucher. Quelques instants plus tard, je ressors, une, puis deux, puis trois bouteilles de verre ; la première scellée avec du plâtre, contenant un liquide transparent, la seconde totalement fumée contenant une espèce de poudre noir charbon avec des reflets or, enfin la troisième violette, avec toujours une poudre irisée.

 

J’inspecte les bouteilles, assez grandes, je dirais d’un litre, toutes avec les mêmes bouchons de verre aplatis sur le dessus, permettant une bonne prise en main.

 

Sur la plus petite des trois, rien d’inscrit, la seconde une gravure sur le verre laissait lire « noir or », je compris donc que c’était sans doute des pigments de l’atelier de peinture.

 

Mais que pouvait donc contenir la dernière, que je me décidais à donner à JB. Nous avions beau la tourner dans tous les sens, rien n’indiquait son contenu, nous décidions donc de l’ouvrir, nous passions chacun son tour le goulot sous notre nez, aucune odeur.

 

JB emporta la bouteille chez lui, c’est quelques jours après, que je sus ce qu’était ce liquide. Il confia la bouteille à son père, qui avait des notions de chimie. Le résultat tomba comme un couperet : c’était en fait de l’acide. Heureusement que nous n’en avions pas mis sur nous ou pire …

 

Quand je pense que nous avions respiré ce contenu, les choses auraient pu bien mal tourner. Il est vrai que Mr Chaperon avait un labo de chimie, nous n’en avions pas du tout fait le rapprochement à ce moment-là. Il nous était arrivé de nombreuses fois de retrouver ici et là des fragments des pots du labo. De petits pots de verre avec un couvercle à vis en métal, le corps du pot orné d’une très belle étiquette crème avec des contours à l’encre de chine noir, englobant de belles arabesques dorées, et en plein centre le contenu du pot toujours écrit avec la même magnifique écriture à l’encre de chine noir, certainement écrit à la plume aux vues des déliés.

 

Je pense qu’il devait y en avoir de toutes les tailles car les couvercles qui ont été retrouvés n’avaient eux pas tous la même taille. Cela dit, la majorité devait faire plus ou moins 5 cm de circonférence, je ne saurais dire en quelle matière étaient ces couvercles, zinc, simple fer, je ne sais pas trop.

 

Je me souviens de certaines dénominations mais celle qui me fit le plus sourire est cochenilles. Qu’est ce qu’on peut bien faire de ça ? Bien sûr, c’est bien connu, on peut en faire un pigment rouge (notamment utilisé pour le chewing-gum type malabar fraise) mais c’est aussi un grand ennemi des jardiniers. Je sais aussi que Mr faisait aussi sa propre cire d’abeille, pour en avoir retrouvé également, elle sentait encore malgré toutes les années passées.

 

J’ai aussi trouvé un objet dont, je ne connais pas le nom, peut-être que parmi vous, quelqu’un sait comment ça s’appelle, le fait est que moi, non. Il s’agit de ce que l’on met à l’extrémité des tringles à rideaux, avec souvent une forme particulière. J’en ai trouvé une, mais d’une taille assez impressionnante en bois violet, sans doute du palissandre, composée de plusieurs rangées de cylindres empilés de tailles différentes. Il y a de fortes probabilités qu’elle soit de la chambre de Mr Chaperon, au vu de son coté austère.

 

Je pense avoir fait le tour de mes trouvailles dans les combles.

 

Le colombier rond :

 

Parmi les différents lieux que j’ai fouillés celui qui me laissa un goût de révolte a été le colombier rond. Pourquoi un goût de révolte me direz-vous ? Simplement parce qu’il fut le théâtre de nombreux actes de vandalisme.

 

Un après-midi d’été, alors que de la fumée s’échappait de la fenêtre du colombier, les pompiers ont été surpris de voir en entrant que le plancher du 3ème étage avait brûlé, Des personnes mal intentionnées, sans doute en jouant, avaient mis le feu, et voyant les proportions dramatiques que ça prenait, avaient pris la fuite, laissant derrière elles les flammes lécher les poutres.

 

Cet incendie, heureusement rapidement maîtrisé, a quand même laissé une trace indélébile car sur environ 1,50 m le plancher s’était effondré.

 

Lors du décès de Mme Chaperon, nous l’avons vu, son testament laissait un héritier pour le mobilier du château. Après la vente frauduleuse, le château est resté un long moment sans propriétaire et c’est à ce moment, je suppose, que le colombier rond servit de lieu de transit.

 

Je m’explique : dans un premier temps, les visiteurs désirant emporter avec eux un souvenir du château, se permettaient d’emporter un objet, un morceau de cheminée ou tout autre chose qui pouvait leur faire plaisir. Pour ne pas se faire prendre, ils laissaient leur larcin à l’abri des regards dans le colombier rond, en stockage. Le soir tombé, sans qu’aucun œil ne puisse juger de leur acte, ils récupéraient simplement ce qui était là.

 

Donc longtemps le site fut utilisé comme hangar, jusqu’au jour où l’association « Les amis du château » prit place en ce lieu.

 

La première fois que je suis entré dans le colombier, j’ai eu deux surprises de taille. La première, au rez-de-chaussée, je l’ai déjà évoquée dans l’histoire du château de 1356 à 1976. Le colombier rond a servi de château d’eau jusqu’en 1984 environ, au rez-de-chaussée, sur le mur du fond, une toise graduée reportait la mesure d’eau restant dans la cuve, à l’aide d’une chaîne sur laquelle une magnifique coupelle ciselée nous indiquait les litres d’eau.

 

Je ne savais pas à cette époque à quoi pouvait servir cette chaîne, je me mets en dessous et pour une raison que j’ignore encore aujourd’hui, je tire. J’entends alors comme une chasse d’eau, et d’un coup une douche froide, car des litres d’eau me sont tombés dessus. Je suis resté un bon moment comme un idiot, la main serrant les maillons métalliques dont la coupelle se balançait joyeusement de gauche à droite.

 

Après cet épisode, je me dis qu’il serait bon de ne plus jamais toucher à ce système.

 

Le jour suivant évitant de retourner sur les lieux du crime, je monte les escaliers sur le côté droit et je vois une porte, en continuant de monter une autre porte, mais celle-ci ouverte. Je rentre et vois le grand trou qu’a provoqué l’incendie, ce qui ne me rassurait pas le moins du monde, car à ce moment-là je ne savais pas du tout que c’était les flammes qui avaient ravagé le bois. J’imaginais que c’était simplement dû aux intempéries et que le bois avait pourri. Chacun de mes mouvements dans cette pièce était au ralenti, on aurait dit un homme sur la lune tellement je craignais le sol.

 

Ici, j’ai trouvé de nombreuses choses : des morceaux de cheminée en marbre rouge, un pied complet, le devant du manteau, un demi-pied de la même cheminée, qui dans mon inconscient était celle de la salle du billard. J’ai aussi trouvé d’autres morceaux de cheminée en pierre, d’un style plus campagnard, avec les pieds bien galbés et tout simples.

 

En y regardant bien, au fond, près du trou, je vois une masse rectangulaire et assez imposante, de couleur claire. Je m’approche, je tire vers moi et constate que le poids de l’objet a sans nul doute été la raison pour laquelle il était encore là. Il s’agissait d’un socle de statue en marbre, d’une taille raisonnable, mais assez lourd quand même, avec juste deux petits tétons en cuivre ou en laiton où devaient être posés les pieds de l’objet qui l’ornait. J’étais fier de moi ce jour-là, mais mes découvertes ne se sont pas arrêtées là.

 

En fouinant un peu, là aussi dans une belle poussière, je tombe sur des châssis de bois vide. En premier lieu, tout laissait penser qu’il s’agissait de cadres pour des tableaux. Mais en regardant mieux, on pouvait voir des résidus de cire sur les montants : c’était en réalité les châssis des ruches à miel. Et vous le croirez ou non, mais en posant le nez dessus, l’odeur était toujours présente, ainsi que mon émotion quand je me disais que c’était malgré les années passées.

 

C’était un témoignage direct que l’activité agricole au château fût intense, car les ruches n’étaient qu’une toute petite partie de ce que le domaine produisait, ou du moins était capable de produire. Aujourd’hui, nous qualifierons ça de bobo faire son propre miel, mais dans des temps pas si reculés, à la campagne, c’était un gain d’argent non négligeable, car le miel était agréable en bouche soit, mais la cire, bien utile dans un domaine d’une telle importance, car des meubles à cirer, il y en avait une quantité plus qu’importante.

 

Il y avait aussi les vaches qui produisaient le lait, bon pour le beurre, les yaourts (bien que la mode de la consommation n’est pas la même aujourd’hui), la crème… Le parc a longtemps servi d’endroit pour semer le grain, Mme louait aux fermiers environnants tant bien qu’en terre, qu’en matériel, car sur place était mis à disposition faneuse et semeuse, ainsi que le nécessaire pour séparer la bale de la paille du blé.

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 20:49

Quelle ne fut pas ma surprise de voir juste derrière moi Patrick Perrault, les bras croisés, me regardant d’un air outré, se demandant ce que je pouvais bien bricoler avec cette barre à mine.

 

Je vous passe les sermons auxquels j’ai eu droit, et d’un coup il me semblait que l’action que j’étais en train de commettre était en réalité bien stupide. Alors, dans un mélange de honte et de culpabilité, je fondis en larmes, sans jamais dénoncer la compagnie de Nadège dans ce triste coup fourré, j’ai tout assumé seul.

 

Voyant l’état dans lequel je m’étais mis, Patrick se ressaisit et baissa d’un ton. Je dois avouer que parmi les membres de cette association, Patrick est l’un des seuls avec qui je me suis toujours très bien entendu et que ce jour-ci a été le seul où des mots durs ont été prononcés.

 

Le fait est que personne ne m’a tenu rigueur de cette petite incartade et Nadège elle-même m’a remercié de ne pas l’avoir mise en cause dans ceci.

 

Donc, pour répondre à certaines questions, l’endroit où j’ai creusé ne constituait nullement l’entrée de la fameuse cave…

 

Désirant couvrir une zone plus importante au niveau de mes recherches, je me dis qu’il serait bon d’accéder aux étages supérieurs. D’un pas hésitant, je me dirige donc vers l’escalier du dernier étage. Après avoir passé le labo photo, l’atelier peinture, je vois au fond du couloir, une petite pièce, le labo de chimie. Poussant la petite porte de bois qui s’ouvre dans un grincement semblable à une plainte ou des pleurs d’enfants, je reste sur le seuil de l’entrée stupéfait.

 

L’état du labo faisait peine à voir, le plafond n’existait plus, les solives apparentes comme le squelette d’un navire jamais fini me faisaient face. Dans l’angle droit, le plancher ne tenait que par miracle, car les années d’intempéries avaient eu raison du bois. Tout dans cette pièce laissait penser qu’une bombe avait explosé et que son souffle avait pulvérisé l’ensemble.

 

Une estrade était toujours en place. Celle qui servit pour observer les étoiles, n’était aujourd’hui que le témoin que de sa propre décrépitude. Je ne me risque pas d’aller plus loin dans cet endroit, je me dis que le moindre objet trouvé ici ne vaut finalement pas la peine de prendre de tels risques. Je poursuis donc mon chemin laissant derrière moi le labo et juste en face, un peu en décalé, je prends un tout petit escalier de quatre marches menant à un dénivelé, qui lui-même débouche sur une enfilade de quelques pièces, là où autrefois le linge était traité. Juste après avoir grimpé ces fameuses marches, je me retrouve devant une toute petite porte sur ma droite, la destination que je recherchais justement : les combles…

 

Les combles (de bonheur…, pas sûr) :

 

Voilà où finissent certains objets qui n’ont pas été vendus ou bien qui avaient été stockés après le nettoyage. Je remarque en premier que cet endroit constitue également les charpentes de la tourelle est. Les poutres de bois apparentes sont vraiment majestueuses, quel travail de précision, la ferme ne doit pas dater d’hier ! Tout est chevillé, mortaise à l’ancienne, en regardant en l’air, je vois le lattis servant à maintenir les ardoises en place. Hélas, depuis 1987, les ardoises ont laissé place à un shingle (fausse ardoise en goudron), mais ceci permit de sauver l’ensemble de la toiture, la mettant hors d’eau. Regardant le sol, je remarque qu’il est fait en simple plâtre. Par endroits le plâtre a même disparu, laissant voir la pièce du dessous, avec simplement là aussi, un lattis généralement fait en bois de noyer, me faisant penser à des arêtes de poissons échoués sur une plage de sable blanc.

 

Forcément, voyant ce spectacle, ça me fait hésiter un instant. Que faire ? Avancer coûte que coûte, quitte à traverser le plancher, ou bien laisser tomber. Choix cornélien !

 

Prenant mon courage à deux mains, j’avance à tâtons. Je me dirige vers la gauche, passant sur la sablière de la charpente, escaladant les bastaings, me contorsionnant, pour arriver devant une espèce de petite porte, encore plus petite que celle qui m’avait amené ici. J’avais l’impression d’être Alice au pays des merveilles, c’est Lewis Carol qui aurait été content, car je faisais là une drôle d’Alice. (rires)

 

J’ouvre la porte et je suis saisi par un énorme courant d’air froid, et un paysage qui paraissait s’étendre à l’infini. Sans le savoir, je venais de franchir la porte qui donnait sur le toit à l’extérieur du château et la vue était tout simplement à couper le souffle. De là, je pouvais voir au-delà de la Seine, toute la vallée de la Mauldre à mes pieds. Les arbres du parc donnaient l’impression d’un champ de brocolis vu d’ici, aujourd’hui encore j’en suis étonné.

 

Je me dis avec le recul que j’ai eu beaucoup de chance de ne pas avoir perdu la vie avec cette histoire, car j’aurais pu à n’importe quel moment passer à travers et faire une chute de plusieurs mètres. Le fait est que je suis toujours là et que tout va pour le mieux.

 

Après avoir contemplé, des heures durant, le paysage et vu que la nuit tombe, je me décide à faire demi-tour et là, ô rage ! Ô désespoir !, pas de lampe sur moi, et le soleil tombant ne donne pas assez de lumière pour emprunter le même chemin en toute sûreté.

 

Mais il me fallait rentrer chez moi quand même. Déjà que le fait de me rendre quotidiennement dans ce château, et pour dire quasiment toujours tout seul, ne rassurait pas ma mère, si en plus si je ne rentrais pas de la nuit, je vous laisse imaginer le stress.

 

Me voilà face à une grande pièce noire, tel un trou ne demandant qu’à m’aspirer, car le moindre faux pas m’envoie, à coup sûr, valser à travers au moins un étage. Je reste donc debout dos à la porte, essayant de me souvenir quel a été le passage le plus sûr qui m’a amené sans encombre jusqu’ici. Le problème c’est surtout que j’ai été obligé de grimper sur les poutres de la charpente. Nous étions en 1996, et bien sûr, même si ce n’est pas si loin que ça, les portables n’étaient pas comme aujourd’hui, un outil que même un enfant de 5 ans trouve indispensable, mais j’avoue qu’il m’aurait été bien utile.

 

Rassemblant le courage qui me manquait, je fais un pas en avant et me dis que, finalement, l’endroit n’est pas si sombre qu’il en avait l’air quelques instants plus tôt. En réalité, mes yeux s’étaient habitués à l’obscurité et au bout des 5 minutes de réflexions qui m’avaient fait hésiter, je voyais clair. Je pus sortir sans encombre, me promettant que si je devais retourner dans les combles ce serait en pleine journée.

 

Ce que je ne savais pas, c’est que j’allais en effet y retourner, et plus vite que prévu. Malgré le fait qu’à ce moment-là, il fera grand jour, cela n’empêchera pas la mésaventure qui m’est arrivée.

 

Je crois que ce jour restera gravé à jamais dans ma tête. Nous devions être en mai ou en juin. Bien des années après ma découverte du paysage Issoussois, avec mon grand ami de collège Julien Riva, habitants de Porcheville, nous passions beaucoup de nos mercredis après-midi au château ou bien dans le parc. Ce jour là, donc, j’avais envie de retourner dans les combles avec lui, quand il vit l’endroit, qui de plus avait encore plus souffert du temps, il eut la bonne idée de ne pas vouloir me suivre. Qu’à cela ne tienne, j’irai seul, ce n’est pas grave. Je me dirige vers la droite, pour changer, car pour se rendre vers les toitures c’est vers la gauche. Arrivé sous la pente de la tourelle, je vois un petit objet brillant, je m’accroupis, tends la main, et ramasse le petit morceau de verre qui était sur le sol, tout recouvert d’une sorte de goudron. Je l’approche de mon nez et je me rends compte qu’en fait ce n’est pas du goudron, mais du grésil, désinfectant longtemps utilisé dans les fermes ou les écuries. Je gratte un peu et je regarde à travers. Je fus fort surpris de me retrouver face à une fenêtre, qui ne m’était pas inconnue. Mon sang ne fit qu’un tour et je me mis à chercher frénétiquement tout autour de moi. Le problème c’est que j’étais entouré de morceaux de verre qui provenaient de vitres, de fenêtre... pas forcément de négatif sur plaque de verre, et tout était recouvert de poussière donnant au moindre bout un aspect opaque ce qui ne m’aidait pas dans mes recherches. J’avais le bout des doigts qui me faisait mal tellement j’étais excité par ma trouvaille, et chaque fois que je frottais le sol, recouvert de poussière mêlée de tout un tas de petites choses pointues ou coupantes, ça ne manquait pas de m’écorcher un peu plus le bout des doigts.

 

Resté derrière la porte, Julien me regardait en rigolant. Je pouvais sans doute être comparé à une truie qui cherche des truffes (je suis sur que cette métaphore va beaucoup faire rire certains lecteurs (rires)), mais ça nous en reparlerons plus tard.

 

A suivre…

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 16:06

 

Le château :

 

Avec tous ses recoins, ses placards, le château, malgré le fait qu’il ait été vidé 3 fois, a quand même gardé des petits secrets. Lorsque le dernier ménage a été organisé, une bonne partie des objets restant a été rangée dans le grenier. Mon objectif était clairement d’en récupérer un maximum avant qu’il ne soit trop tard, car chaque jour des vandales mettaient à sac le peu de témoignages qu’il restait.

Sans compter sur les dégâts du temps, si je ne me trompe pas, la première chose que je trouve dans le château, c’est un journal de 1901, le Figaro. Il était coincé sous deux étagères. Dans la salle du coffre, en regardant en dessous avec ma lampe, je vois un morceau de carton noir. J’attrape un bout de bois et le pousse, je trouve un cahier entièrement écrit à la main, un livre de cuisine, et collé dessous, un billet de 10 francs. Dans la salle d’à coté, la bibliothèque, je découvre la dernière poignée de fenêtre en bronze. Au château, elles l’étaient toutes et elles ont toutes été enlevées sauf celle-ci, je ne saurais m’expliquer pour quoi.

Dans divers endroits j’ai aussi trouvé :

- Un nombre assez important de plaques de propreté. Ce sont des plaques rectangulaire,  pour la plupart en cristal, épaisses et biseautées qui étaient vissées au-dessus et en dessous de la serrure. Ceci évitait de salir le bois de la porte avec ses mains ou un trousseau de clés, et pardessus les vis qui maintenaient la plaque, il y avait un cache-vis avec la forme d’une rose.

- Quelques caches de bouches à chaleur, qui étaient souvent placées sur le coté des cheminées permettant ainsi une diffusion de la chaleur, avec un couvercle que l’on pouvait fermer à sa guise, le tout en laiton.

- Quelques chenets en fonte avec une petite boule de bronze.

- Une ou deux plaques de cabinet de toilette ou de sellette en verre.

- Plus amusant, deux dévidoirs de papier toilette en bois foncé.

- Un baromètre de 1905 hélas cassé.

- Un inventaire d’un placard du 2ème étage, écrit par Mr Chaperon au vu de l’élégante écriture. Malheureusement, il finit en morceaux car en voulant décoller cette feuille qui était sur la porte dudit placard, elle se déchira. Mais j’ai conservé les morceaux.

- De nombreux pots à cidre en grés gris avec une anse.

- Une incroyable collection d’ampoules anciennes, qui étaient entreposées dans la cave qui se situe en contrebas du colombier rond donnant sur les douves et ayant un accès direct au château. Ce lieu devait sans doute être un relais avec le colombier carré, car sous les Chaperon, il servait à stocker le charbon, et pour éviter les allers-retours, il était mis en relais dans cette fameuse cave qui devait également servir de débarras. Il est possible que cet endroit soit les anciens « Libertas » que nous évoquions dans la 1ère partie de l’histoire du château (voir XIXe). Cet endroit, malheureusement, a aussi subi les affres du temps. Un matin, en me rendant sur place, je me rends compte que la voûte s’est totalement effondrée, laissant un énorme trou entre le colombier rond et l’entrée sur le côté du château, cachant sous un tas de gravats ce que pouvait bien contenir cette pièce.

 

Un dernier nettoyage a eu lieu au château vers 1996. Organisé cette fois-ci par « Les amis du château », visant à dégager tout les gravats qui avaient pu tomber des plafonds ou se détacher des murs, je pouvais enfin arpenter en toute légalité les nombreuses pièces du château. S’il est besoin de le souligner, de 1984 à 1995, le château, bien que propriété communale, n’en était pas moins un bâtiment en péril à cause du manque d’entretien. A ce juste titre, il était donc interdit d’en franchir les portes, ce qui, si vous avez bien suivi, ne m’a jamais empêché de m’y rendre régulièrement en cachette.

Dès 1996, les choses ont donc changé. En adhérant à cette association, je pris un ticket pour une entrée illimitée au bâtiment cher à mon cœur. Les choses se sont vite mises en place, quelques visites le week-end organisées par Monsieur Perrault, pour nous sensibiliser aux lieux. Je me souviens, comme si c’était hier, de ces week-ends que j’attendais avec une impatience intense. Je me retrouvais avec des Issoussois de longue date pour la plupart : Mr Perrault, qui devint le 1er président des « amis du château », Mr Desportes, qui resta de longues années au sein de l’association, Melle Masurier, secrétaire aujourd’hui encore de l’association, Mr Sagnol, nous fit aussi l’extrême honneur de sa présence plusieurs fois et devint, à très juste titre, adhérant d’honneur jusqu’à sa mort.

C’est à cette période que je fis mes 1ères photos du château, hélas, je n’y avais pas pensé avant. Si j’avais su toutes les disparitions dont le château a été victime, j’aurais fais des photos bien avant. Nous aurions ainsi plus de vues sur les boiseries, les vasques, les miroirs, etc… qui ont disparus avant la création de l’association.

Mais bon, on ne peut pas penser à tout et prévoir à l’avance.

Le nettoyage s’est effectivement bien passé. En vidant les gravats des divers chambres, locaux, etc… un inventaire des différents papiers peints, tissus moquettes et tout autre matériau de décoration murale a été fait par Melle Masurier. Une très bonne idée que Monsieur Petit avait déjà commencée bien des années avant mais pas complétée. Je me revois avec elle à repérer les petits bouts de papier de-ci de là. Malheureusement, les quantités étant importantes, elle ne put prendre la totalité des échantillons d’un coup. Elle décida donc de laisser la plus grosse partie de côté pensant les emporter ultérieurement. Mais le passage de Mr Rémi Robert, ne lui a pas laissé la possibilité de le faire, car dans un geste plutôt autoritaire, il jeta la totalité des échantillons, sans même nous consulter. Je ne lui ai jamais dit qui avait commis cet acte qui la mit dans une colère justifiée. Si j’avais su l’évolution de leur affinité, je ne me serais pas gêné !

Le château enfin vidé de ce qui pourrissait sur place, une inspection minutieuse des placards a été faite dans la foulée. Bon, je ne vous cache pas que des dizaines de personnes avaient du passer avant nous mais ça ne nous empêcha pas de le faire quand même, et ce qui devait arriver arriva. Nadège trouva dans ce qu’on appellerait aujourd’hui le dressing de Mme Chaperon, un petit tube scellé d’une étiquette ancienne « nouvelle encre à marquer ». Je n’en sais pas plus car elle rangea tellement vite cette découverte que je n’en ai jamais plus entendu parler. Il fallait que je reprenne en mains mes trouvailles, je ne pouvais pas me laisser dépasser comme ça par Nadège (rires). Il faut avouer que notre relation a beaucoup été basée sur la dualité : celui qui trouverait une carte postale d’Issou, celui qui trouverait un document ancien, une photo, un témoignage, n’importe quoi. Elle devenait rivalité, au départ plutôt bon enfant, jusqu'à ce que je m’aperçoive que mes découvertes étaient partagées, les siennes complètement occultées. Cet échange était en réalité à sens unique, tout ce que je pouvais découvrir devait être partagé avec elle mais dans l’autre sens, non. Je partageais donc, jusqu’au jour où je lui demande réciprocité et que je la vois changer de comportement. Il y avait toujours une bonne raison à ce que l’échange ne se fasse pas. Donc, excédé par ses stratagèmes, je décidai de changer de comportement avec elle, ce qui, bien évidemment, rompra notre amitié que je pensais sincère. Peut-être qu’elle se dit la même chose de son côté, mais en tout cas je ne possède rien qui lui ait appartenu, sauf une photo qu’elle consentit à me reproduire. Je l’ai obtenue avec un mal de chien : les jardins à la « française » du temps de Marie, pris de la fenêtre du couloir menant de la chambre de Mme à son cabinet octogonal, où il y à la salle de bain cachée. Tout ça pour la perdre lors de mon déménagement. Voilà la parenthèse Nadège close. Je ne pouvais pas parler de mon histoire personnelle, concernant le château, sans parler d’elle, car j’ai passé les meilleures années château en sa compagnie. Etait-ce sincère venant d’elle ? Je ne le saurais sans doute jamais, mais moi, en tout cas, ça l’était. J’ai beaucoup souffert de son comportement envers moi. Aujourd’hui, avec tout ce que je sais et tout ce que j’ai vu et vécu, je ne regrette rien, et pour cause. J’appris par la suite, qu’elle avait personnellement fait barrière, à plusieurs reprises, à des rendez-vous qui auraient pu me permettre de faire connaître l’histoire du château à plusieurs journalistes curieux d’en savoir plus, pour son propre compte, et malheureusement pour leur raconter plusieurs faits qui ne sont absolument pas réels.

Je n’ai jamais eu de remords à me démarquer moi-même de mon côté et pour mon propre compte également. J’étais jeune à cette époque, naïf, je pensais qu’il était possible de travailler ensemble, comme une équipe pour partager notre « savoir » à la plus grande quantité possible de personnes. Quand je compris qu’en réalité sous couvert de faire partie d’une association, simplement pour accumuler le plus de documents possible et les garder pour soi, en arrosant au goutte à goutte pour ne pas se faire prendre, je me suis dit qu’il ne valait pas la peine de rester parmi ces gens là. Heureusement, ce n’est pas le cas de tous les adhérents tel Mr Perrault qui sait rester totalement juste et, est le premier à être content de parler du château. Ce n’est pas le seul mais je ne vais pas citer tout ceux qui à mes yeux sont bons. Je tiens à préciser que ce que je viens d’écrire ne sont que des sentiments qui me sont personnels et rapportés que par rapport à la façon dont je les ai vécus. Comme je le disais, j’étais jeune à cette époque, ce que je raconte ici, est tel que je le ressentais avec mes sentiments de l’époque, et comme je n’ai jamais eu l’occasion de m’en expliquer, ces sentiments sont restés ainsi. Ce blog me donne l’occasion de régler mes comptes indirectement, sans rage, ni rancœur. C’est simplement un moyen d’expression, car j’ai décidé sur ces pages personnelles appelées « mémoires personnelles » de parler de moi, et de quasiment tout dire, même si parfois ça peut être lourd ou pas intéressant à lire. C’est comme un journal intime, donc je dis tout.

Revenons au château lui-même, et mes découvertes, un lien toujours avec les caves du château, et leur fameuse légende des merveilles laissées en souterrains. Sur les conseils de ma voisines qui me dit où les caves étaient, je me dis qu’il serait bon de tenter d’y aller voir (ma voisine avait un âge canonique, et connut bien le château et ses fonctions, à ce moment je ne savais pas encore que les caves n’existaient plus et n’avait pas encore été à Paris pour tout apprendre). Accompagné de Nadège, ayant les clés du château constamment sur moi, (la mairie m’avait fait le cadeau de me les laisser pour un usage de recherches historiques, car depuis quelques temps j’étais devenu guide officiel du château), et après avoir suivis les indications de ma voisine, nous nous retrouvions tous les deux comme deux chiens de faïence, incrédules, dans les anciennes cuisines. Un rectangle de carreaux de tomettes complètement différent des autres se dessinait sur le sol. Là, d’un commun accord, je me mis à creuser le sol avec une barre à mine. Je me souvenais comment les autres vandales ont saccagé les murs, trouant les boiseries à coup de masse sans rien épargner. Je me dis que je n’étais pas comme eux, mon trou ne saccagera pas le sol. Je ne ferais qu’un sondage, à voir si j’arriverais à percer juste la circonférence de la barre à mine, pas plus, pour éviter de faire un trop gros trou. Au bout de plusieurs minutes, on se dit que les caves ne devaient sans doute pas être par là, et d’un coup j’entends : « Mais qu’est ce que vous faites ici ? ». Ouille, Mr Perrault était juste à côté de nous et nous regardait d’un air courroucé …

A suivre.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 21:18

Suite de mes mémoires

 

Après avoir quitté Paris, je fus de retour à Issou, mon village, pour me rendre sur les lieux mêmes, afin de me rendre compte de ce que l’ont venait de me raconter. En effet, après être arrivé près de l’orangerie, je me rends compte que pas une haie, une bordure, un plan, ni même une fleur ne laissait penser qu’un jardin à la « française » pouvait avoir été planté ici. Il ne restait aucune trace d’une quelconque plantation ceci expliquait sans doute cela. Les seuls vestiges étaient deux buis montés en petits arbres, de chaque côté d’un socle de statue sur laquelle trônait une représentation de la naissance de Vénus, avec derrière elle, un arceau métallique recouvert de palissage en bois. Un restant de rosier blanc mourant, en manque de taille, était encore accroché.

 

Rien ne laissait présager non plus qu’une fouille stratégique avait été commise en ce terrain, car aux dires de mon interlocuteur, ce sondage avait été fait de nombreuses années en arrière. Je serrais malgré moi le poing dans ma poche, jusqu'à ce que je remarque que la tranche du petit objet rond que je serrais très fort me fasse mal. Rappelé à la réalité par cette légère douleur, j’esquisse un sourire malgré moi en repensant que finalement, la mort de la châtelaine a réussi à de nombreuses personnes. Et pourtant en cette après-midi d’automne du mois d’octobre 1976, peu de monde s’est retrouvé pour accompagner Marie en sa dernière demeure : Monsieur le Maire (Gabriel Lucas), Léone Hamon, Félix Yves Guyon, furent de la partie. Pour les autres, rien n’est moins sûr et pourtant l’argent a su réunir plus de monde, chez Maître Lastenet, pour l’ouverture du testament que nous allons maintenant détailler.

 

Nous savons que Marie Chaperon légua par testament le château d’Issou à une institution scientifique telle Pasteur ou l’institut de France, dans l’intention de créer un lieu de repos pour les chercheurs, ou tout autre institut excepté une institution religieuse. Je vais m’arrêter un instant sur cette clause qui à mon sens m’étonne beaucoup, car pour être franc, Madame Chaperon était ce que l’on peut appeler dévote. Dès qu’elle était à Issou, elle passait ses dimanches à la messe avec son mari. Ils avaient leurs prie-Dieu réservés, elle était très croyante, donc cette phrase sur son testament m’étonne, mais bon pourquoi pas…

 

Puis, nous apprenons que Félix Yves Guyon est légataire universel, ce qui veut dire qu’il jouit des droits sur l’héritage, en tant que filleul de Mme et surtout, en tant que professeur de droit, Mme savait bien qu’il serait apte à gérer toutes ses affaires. Ce qu’il fit d’ailleurs, il garda le haut parc qu’il louera aux chasseurs, histoire de se faire un revenu non négligeable puis il fit vendre tout le mobilier du château lors d’une grande vente aux enchères publique, en ayant bien pris le soin de récupérer, cela va sans dire, tout ce qui pouvait l’intéresser au passage.

 

Une autre clause dans le testament est aussi intéressante, sur le mobilier justement. Mme Chaperon avait fait la demande expresse de bien vouloir respecter le fait qu’elle veuille rendre une partie de son mobilier à un musée, celui de la Malmaison : « sa chambre à coucher, contenant un lit, une coiffeuse, une armoire, venait d’une des chambres de Joséphine de Beauharnais, la harpe, un piano, qui étaient dans le grand salon de réception également, une boîte à pharmacie qui appartenait à la reine Hortense, deux tableaux de Joséphine, dont un par Blanchard et tout ce qui leur plaira d’emporter net de frais et droits ». Après nombreux renseignements, la Malmaison n’en vit pas la couleur, et pire, ils apparaissent sur la liste de vente de 1977.

 

Dans cet acte, Mme Chaperon dit aussi vouloir donner « aux archives départementales (à l’époque à Versailles) tout ce qui a trait à Issou et son histoire », c’est pour cette raison qu’aujourd’hui, il y a de nombreuses liasses (c’est le terme) concernant Issou qui datent de cette époque.

 

« Aux archives de Montluçon, les lettres et documents manuscrits du Colonel Déprost, l’oncle de la châtelaine, ainsi que tout ce qui les intéresseront de prendre net de frais et de droit », j’ai moi-même une de ces lettres, que je placerai en page annexe.

 

En toute légalité, comme nous avons vu plus haut, juste avant la vente, une réunion d’amis, d’Issoussois se sont retrouvés au château pour faire un partage de souvenirs.

 

Je pense qu’à ce moment-là certaines photos, comme j’évoquais lors de ma visite à Paris, se sont retrouvées dans de bonnes mains comme celle de Mr Sagnol ou d’un de ces amis, qui lui a confié quelques photos personnelles de la châtelaine, et ce heureusement, car jusqu'à très peu de temps nous n’avions pas grand-chose. Mais ça, nous verrons plus tard que le destin une fois de plus a frappé un jour de l’année 2008, ou deux albums intimes réapparurent en mairie. Nous reviendrons plus tard sur ce fait.

 

Un journal des ventes a été imprimé pour faire venir plus de monde à cet événement, et du monde il y en a eu vraiment beaucoup, une bâche a même été tendue sur le parvis du château pour protéger les visiteurs.

 

Dans le journal le château est méconnaissable, les salles sont pleines à craquer de mobilier, des meubles louches sont même présents ; on y voit des fauteuils à oreilles en velours rouge qui ne disent rien à personne, des tableaux apparaître chaque jour un peu plus. Jusqu’à ce que la justice se mêle de cette affaire, et découvre qu’en réalité le château a servi de salle des ventes, faisant passer du mobilier venant d’autres propriétés ou d’antiquaires véreux pour être vendu en tant qu’originaux venant du château d’Issou, ça a duré plusieurs mois quand même.

 

Lors de la vente d’un lot de peintures et de gravures, le commissaire priseur se faisait grand de dire que c’était l’œuvre de Monsieur Chaperon, en vantant les mérites du peintre, et se trouva fortement gêné quand il vit un monsieur s’énerver au fond de la salle, car l’homme en question n’était autre que monsieur Legrand qui avait fait cadeau de ses peintures à la châtelaine. Je vous laisse imaginer la stupeur dans l’assemblée.

 

Une enquête prit court et Maître Bourrelier fut retiré du barreau.

 

Le fait de savoir où Madame Chaperon cacha certains objets n’a pas fait de moi un aventurier, tel Indiana Jones en quête de trésors, perçant le parc de part en part. Je laisse plutôt ce qui est caché, là où ça doit rester, je ne cherche pas la gloire. Et sachant ce qu’il reste, je ne préfère pas risquer ma vie pour quelques reliques, tout en sachant qu’à mon avis aux vues des conditions de stockages, il n’en reste peut-être pas grand-chose. Mais pour être totalement franc, il m’est arrivé à de nombreuses reprises de creuser le sol aux abords du château, et j’en ai trouvé des choses, peut être qu’à vos yeux cela ne vaut rien, mais pour moi, ce sont de réels trésors.

 

Il y a de nombreuses années, dans le village de mon père, j’ai fait connaissance avec une famille de brocanteurs, la famille Besches (j’espère ne pas écorcher leur patronyme, mais je n’en suis pas certain). Par le fait du hasard, je me suis rendu en leur boutique, donnant sur la départementale traversant Juziers vers Meulan, et au fil de mes questions, il m’indique qu’il avait bien connu Marie Chaperon. Imaginez ma tête, j’étais accompagné à cette époque de la mère de mon amie d’enfance, une forte personnalité locale que j’adorais, Madame Mages. Une femme fortement excentrique qui pouvait en une phrase vous mettre dans le plus grand embarras, car elle ne voyait le mal nulle part. En bref, le monsieur en question me raconta qu’à une époque où Madame Chaperon, désireuse de vendre certaines choses, s’était rendue chez lui pour lui proposer du mobilier et des objets divers et variés. Elle l’avait emmené chez elle rue des Saussaies à Paris, puis au château d’Issou. Visiblement ce qu’elle lui proposait ne devait pas peser bien lourd, car il avait quasiment refusé ses propositions, sauf quelques chenets, la voiture de Madame Chaperon. Mais, sa mémoire devenait défaillante et il m’indiqua d’aller voir son fils qui tenait une boutique également vers Bennecourt, ce que je fis le week-end suivant, toujours accompagné de Madame Mages.

 

Son fils, lui, se souvenait aussi de cette période, il n’en gardait aucun objet, mais des livres de comptes, oui, qu’il refusa de me montrer à cause des années passées et parce qu’il lui faudrait du temps pour les retrouver. Il me raconta autre chose de bien plus intéressant pour ma part. Après la vente aux enchères, il avait été demandé au château par Mr Guyon pour débarrasser ce qui pouvait rester sur place. Dans un premier temps, ils stockèrent ce qu’ils purent au grenier puis voyant encore la montagne de choses à déplacer, ils jetèrent par les fenêtres ce qui n’était pas encombrant telles les plaques de verre photographiques. A ces mots je dus changer de couleur, car voilà ce qui m’amenait ici ! Et, je venais d’apprendre que tout avait été jeté. Il m’indiqua une fosse devant le château où tout avait été rassemblé et enfoui.

 

Il faut savoir qu’au château il y avait deux fosses, une à purin face à la laiterie et une autre, que je ne connaissais pas, face au château !

 

Je passais mes journées les pieds dans la terre pour essayer de retrouver ce lieu qui, comme m’avait indiqué l’homme en question, avait été recouvert de terre, donc, invisible si on ne savait pas, tout comme la fosse à purin, d’ailleurs.

 

Je me souviens de la fois où je suis tombé sur des pampilles de lustres et de la mauvaise blague que j’ai faite, à Monsieur Perrault. Je pose cette pampille sur mon doigt et lui montre, telle une bague avec une énorme pierre précieuse. Je vous laisse imaginer sa réaction, j’en souris encore aujourd’hui. J’ai également trouvé une quantité de petits appareils de mesure qui devaient être dans le labo, tous avec des socles en marbres ou en granite, des tubes en laiton ou en cuivre, une lampe à pétrole (enfin, le corps d’une lampe), de nombreuses pampilles, le socle d’une fontaine en cristal de forme octogonale qui devait être la base d’un flambeau où les gouttes ruisselaient dessus et de nombreuses gouttelettes sculptées tout autour, une paire de rideaux doublés de soie jaune au motif floral. La chose que j’ai trouvée et qui m’a le plus donné de l’émotion, une carte postale écrite de la main même de Madame Chaperon qui avait été découpée en plusieurs morceaux et calée sous la pile d’une lampe de poche carrée. Le jour où je l’ai découverte, je n’en revenais pas moi-même.

 

Je me suis empressé de rentrer chez moi pour la plastifier avec les moyens du bord. Il est vrai que la rouille avait déjà beaucoup attaqué le carton, mais on reconnaissait Moulins et surtout l’écriture de Madame Chaperon. Comment après tant d’années elle a pu se retrouver là et garder un état pas si mauvais que ça, je n’en sais vraiment rien !

 

Le jour où j’ai trouvé les rideaux, j’étais vraiment heureux, car, pour le coup, c’était réellement un témoignage bien concret de la décoration intérieure. J’ai trouvé cette relique juste sous le hangar à l’extrémité de la laiterie bien pliée sous la paille. Il est possible que quelqu’un ait dû le cacher ici en attendant de revenir le chercher, mais il ou elle a dû sans nul doute l’oublier, ce qui bien sûr fit ma joie. Après inspection du motif floral sur fond jaune et doublé de soie, je fis part de ma trouvaille à Paulette De Rores qui a longtemps travaillé pour Mme Chaperon. Elle m’a bien confirmé qu’il s’agissait bien d’un rideau de la châtelaine, mais qu’il ne venait pas du château proprement dit, mais de l’appartement des Sylvestre et probablement de leur chambre à coucher. Alors, j’ai décidé de me pencher un peu plus sur cette partie du château, à laquelle, j’avoue ne pas m’être intéressé beaucoup, à cause, premièrement, de l’état plutôt vétuste du lieu, et du peu d’intérêt que je portais, à ce moment, à ce bâtiment. Ce qui allait, bien sûr, beaucoup changer.

 

L’orangerie :

 

Quand j’étais petit, je me posais beaucoup de questions sur ce bâtiment, mon attrait pour le château remonte assez loin. Pour une raison qui m’était étrangère, j’inversais complètement l’ordre des lieux. Le hangar, à mon idée, était à l’extrémité de l’orangerie soit, mais je le plaçais à l’entrée de l’orangerie, pas du tout où il est réellement, mais à l’opposé total. Et, l’orangerie était derrière le colombier rond. Quand j’étais petit, une porte donnait sur la rue du Cocriamont, derrière le château, au niveau de la métairie, une grande porte cochère en bois sous un appentis, une sorte de toiture en tuiles plates (aujourd’hui totalement disparu). Pour moi donc, avec mes idées d’enfant, c’était l’orangerie.

 

Que nenni, il s’agissait en réalité de la porte donnant sur les clapiers à lapins derrière le colombier rond où se trouvait un petit potager, rien à voir avec l’orangerie bien évidemment. A une autre époque, c’était le chenil pour les chiens de chasse, le sol, recouvert de briquettes rouges, le tout adossé au mur du parc. On y accédait soit par l’escalier le long du colombier rond, soit par cette fameuse porte.

 

J’aimais beaucoup passer par cette rue qui est juste derrière le château. Quand j’étais enfant beaucoup d’histoires de trésors circulaient, car d’un côté il y avait le château et de l’autre le haut parc, et son fameux cimetière des chiens où l’ont disait que Mme Chaperon les enterrait avec leur collier en or. On peut donc imaginer sans grande peine l’effet de tels récits sur un enfant un peu imaginatif tel que je pouvais l’être. C’est donc gonflé et fort de nombreuses légendes urbaines que je me rendais souvent au château d’Issou, espérant trouver un jour le pot aux roses et je me souviens d’une histoire dont je ne suis pas fièr mais que je vais quand même raconter ici. Je me rendais cet après-midi-là, au château avec mon ami Yann. Nous étions fous d’aventure tous les deux. Je me souviens que nous regardions les mascarons de la façade du château et nous cherchions alors une clé, un indice, quoi que ce soit qui pourrait nous conduire sur la trace des fameuses caves du domaine. Nous remarquions alors que les regards des 3 premiers mascarons étaient portés en direction de l’orangerie. Il ne nous en fallait pas plus pour en déduire qu’un indice devait se cacher dans l’appartement. Forts de cet improbable indice, nous nous sommes tout naturellement dirigés dans le salon semi-octogonal, et là, rien… des murs blancs ornés de staffs, un reste de cheminée et sur le dessus un miroir. Avec tout l’aplomb de ma jeunesse (je devais avoir 10 ans), je lui dis que c’était forcement derrière le miroir, et, ni une, ni deux, je jette une grosse pierre dessus. Un grand bruit sourd et rien… pas un éclat, pas une fissure. Un peu énervé, je réitère mon geste, et là comme un éclair argenté, un bruit sourd de nouveau, suivi d’un fracas comme une casserole qui tombe, le miroir brisé tombe sur le sol. Juste derrière, j’aperçois un morceau de papier jauni par le temps, je sens mon cœur qui bat de plus en plus fort à mesure que mes doigts. Lorsque je saisis le bout de papier, j’aperçois des mots inscrits dessus, mais rapidement l’excitation laisse place à la déception ; ce papier n’était qu’un morceau de journal plié en quatre pour maintenir le miroir en place. J’étais dépité d’une part pour ne pas avoir trouvé ce que je cherchais et surtout d’avoir à mon tour participé au vandalisme d’une partie du château. À compter de ce jour, je me suis promis de faire tout ce que je pouvais pour lutter contre les fausses rumeurs et toute personne qui pouvait saccager le château. C’est ainsi qu’est née ma passion pour ce site exceptionnel.

 

Je suis retourné de nombreuses fois dans l’appartement de l’orangerie, jusqu’au jour où, pris d’une envie effrénée de mettre mon nez partout, je remarque un petit placard sous les escaliers qui mènent à l’étage. La porte force beaucoup, elle était en bois et les fuites dues au trou béant qui était juste au-dessus avait sans nul doute gonflé le bois, rendant quasiment impossible de l’ouvrir. Avec de la patience tout est possible, j’arrive enfin à l’ouvrir et me glisse, lampe en mains, à l’intérieur en me disant "Que peut bien cacher un placard à balais ?". Je dois avouer que le lieu était fort petit et étroit, mais au bout de quelques instants je ressors, ravi de ce que je tenais en mains.

 

Alors que j’étais dans ce minuscule placard, je vis tout au fond, roulé en boule une sorte de masse marron toute poilue. Aux premiers abords, ça ressemblait à un animal mort en boule. Je ne vous raconte pas la frayeur ! Puis, en regardant mieux, je tapote du bout de ma lampe le corps inerte et je ne sens aucune résistance, ni raideur. Prenant mon courage à deux mains , je saisis cette chose qui avouons le, me dégoûtais un peu. Quand j’eus pris la chose, je fus frappé par la douceur du poil que je tenais en mains et surtout une sorte de chaleur. A ce moment-là, l’objet se déroula et se détacha en deux. J’entendis un petit boum, visiblement il y avait quelque chose dedans qui venait de tomber sur le sol.

 

J’attrape le lot, et à la lumière du jour, je constate que ce que je prenais pour une belette crevée n’était autre que deux faux cols de fourrure soyeuse, qui étaient fortement prisés dans les années 40.

 

Je ne sais absolument pas de quand datent ces cols, ni même s’ils ont appartenus à Marie, mais après tout pourquoi pas. Les deux autres objets qui étaient roulés dans cette fourrure étaient deux poudriers, un en porcelaine, l’autre en une matière que je ne connais pas, mais un magnifique phœnix doré était gravé dessus. Je retourne dans le placard et vois tout au fond une autre boîte que je ramène, une boîte de poudre « nuit de Paris » pleine.

 

Je remarque que la fourrure est très fragile, elle perd ses poils, alors je la place dans un sac en plastique et je rentre chez moi.

 

C’est quelques jours plus tard, alors que je me rends à la bibliothèque, comme très souvent le mercredi après-midi, pour discuter avec Paulette du château, bien évidemment, que je lui montre ma boite de poudre. Juste à côté d’elle se trouve Maxima Baudran qui elle-même a bien connu la châtelaine. Elle regarde ouvre la boîte, regarde la poudre, et sent le contenu. Elle échange un regard avec Paulette et lui tend la boîte à sentir à son tour. Toutes les deux se mettent à rire et m’expliquent pourquoi, quand la châtelaine était à Issou, elle passait son temps, soit dans le salon de Mr, soit dans sa chambre où elle recevait, ou encore dans son boudoir. Lorsque quelqu’un venait, elle descendait et avait un rituel. Elle prenait son poudrier qui était souvent posé sur le manteau de la cheminée de Mr et s’en passait sur le visage. Bien souvent elle en mettait toujours un peu trop d’un côté et elle ne s’en rendait pas forcément toujours compte. Voilà l’éclat de rire de Paulette et Maxima qui se souvenaient comment Madame Chaperon recevait avec un œil poché de blanc. Ce qui fit beaucoup rire Mr Sagnol également, je fus donc assuré sur un point la poudre était bel et bien celle de Marie.

 

Après avoir scruté le 1er étage de l’orangerie, je me suis attaqué à l’étage supérieur, là où Maria, la domestique des Sylvestre, était logée. Au fond de ce qui devait être le salon, il y avait une sorte de placard, complètement recouvert de papier peint bleu ciel. Au fond d’un bazar impressionnant, je suis tombé sur le montant en bois d’un pot de fleurs avec une grosse boule sur le dessus. Ce qui moi m’a assez impressionné dans cet étage, c’est la déco, complètement 1970, très étrange. Voilà ce que je peux dire sur l’appartement de l’orangerie.

 

Juste en dessous se trouve l’orangerie proprement dite. La première fois que je suis entré à l’intérieur, je fus surpris de voir une voiture au fond de la pièce, une petite voiture orange 70 comme une voiture sans permis d’aujourd’hui. Je ne saurais dire la marque n’ayant jamais été très intéressé par ce type de véhicule. Ce que je sais par contre, c’est qu’elle appartenait à Christine Pape, la petite fille de Monsieur Contremoulin, régisseur au château et garde champêtre de la commune. Elle avait été logée dans l’ancienne maison qu’avait occupée son grand-père, d’approximativement 1983 à 2000, quelque chose comme ça, en tant que petite-fille de l’homme qui avait occupé la fin de sa vie à servir au château. Elle avait forcément vu et connu de nombreuses choses, mais nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

Donc, cette voiture hors service était stockée comme ça, dans l’orangerie, et pourtant elle avait beaucoup servi, car Virginie, la fille de Christine et Renald Stevenin, et son cousin (leurs mères respectives étaient de la famille Contremoulin) prirent souvent ce véhicule, pour s’amuser à faire le tour du parc.

 

Un jour cette voiture tomba en panne et fut mise aux rebus, là.

 

Dans cette partie du château, j’ai trouvé de nombreux dessins à la mine de plomb sur les murs, les côtes de constructions des écoulements d’eaux. C’est grâce à ces derniers que les regards d’évacuation ont été relocalisés. A gauche de l’entrée on pouvait voir, il n’y a pas si longtemps que ça, un des orangers dessiné sur le mur. Les fenêtres de l’orangerie sont ogivales et la partie cintrée est indépendante du châssis principal. Grâce à un système d’engrenages et de tubes tournant, il était possible d'ouvrir seulement la partie cintrée à l’aide d’une clé amovible, qu’un jour en fouinant, je retrouvais cachée dans la pelouse, à l’extérieur.

 

Dans ce qui reste du jardin, j’ai eu une surprise assez étonnante. J’écartais l’herbe avec un bâton, car les serpents peuvent être nombreux l’été, lorsqu’il frappa sur un objet métallique qui sonna comme une cloche. Interloqué, je regarde de plus près et je vois à demi enterrée une vasque en fonte, toute rouillée, de type Médicis, avec une tête de lion. Quelle ne fut pas ma surprise quand, après avoir déterré l’objet, je me rends compte qu’il n’en était rien, mais simplement le dégueuloir de la gouttière qui s’était détachée du mur, avec, juste à côté, le fanion de la pointe du toit de la tourelle de l’orangerie.

 

Le long des murs, sous les fenêtres, il y avait une quantité de pots de fleurs en terre cuite qui avaient été entreposés là. Un jour en voulant les prendre, quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’entre deux pots, un serpent avait élu domicile. Depuis ce jour, je n’en ai plus jamais ramassé.

 

Voilà à quelques choses près mes petites trouvailles du côté de l’orangerie.

 

Les écuries :

 

Juste après l’orangerie, en remontant vers l’entrée se trouvent les écuries. La première fois que j’y suis allé, il y avait au-dessus des 3 stalles le nom des chevaux sur une plaque émaillée : Carmen, Flora et, hélas, le 3e me manquent. Du jour au lendemain ces noms ont été dérobés et ont disparu. Étant donné que dans cette pièce, il n’y a ni placard ni possibilité de cache quelconque, je n’y ai donc jamais rien trouvé, mis à part quelques écrits sur le côté des fenêtres, mais, hélas, le temps a écaillé la peinture avant que je puisse relever le récit.

 

En sortant des écuries, le mur juste en face, sous le passage, est lui aussi écrit, ou du moins il y a un dessin d’une voûte avec en guise de clé, une coquille Saint Jaques. Il me semble que cet élégant dessin nous vient de Mr Legrand, mais sans aucune certitude.

 

Le logement du régisseur :

 

Cette petite maison douillette a été occupée par, successivement, Mr Contremoulin, Christine Pape, et Pascal Girardi. Lorsque Christine arrive sur les lieux avec son mari, les travaux à faire sont quand même assez importants. Une partie de la toiture est à refaire, l’aménagement également et les sanitaires. C’est surtout sur le dernier point que les choses sont plus délicates, car impossible de savoir où sont les conduits existants. Alors, pour s’éviter de nombreux frais dans des travaux, qui au final ne devaient pas s’imputer à la famille Pape et que le maire de l’époque était, sans nul doute, pas regardant vis-à-vis de ces locataires, l’évacuation des eaux usées se faisait tout simplement, et le plus naturellement possible, par un tuyau débouchant droit dans le parc.

 

Mr Pape fit une véranda et pour ce faire fit surélever, par un grand monticule de terre, la partie en continuité du passage, qui menait derrière l’orangerie. C’est à cette occasion que ce fameux tuyau a été mis en place. Ce n’était pas très agréable, tant bien pour l’odeur, que pour l’aspect, je vous laisse imaginer un sous-bois constellé de morceaux de papier toilette en décomposition.

 

Il se trouve qu’un de mes cousins germains a épousé une cousine de la famille Contremoulin, ce qui fait de Virginie et moi un peu des cousins lointains. Ma tante paternelle est veuve d’un membre de la famille Contremoulin, et pour finir un autre cousin germain a épousé une fille cousine germaine également, mais cette fois-ci de la famille Mayer, alors jardinier du château. Peut-être que toutes ces alliances, inconsciemment, ont aussi fait naître en moi des attraits pour le bâtiment.

 

Quand je suis rentré pour la première fois dans cette maison, elle était habitée par Virginie et Christine sa maman. Elles m’ont très bien reçu. Le mobilier était simple, mais élégant. La particularité de la porte d’entrée me plus directement, car c’était une porte à double battant, le haut indépendant du bas, peut-être la porte d’origine.

 

A l’intérieur au-dessus de la porte un très beau drapé écru soulignait d’une teinte claire l’ambiance du salon.

 

Sur le mur d’en face la cheminée et au-dessus d’elle, une niche qui abritait autrefois la statue de Sainte Anne, patronne de la chapelle qui était derrière le château et sauvée par l’ancien régisseur (cette histoire sera racontée plus loin dans mes récits). Le salon, de taille modeste, mais très confortable, donnait à droite sur la cuisine et à gauche sur une chambre meublée en style Empire, avec entre autres un très beau cabinet de toilette en bois d’acajou avec des cygnes sculptés, un dessus de marbre blanc et 3 chaises assorties, que je pense du château.

 

J’ai eu longuement l’occasion de parler de Marie avec Christine, et surtout des biens qu’elle a réussi à sauver lors de la vente de 1977, comme des serviettes de table du trousseau de mariage de 1902. Ces serviettes sont vraiment très grandes, damassées blanc avec les initiales CT en plumetis entrelacés (T comme Thonier et C comme Chaperon). Ce qui moi m’a le plus touché, ce sont deux très gros livres de cuisine avec des recettes écrites de la main même de madame Chaperon. Avant de déménager de ce logement, Christine m’a vendu les serviettes de table. Il y en avait deux, j’en ai conservé une et offert l’autre à Nadège Masurier, que je pensais être une amie à l’époque. Mais la vie nous a séparés pour des raisons plus que puériles et parfois même peut-être malheureusement plus claires, par intérêt historique.

 

La laiterie :

 

Au niveau de la laiterie, juste sous le hangar, se trouve une cuve, et sous cette cuve il y a un petit recoin où beaucoup de choses ont été jetées. Certaines personnes se moquaient de moi lorsque j’allais fouiller là-bas, car ils pensaient que c’était simplement des poubelles qui avaient été entreposées là. Nadège, la fameuse, en faisait partie, jusqu’au jour où je lui demande de venir avec moi. Bien mal m’en a pris, hélas, car à peine arrivée elle découvre la fameuse cuve et rigole en me disant qu’il y avait vraiment peu de chance qu’on trouve quoi que ce soit ayant réellement appartenu au château. Mais devant mon insistance, elle se met à fouiller quand même et voilà qu’après 5 minutes à peine, elle découvre un médaillon de métal aux armes des De Jean. Forcément, là, plus aucun doute sur la provenance des objets entassés sous cette cuve. Je ne vous raconte pas ma tête quand elle a sorti cette pièce… Mais j’étais quand même content pour elle.

 

C’est justement sous cette cuve que j’ai trouvé la carte postale de Marie adressée à Mr Contremoulin. J’ai aussi trouvé des dizaines de petites fioles, un petit récipient bleu pour nettoyer les yeux. Ça se présente comme un petit coquetier en verre avec le dessus en forme d’œil, un étrange coquetier en verre avec 4 pieds sculptés. On le remplissait de liquide et on le retournait, collé sur l’œil que l’ont devait garder ouvert.

 

C’est aussi dans les environs, que dès 1999, après la fameuse tempête qui dévasta les forêts françaises, mais qui épargna plus ou moins bien le parc que j’ai également découvert de nombreux fragments de plats de service en faïences de Sarreguemines bleu et blanc. J’ai fait un très joli puzzle avec les morceaux, et au final j’ai réussi à le compléter à une pièce prés que Nadège a récupérée et ne m’a jamais rendue.

 

C’est ici aussi que j’ai trouvé la base de la fontaine, j’en ai donc déduit que la fameuse deuxième fosse devait sans doute ne pas être très loin. Mais mes fouilles ne passant pas inaperçues, elles ont déclenché la colère des cantonniers qui eux-mêmes l’avaient comblée après le grand nettoyage de 1987.

 

J’arrêtai donc de creuser.

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Published by amartinez - dans mes memoires
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:12

Quelques dates clés (a plus ou moins 5 ans)

 

  • 1750 (duc de Bouillon), création des jardins à la Française sur la totalité du domaine, mise en place des boiseries dans le château, le haut parc devient officiellement domaine de chasse du Roy, remplacement de l’ancien mobilier par un ameublement à la Pompadour, remise en état des murs du haut parc.

 

  • 1820 (Mr Martin), création du grand verger, potager et des serres, captage des sources.

 

  • 1830 (id) division en parts égales des eaux de source entre le château et la commune, création à cet effet de la grande salle des sources, démolition du château de Montalet et des allées de tilleuls.

 

  • 1860 (Vicomte de Jean) création du pont reliant le bas parc au moyen parc, jardin anglais sur la perspective de la terrasse ("démolition" des jardins à la française du Duc de Bouillon) au bas-parc, + petit jardinet de-ci de-là.

 

  • 1903 (Chaperon) création de la nouvelle façade en style Trianon, retrait des volets extérieurs, remises en état du château comme l’électricité, la couverture, vitrerie et les sanitaires ainsi que les communs, division en 4 du colombier rond et mise en service de la cuve d’eau de 10 000 Litres d’eau.

 

  • 1905 (id) déblayage de pavés et curage des fosses septiques.

 

  • 1906 (id) reprise du verger et du potager dont Mr Leroy est le principal gestionnaire et meneur de travaux.

 

  • 1907 (id) nettoyages divers du parc et de ses allées.

 

  • 1910 (id) création du jardin derrière l’orangerie.

 

  • 1915 (id) perte au front du frère de Madame Chaperon (Claude) ainsi qu’une fausse couche due a ce décès.

 

  • 1916 (id) réquisition de Monsieur Chaperon au front et Madame en infirmière civile.

 

  • 1918 (id) les confédérés au château.

 

  • 1920 (id) retrouvailles à Cérilly entre Marie et les Dumas-Primbault, achat rue Chateaubriand, rue des Saussaies,Versailles, Maule, Saint Germain en Laye Le Grand Cross, Couleuvre (nombreux aller-retour entre Cérilly et Issou et Paris pour voir les Notaires dus aux procès).

 

  • 1925 (id) Création du jardin à la Française de l’entrée sur des plans de Mme elle-même, fontaine et douves.

 

  • 1935 (id) créations du boudoir chinois en toile de Jouy.

 

  • 1940 (id) Occupation par les Allemands, cache de mobilier, argenterie et tout ce qui avait de la valeur, création d’une cave a vin hélas sans cheminée d’aération.

 

  • 1945 (id) Grand bal de la libération ouverture au public des salons du château.

 

  • 1946 (id) récupérations seulement du mobilier.

 

  • 1948 (id) Arrivées de la famille Melchior et De Rores intendants au château ainsi que la famille Contremoulins régisseur du château et garde Champêtre de la commune ainsi que la famille Mayer jardiniers.

 

  • 1950 (id) Monsieur tombe malade, la tuberculose le ronge.

 

  • 1951 (id) derniers tours du monde et Issou deviens résidence d’été principale.

 

  • 1953 (id) Décès de Mr à Paris.

 

  • 1954 (id) Mme Chaperon s’isole.

 

  • 1958 (id) Mme Chaperon espace ses voyages à Cérilly et confie la gestion de ses domaines à Pierre Dumas-Primbault (qui deviendrons par testament ses propriétés)

 

  • 1960 (id) fin des réceptions avec les Sylvestres (occupant de l’appartement de l’orangerie)

 

  • 1963 (id) Fin des Melchiors et De Rores.

 

  • 1965 (id) Arrivée des Legrand.

 

  • 1970 (id) Arrivée des Hamon, gardiens du bas parc et des De Hamorains, remplaçant des De Rores au château.

 

  • 1971 (id) l’un des derniers voyages à Cérilly au château de la Pierre, ventes de terrains à la commune d’Issou en faveur de la restauration de l’église d’Issou.

 

  • 1972 (id) Mme Chaperon s’isole totalement des Issoussois se nourrit très mal, et s’habille de mal en pis.

 

  • 1973 (id) concrétisations des travaux de l’église en partie payés par Mme Chaperon.

 

  • 1976 Mort de Mme Chaperon à Louveciennes âgée de 93 ans et enterrement au cimetière de Montmartre avec son mari et ses beaux-parents.

 

  • 1977 Ouverture du testament de Mme Chaperon, Mr Guillon est le légataire universel pour le mobilier d’Issou et des démarches administratives et répartition des biens, Pierre Dumas-Primbault hérite du Grand Cross, et de Couleuvre.

 

  • Oct. ,1977 Ventes aux enchères public du mobilier d’Issou, après vidage en règle par la « famille » et les intimes et quelques Issoussois.

 

  • 1978 escroqueries à la vente.

 

  • 1979 Ecroulement des serres, friche du potager et du verger, herbes folles dans les allées et les jardins.

 

  • 1980 Refus des droits de succession sur le château par les instituts scientifiques.

 

  • 1981 Vandalisme et vols au château et dans les parcs (banc de pierre, statues, vasques, etc.…)

 

  • 1982 Intérêt de la commune pour les parcs.

 

  • 1984 Achat de la commune des parcs et du château.

 

  • 1985 (commune d’Issou) Remaniement du bas parc, dégagement des socles en pierre ù autrefois statues et énormes vasques trônaient, clôture du pont.

 

  • 1986 (Commune d’Issou) Bouchage du grand bassin du bas par cette création d’un terrain de boule avec le remblai de la place de Montalet (arrachage du jardin d’isolement, de Cèdres et de pins) écroulement total du pavillon de repos.

 

  • 1987 (id) Tournage du film Camille Claudel.

 

  • 1988 (id) Restaurations des tourelles Est et Ouest du château grâce au cachet du film, nettoyage et saccage des parties basses du château (arrachage des boiseries, des palissages des dernières cheminées des miroirs, etc.)

 

  • 1989 (id) fin du grand nettoyage pour accueillir le bicentenaire de la révolution au château et le feu d’artifice.

 

  • 1990 (id) la mairie ferme l’accès au château, car les années d’abandon et de fuites deviennent menaçantes pour les éventuels visiteurs.

 

  • 1991 (id) de nombreux visiteurs trouvent toujours un accès au château par les cuisines et viennent squatter casser et piller le peu qu’il reste à un point tel où la mairie fait murer le passage menant du moyen parc au haut parc.

 

  • 1995 (id) Bâchages des toitures par les bâches de France la situation deviens catastrophique les fuites se font sur 3 étages, création d’une association, « les amis du château.

 

  • 1996 (id) de nombreuses actions sont faites pour sensibiliser la commune et ses habitants sur le patrimoine Issoussois et son histoire, rétromobile, foire à tout, de nombreux chantiers sont chaque année organiser par l’association pour sauvegarder certains endroits du château, comme le nettoyage des douves qui avec les nombreuses années s’étaient complètement envasées et les pavés disparus sous une couche de feuille et de terre, la coupe d’arbres ayant poussés dans des parties dangereuses comme les toitures des terrasses, le nettoyage de la pièce d’eau… La conception de soirée musicale comme des concerts en l’église d’Issou où les bénéfices iront à la restauration du château ou ses dépendances…

 

  • 1998 (id) une association le CHAM viens à l’aide pour restaurer les parties médiévales comme le pigeonnier carré des jeunes bénévoles assiste les maçons à restaurer à l’identique avec des moyens anciens pour transmettre leurs savoir-faire et ne pas perdre certains corps de métier.

 

  • 1999 (id) Nouvel an au château soirée personnelle déguisée en habit XVIIIe.

 

  • 2000 rebâchage du château dû aux vents et au temps démontage des cuisines juger à tors dangereuses et croyait-on les charpentes pourries.

 

  • 2007 tournage du film le pacte des loups, et a quelques jours près au château il faillit avoir un drame, car toute la partie Nord s’est écroulée peut à près la fin du tournage sur les lieux mêmes ou Samuel Le Bihan était, toutes la parie comprise entre l’escalier d’honneur et l’atelier de peinture est tombé la veille j’étais en dessous et j’entendais comme des cailloux qui tombait sur de la tôle moi aussi j’ai eu chaud un trou sur 3 étages.

 

  • 2010 (id) squat de gitans dans le parc 150 caravanes prirent place sans aucune autorisation, les forces de l’ordre ont dû être appelé pour les délogés manu militari

 

Quelques dates liées à la vie de Mme Chaperon

 

 

1883 naissance de Marie Catherine Josèphe Thonier la Rochelle à Moulins dans l’Allier de Mr Aymar Thonier et de Melle Bauchard Adélaïde.

 

1900 obtention du diplôme d’enseignement primaire et du permis de conduire et rencontre de Monsieur Paul Chaperon

 

1902 Mariage et tour du monde en voyage de noces

 

1903 acquisition du château d’Issou et remise en état des lieux

 

1916 réquisition de Mr Chaperon au front, perte de l’enfant de Mme Chaperon et engagement en tant qu’infirmière civile.

 

1919 acquisition des domaines du Grand Cross Couleuvre Versailles Maule rue Chateaubriand et rue des Saussaies ainsi que de nombreux terrains sur Issou et une maison de maître à Porcheville

 

1920 retrouvailles à Cérilly entre Mme Chaperon et Mme Dumas-Primbault, réception des confédéré au château d’Issou

 

1930 projet de création de jardins au château d’Issou, Mme Chaperon aimant la grâce et la symétrie ainsi que l’art du XVIIIe ce penche sur le dessin de plans pour créer des jardins qui alliant à la fois l’élégance simple de jardins de buis dans un style à la Française avec comme pièce centrale une fontaine, de nombreux essayes sont aujourd’hui conserver aux archives départementales de Versailles, après de nombreuses hésitations et devis à l’appui la solution la moins coûteuse et la moins tape a l’œil est adopté un dessin de palmette symétrique avec en point d’orgue une fontaine ronde d’enfants à la flute de pan sera définitive, le modèle de la palmette sera encerclé d’un motif en buis qui fera le tour de la fontaine, motif repris sur le parvis de l’orangerie.

 

1940-1945 occupation des Allemands, les troupes envahissent Issou, surtout le château, Mme-surprise de ce fait, fait enterrer dans le parc certains de ses objets de valeur, cache son argenterie derrière le manteau des cheminées qui étrangement a cette époque restaient ouvert, il fallut aussi creuser en vitesse une cave parallèle dans celle du colombier rond, le souci c’est qu’a vouloir aller trop vite, la cheminée d’aération a été oubliée, résultat, le meilleur des vins qui avait été caché ici a été perdu faute de ventilation.

 

Les troupes avaient réquisitionné le rez-de-chaussée c’est a dire les pièces principales (salle du billard, grand salon de réception, salle à manger) la châtelaine bien décidée a ne pas ce laisser-faire fît dégager le mobilier de ces salles et les Allemands firent pailler tout le sol et mirent des couchettes par terre, a cette période les hommes portaient des bottes, et a chaque passage ils ce prenaient les pieds dans une console en bois doré et marbre blanc, sans aucun ménagement à la troisième fois, ils prirent une scie et en coupaient les pieds.

 

Il n’y eut pas beaucoup de dégâts autres que matériels à déplorer au château, le haut parc servait d’espace antiattaque aérienne, les fameux chars télécommandés appeler Goliath étaient cachés là-bas. Leur départ fut précipité ils abandonnaient nombreuses choses sur place, et lors d’un après-midi ensoleiller, Mme Chaperon trouve une grenade dans un coin près du jardin de l’entrée, elle ce met à la secouer vivement en hurlant pour savoir ce que cet objet qu’elle ne connaissait pas faisait là, c’est le régisseur du château qui sauva sans doute sa vie ce jour-là. De nombreuses traces de cette mauvaise période furent trouvées de nombreuses années après le décès de Mme Chaperon, dans le haut parc vers 1978, un site,-car a été retrouver, en 1996 dans les combles ou plutôt dans l’entresol j’ai moi-même retrouvé des munitions militaires puis en 1999 un casque Allemand dans le parc.

 

Une légende a longtemps couru sur le fait que Mme Chaperon avait cacher de nombreuses choses dans les caves du château, de nombreuses personnes, dont moi, les ont cherchées aujourd’hui je eux affirmer de sources sur qu’il n’y a en aucuns cas de caves sous le bâtiment lui-même, ou du moins qu’elles n’ont pas été utilisées durant la seconde guerre pour la simple et bonne raison qu’elles furent combler pour permettre la création du jardin a la Française devant le colombier rond, il reste une trace encore visible aujourd’hui encore, faite ce que je vais écrire en toute légalité et vous verrez vous-même, rendez-vous au château, passez sur le côté du jardin juste en contrebas du colombier rond, descendez vers les douves, vous êtes à présent sous le balcon qui donne sur le boudoir de Mme Chaperon, il ne vous reste que regarder sur le mur de soubassement vous y voyiez 3 ou 4 meurtrières, prenez une lampe torche assez puissante et appréciez ce que vous voyez, il faut un moment pour comprendre.

 

La réalité la voilà, en effet Mme Chaperon a réellement cacher certains objets de valeur pour la plupart dans le château même qu’elle récupéra bien sur dés le départ des troupes, un fait est réel tout n’a pas été récupérer a ce moment-là comme je le disais plus haut ce que je mets là, est avéré et de sources sures, car Mme Chaperon a donné des ordres elle n’a bien évidement pas fait sa toute seule, ces ordres furent également écrits et repérer pour ne pas oublier les lieux, après de nombreux échanges avec les propriétaires de ces papiers qui ont beaucoup négocié le fait de me les confier momentanément due a la sensibilité de la chose ont finit par cédé à condition que je ne les nomes pas et bien sûr que je ne révèle pas ni la nature ni le contenu de ces papiers et encore moins les lieux exacts, étant moi-même quelqu’un de confiance je ne dirais que ce qui est possible de dire et je suis navré de décevoir certains lecteurs ou plutôt lectrices qui ce cache derrière leur écran et agissent dans l’ombre ou sous couvert de bonnes actions envers l’histoire du château pour au final ce réserver une gloriole personnelle ou pire encore préfèrent la rétention de documents à la diffusion au publique pour tout garder pour soi, elles ce reconnaitront, en ce qui me concerne je préfère nettement partager le savoir qui ma été confié sans trahir les sources qui ne veulent pas être cité sans pour autant garder pour moi les informations qui méritent d’être su.

 

Pour en revenir a cette période troublée qu’était 40-45 Mme Chaperon cacha comme nous l’avons lu plus haut dans les manteaux de cheminée l’argenterie, ce qui causa une grande surprise lors de la vente aux enchères de 1977 lorsque Maître Bourellier tira sur la poignée en forme de lyre une multitude de sons métalliques due à la chute de fourchettes ce qui fît beaucoup rire Yves Guyon, car a ce son Me Bourellier eut un recul effrayer, mais ce n’était pas le seul endroit où des caches furent faites la nous devons parler d’une affaire bien plus lucrative que quelques fourchettes couteau et autre ustensile de cuisine fussent il en argent, car au pied de l’orangerie, nous l’avons vu a plusieurs reprise il y avait un jardin, et je me suis longtemps demandé comment était il possible que même si les années avaient passé qu’il n’y a aucune traces d’allées de buis même de plante qui ont repoussé a cet endroit, la réponse m’a été apportée lors d’une visite sur Paris, c’était après la mort de Madame Chaperon une soirée d’hiver, la neige avait recouvert le sol et durcie la terre, mais malgré le froid quelqu'un sur les conseils de Madame Chaperon sur son lit de mort avait eut la confidence qui suit :

 

« Autre fois, lors de l’invasion, j’ai placé sous les parterres de l’orangerie les fonds Or, creuse et garde ce que tu trouveras ».

 

Ces mots sont rester graver dans la mémoire de celui qui écoutait car plus de 30 années après il me jura qu’il sont fidèlement raconter, et le fait est que ce fameux soir la a l’endroit indiquer ce qui devait être trouvé le fût, après quelques coups de pioche, un morceau de toile bleu et rouge remonta avec la terre, puis après s’être pencher pour voir ce que sa pouvait bien être, il se rendit compte qu’il s’agissait d’un sac de voyage en tissu, mais le plus surprenant c’est qu’en le retirant du trou, des pièces tombèrent, il était plein de pièces d’or de 20 Francs de 1820 a l’effigie de la semeuse, alors qu’a cette époque Napoléon devait être estampiller ce qui ajoutait de la valeur a son contenu, voyant ma tête incrédule il se leva du magnifique canapé louis XV blanc a tapisserie en soie de Lyon et sortie du salon, je resta la en présence de sa femme a contempler le plafond blanc garnie de staffs et une rosace a chaque angle, et mon regard s’arrêta sur la superbe cheminée en marbre marron sur laquelle cadre doré portant une photo de Marie et Paul assis a table sur la Terrace du château une niche en bois d’ébène a leur pieds visiblement garnie de soie peinte en style chinois et un petit dog Français noir sur les genoux de Madame Chaperon, lors ce que la porte s’ouvra je vis l’homme un sourire en coins revenir vers moi, je pose ma tasse sur la table basse laquée et a ce moment je rigole seul en repensant a Madame Chaperon qui recevait son médecin dans son boudoir chinois qui devait sans doute avoir le même genre de mobilier et quand le médecin écrivait son ordonnance sur la table la laque restait coller au dos de la feuille, et voyant la gêne embarrasser du médecin connaissant sans doute la valeur d’un tel meuble recollait du bout des doigts ce qui s’était détacher et pour le rassurer et surtout faire taire certaines rumeurs sur laquelle on prétendait a juste titre pourtant la fortune de Madame, elle s’empressait de dire ne vous inquiétez pas c’est un faux, a cette évocation mon hôte s’exclama sa ne m’étonne pas de tante Marie. Il me tendit la main poing fermer et me dit approche ta main, je m’exécute et il retourne la sienne sur la mienne et laisse tomber son contenu dans ma main ouverte, il me répond voilà un souvenir qui peu peut être te plaire, il me donna une de ces fameuses pièces, j’en revenais pas, moi qui venait le voir simplement pour parler du château d’Issou et qui avait accepté son invitation avec hésitation de peur de déranger, il m’offrit cette chose qui sans nul doute avait dû passer par les mains non seulement de Marie, mais sans nul doute de Paul et d’Aymar le père de Marie, car cet argent venait de la famille Thonier. Il me regarda et dit je te la donne, car pour être totalement franc avec toi, elle ne peut être vendue comme les autres, car c’est une du lot qui a reçu un coup de pioche et elle est complètement rayée elle ne vaut plus la même somme, je t’aurais bien donné d’autres photos, mais je pense que tu préféreras ceci.

 

D’un côté j’étai vexer, car il me fit l’aumône et pensait que je ne venais que pour prendre parmi ses souvenirs, pour être franc je me serais bien volontiers contenté de quelques photos plutôt que cette pièce qui en final ne m'a pas porté chance, comme je lui avais dit je me contente que d’un prêt le temps de faire des copies de ses photos que je lui aurais rendues plus tard je ne voulais en aucuns cas de dons et d’un autre coté j’étais content de voir qu’il me donnait ce souvenir, mais je voyais bien également que je commençais a l’ennuyer avec toutes mes questions.

 

Je pris la pièce et il me fit voir encore quelques papiers qu’il avait du sortir la veille pour préparer ma visite, de nombreuses notes sur les caches diverses et variées, mais également des lettres des cartes postales de vœux d’anniversaire, et surtout un merveilleux album photo de cuire noir et or avec une serrure en argent et une élégante écriture dorée sur le dessus avec ces simples mots Photos, a mes yeux cet album très épais valait milles fois plus que la pièce que je serrais dans la paume de ma main qui devenait moite a la vue de cet album.

 

La première page me donna comme un coup de poing au ventre, cette photo je l’avais déjà vue il y a des années je vais la joindre dans ce blog sur une page réservée aux photos de Mme Chaperon c’était elle, assise sur un grand fauteuil de cheminée (grand fauteuil a large assise) regardant droit devant habillé de noir les pieds sur un repose-pied, dans le salon de Mr Chaperon, cette photo je la connaissais du fait qu’elle avait été dans les archives de l’ALJI (association laïque des jeunes Issoussois) qui avait entre autres un club photo dont Mr Sagnol fut le président et il eut accès a un moment donné a ce genre de photos par je ne sais quel biais, mais ici c’était l’original sans nul doute tiré par Mr Chaperon lui-même, sous cette vue je remarque qu’il y a une légende, « Marie après notre retour de Cérilly » cette écriture je la reconnaissais parmi cent, une écriture fine a la plume avec des peins et des délié c’était assurément l’écriture de Monsieur.

 

Et chaque page tournée était accompagnée d’un texte, je me souviens d’une assez mémorable celle d’une femme chapeautée et voilée de noir au volant d’une belle voiture noire qui avait l’air d’être paniquée, et juste dessous « Marie n’est toujours pas a l’aise au volant »

 

Des dizaines de photos, un album plein, que d’émotions, mais hélas le temps passe si vite dans ces cas-là, l’heure était venue de reprendre la route pour retourner chez moi. La suite de mes aventures vous sera contée très bientôt

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Published by amartinez - dans mes memoires
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