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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 12:47

En ce qui concerne les travaux, et le C.H.A.M,, leurs actions allaient maintenant se tourner vers un autre bâtiment qui n’est nul autre que le pigeonnier rond. Plus récent que le carré, mais tout aussi intéressant. Cette tourelle dotée d'un cadran solaire conserve quelques boulins au dernier étage.colombier-rond-10.jpg Le pigeonnier ou colombier était encore en fonction (comme château d'eau) jusqu'en 1984 environ. Cette année là, connut une période hivernale rude et fit sauter de nombreuses canalisations et c'est vers ce moment que la municipalité fit de la Lyonnaise des eaux le fournisseur de la commune et par ce biais apporter l'eau par tuyauterie sur le site du château. Le colombier a souffert de nombreux dégâts qu'ils soient dus aux intempéries ou bien à l'usure naturelle liée au manque d'entretiens comme à la dégradation humaine, mais aussi en ce qui concerne la façade, la nature et les plantes ont joué un rôle non négligeable. Nous avons vus que le colombier avait été couvert d'un tapis de vigne vierge sur toute sa façadecolombier-rond-07.jpg, qui ne manqua pas de piqueter le ravalement, la végétation alentour aussi poussant au bon vouloir de ses envies a aussi contribuée à l'affaissement de la clé de voute de la petite fenêtre du dernier étage. Un magnifique nid d'abeille qui avait élu domicile dans le linteau de la porte d'entrée du rez-de-chaussée. Les pompiers appelés ont réussi a délogé les habitantes non sans devoir creuser dans la pierre laissant ainsi une cicatrice qui va être reboucher que quel que 20 ans plus tard avec le travail de l'association.colombier rond 04 Ces jeunes ont eu un travail considérable, mais les Amis du château ont aussi travailler en amont. La cuve n'ayant plus aucune utilité il fallut la démonter donnant au dernier étage beaucoup plus de place pour pouvoir circuler. Un échafaudage encercla le pigeonnier de part en part, puis la dépose des tuiles plates pour enfin découvrir une magnifique charpente semi-conique du XVIe siècle. Le chantier progressera ainsi sur plusieurs années, en attendant entre deux chantiers le pigeonnier se voit recouvert d'une bâche puis à la belle saison, le chantier reprend de plus belle et la toiture petit à petit retrouve son lustre d'originecolombier carré 04. Les parties trop abimées sont remplacées dans le respect des traditions (matériaux, techniques... sont pratiquées à l'ancienne) un voligeage est posé sur l'ancienne charpente afin de pouvoir poser par dessus les tuiles plates. Parallemement, la lucarne ancienne est démontée des tailleurs de pierres en font une nouvelle et très élégante qui prends place redonnant du caractère au bâtiment. colombier rond CHAM 01 COLOMBIER 0166Ne reste plus que la façade a ré enduire en ayant pris soin de bien piqueter l'ancienne et bien sûr pensercolombier rond CHAM 06colombier rond CHAM 09 a laisser l'espace pour le cadran solaire qui lui va être restauré grâce a un concours gagné sur le patrimoinecolombier rond CHAM 08 et restcolombier rond CHAM 05auré par des professionnels du cadran solaire et a cette occasion ils nous ont informés que ce dernier n'est pas COLOMBIER 0165forcement bien orienté.COLOMBIER 0156COLOMBIER 0158

 

COLOMBIER 0155

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:45

Le chantier se poursuit doucement, mais surement, et on voit apparaitre un nouvel enduit sur la façade du pigeonnier carré, un nouveau problème allait apparaitre, en effet les tuiles plates allaient manquer. Certaines étaient trop usées pour pouvoir être changée, c'est alors qu'une idée vint, depuis de nombreuses années un autre chantier était en cours à Mantes-la-Jolie, le chantier de restauration de la collégiale, la toiture elle aussi en tuile plate, allait peut être pourvoir être utile sur le chantier d'Issou. Sans perdre de temps, la mairie et l'association du C.H.A.M prirent rendez-vous avec les architectes des bâtiments de France pour pouvoir voir ce qui pouvait être possible. C'est d'un commun accord que le chantier de Mantes allait donner toutes ses anciennes tuiles plates qui ne leur serviront plus ou qu'ils voulaient changer, nous allions les récupérer pour Issou. Le chantier allait reprendre de plus belle et c'est un jour de ciel bleu que le chantier du pigeonnier carré allait finir, un grand repas a l'ombre des marronniers allait le clôturer. Le pigeonnier carré a retrouvé son aspect d'antan un nouveau regain de jeunesse. Après ce chantier-ci, un nouveau bâtiment allait être restaurer, mais par le biais de la mairie ce coup-ci, l'orangerie bâtiment qui en a aussi vraiment besoin.

orangerie-affiche.jpgorangerie avant

Depuis plusieurs années déjà, la toiture laissait passer la pluie plutôt que la retenir, créant ainsi des trous dans les planchers et les plafonds de l'appartement du dessus.

orangerie plafond 01orangerie salon appartement 02

 Les boiseries aussi, même si elles sont encore présentes et c'est d'ailleurs l'un des derniers endroits où on peut en voir, souffrent un peu plus chaque jour.

orangerie20.jpgorangerie-Travaux-03.jpg

 C'est là rappelons-le que vivait le Marquis de Mathan. Cet appartement laisse encore voir que bien qu'il soit en très mauvais état, l'endroit devait être réellement bien agréable à habiter.

 

orangerie Travaux 01

 La toiture a été retirée, la charpente déposée, car le bois était pourri par l'eau.

 orangerie34.jpg

 Orangerie-apres.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà une fois les travaux achevés.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 16:15

Retours sur la chronologie du château 1990-2000

 

Après mon désir de démissionner (et non pas licenciement comme on veut bien le laisser croire) je me suis orienté dans un tout autre domaine d'activité, mais je gardais la passion pour le château, de nombreuses choses allaient encore s'y produire. C'est en 1998 que le chantier de restauration du pigeonnier carré commença, une équipe nommée C.H.A.M : L’association nationale Chantiers Histoire & Architecture médiévale (C.H.A.M.) œuvre depuis trente ans pour la défense du patrimoine bâti. Cham

 

Son action se caractérise par l'organisation de chantiers de bénévoles ou de volontaires et de chantiers d’insertion en France métropolitaine, en outre-mer et à l’étranger. Elle mène également des actions d’éducation au Patrimoine et des activités pédagogiques et techniques, en lien avec les établissements scolaires et les collectivités locales.

 

Ouverte à tous, sans distinction, elle s'adresse aux personnes volontaires, motivées et désireuses de participer à un projet collectif de défense et d'animation du patrimoine historique tout en acquérant un savoir-faire en matière technique.

 

Depuis sa création, l’association a assuré la conservation, la restauration et la sauvegarde plus de 150 sites, inscrits ou non à l’inventaire des Monuments historiques, en France métropolitaine et en outre-mer. A l’étranger, elle s’est engagée sur des sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Elle bénéficie d’un agrément national de Jeunesse et d’Education populaire et d’une reconnaissance du ministère de la Culture (direction générale des Patrimoines).

 

Cette association s'est donc intéressée au site d'Issou et ce, grâce à Nadège il faut bien l'avouer, qui s'est elle même impliqué à fond dans le projet. Je me suis moi-même mis sur le projet de restauration qui me paraissait merveilleux, leur but était de restaurer tout le site, mais commencer bien évidemment par le plus vieil occupant du parc.

 

Les travaux commencèrent si mes souvenirs sont bons vers Pâques, de nombreux jeunes sont venus d'un peu partout, j'ai souvenir de certains comme Heïke une jeune fille d'origine allemande (qui traduisit le mot soit disant laisser par un Allemand lors de la 2nd guerre pour Nadège et moi) avec qui d'ailleurs j'ai entretenu une correspondance après son départ du chantier, il y avait des Bretons, des gens de la proche banlieue parisienne, etc. le tout dans la bonne humeur. Les travaux avançaient bien ils ont piqueter la façade afin de refaire un enduis, ils ont démonter en partie la toiture, car la sablière avait bien souffert et remplacer des parties du toit. C'est alors qu'une personne du CORIF (centre Ornithologique Ile-de-France) vient à Issou, car il faut le rappeler le château est un endroit où viennent nicher les chouettes effraie entre autres, il a profiter du chantier pour faire installer un nichoir et un hutteau, le Cham perça une fenêtre pour que les chouettes continuent a venir sur place ainsi que de placer un nichoir dans le pigeonnier rond. Les travaux ont été suivis de nombreuses années le travail était en étroite collaboration avec la mairie surveillant d'un oeil bien veillant les travaux et fournissant le matériel nécessaire au bon fonctionnement de l'association. C'est d'ailleurs sur ces chantiers que je fis connaissance d'un de mes meilleurs amis avec qui j'entretiens toujours des relations très importantes à mes yeux. Jean Baptiste Martin, nous avons déjà évoqué son nom ici. Jeune homme doué pour l'art et ayant un don pour le dessin et la peinture. Il est tombé amoureux fous des vieilles pierres d'Issou, et nous sommes devenus amis assez rapidement. J'ai quelques oeuvres faites par lui que j'ai mises en ligne ici comme l'aquarelle du colombier rond faite en 1998 lors de son stage au château. Il s'est vite avéré que JB allait avoir un rôle dans l'amitié qui a l'époque nous liait Nadège et moi, nous l'avons alors tout naturellement incéré dans notre "duo" faisant ainsi un trio plus ou moins inséparable lors de nos visites au château. Nous avons passés des heures entières a refaire l'histoire et évoquer le souvenir de Mme Chaperon, nous la faisions revivre en quelque sorte, il était friand de photos anciennes et de cartes postales, je ne ratais pas une occasion de lui faire partager mes nouvelles découvertes qu'il regardait avec une insatiable faim d'apprendre, je lui parlais des anecdotes sur le château en différents temps, des "secrets" que les murs avaient bien pu voir ou entendre s’ils avaient des yeux et des oreilles. Après avoir fait découvrir à Nadège le haut parc et son petit pavillon de repos je ne voyais pas pour quoi j'allais le cacher à JB, qui chaque jour nous montrait un peu plus son amour pour les lieux, mais nous y reviendrons plus tard. Car après qu'il eut découvert le site, et apprécié ce qu'il voyait, il décida que sa semaine "d'apprentissage" avec le cham n'allait pas suffire, il voulut donc faire le stage complet à savoir deux semaines, le problème est qu'il n'avait pas prévenu ses parents qui virent finalement d'un bon oeil le fait qu'il reste ici avec nous. Le chantier continua dans la bonne humeur et les travaux avancèrent plutôt bien. Lors de la finition du piquetage nous nous sommes rendu compte que sur le mur intérieur, dans l'angle qui donne sur la rue du Cocriaumont il y avait une ancienne meurtrière qui avait été comblée, c'est donc tout naturellement que le Cham s'est proposé de rendre un aspect plus ou moins d'origines au bâtiment, tout comme abattre le mur qui avait été construit bouchant ainsi une des entrées du pigeonnier carré.

Cham 2 

 

Il y a eu aussi le passage obligatoire du nettoyage des tuiles plates du toit, chaque tuile a la main, en effet après la dépose de la charpente il fallut penser a ça réouverture, mais avant de remettre les tuiles qui étaient couvertes de mousse il fallut bien évidement les nettoyer a l'eau et au vinaigre avec l'aide d'une brosse métallique... Le chantier pris place dans le garage à carrosse, où toutes les tuiles ont été entreposées, ce garage venait d'être remis hors d'eau grâce a une couverture faite par Andé Lettellier

alors employé municipale. CHAM 1999 01

Cham3 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 21:14

Ces extraits de lettres ont été prêtés par un proche de la famille de Mathan d’une branche encore en vie, pour une raison de confidentialité évidente et sur sa demande express, je ne donnerais pas son nom, voulant être tout à fait exclus de toute demande ultérieure sur ces documents, nous apprenons donc la vie à cette époque, coulant douce et tranquille, pour les fortunés, bien moins agréable pour les paysans, cela nous le savions déjà ben évidemment, ce qui a été rapporté ici n’est que quelques extraits des longues lettres envoyées entre Issou et Paris, Issou et Rouen et Issou et la Bretagne. Je suppose qu'il doit être question d’un chaperon apportant une jeune fille à marier de sa province vers Issou, sans doute à un fils de Mathan, ou un membre de cette dernière à un noble des environs. Je n’en sais pas beaucoup plus, d’autres papiers vous seront ainsi révélés très prochainement sur la même période. Par respect pour le propriétaire actuel, je n’ai fait aucun scan de ses lettres et papiers divers qu'il eut l’extrême gentillesse de bien vouloir me céder quelque temps, mais je vous laisse imaginer l’émotion que j’ai eue feuilletant ces archives.

 

Ces textes n’étant pas toujours très clair, aussi bien dans leur composition que dans leurs déchiffrements, j’ai donc essayé de les retranscrire au plus près de la réalité, en essayant un maximum de ne pas dénaturer leurs contenus. Certains mots que je n’arrivais pas à lire ont été remplacés par des mots que j’espère le plus proches de ce que l’écrivain a voulu dire.

 

Je me suis perdu dans l’immense quantité de papiers que cette personne avait sur le château, j’apprends donc que la source qui aujourd’hui encore coule au Nord s’appelait « source des roches » que déjà elle s’ensablait beaucoup, que la glacière avait une toiture de chaume, aujourd’hui elle est recouverte d’un couvercle formant une voûte de pierre elle-même recouverte de terre comme il est coutume de les voir aujourd’hui, elle possède et possédait déjà un sas, une double porte, ainsi qu’un puits d’évacuation central, refoulant l’eau vers la rue du pont alors appelée rue du village, dans un feuillet que je n’ai pas recopié tant il était riche de détails techniques on nous raconte que l’hiver « Margoulins et gueux ( termes peu flatteurs) venaient au château pour y être pris afin de piquer le bord des étangs, lacs et autres fossés près et autour du bâtiment par le moyen d’épieux (grands pics, je suppose) si bien faisant que le fait de les retirés par le temps froid laissait fort aise le bris de glace » nous apprenons qu'ils avaient des agrafes, sorte de grands piques de métal qu’ils tiraient des mares et fosses gelées vers une grande « charrette dûment paillée » le tout assez rapidement et que le plein est aussi vite conduit vers la glacière, ce travail rapportait aussi bien que les champs visiblement et certaines années il y avait plus de monde que de glace à prendre.

 

Cette histoire nous apprends aussi qu’il y avait déjà des fossés en eau tout autour du château, qu’il passait devant l’appartement de Mr le Marquis ( je rappelle qu’il ne vivait pas au château même, mais certainement dans le logement au-dessus de l’orangerie actuelle) et faisaient le tour du château tant et si bien qu’il fallait passer sur un pont de pierre pour arriver sur la terrasse, ce pont de pierre était fermé d’un coté ( château) par une grille de fer a barreaux droits, une main courante elle aussi de fer parcourait toute sa longueur. « … Ce pont enjambe les fossés en eau courante ».

 

Je suppose que ce pont doit avoir un vestige, qui doit être les douves actuelles, coté église, qui sont recouvertes et qui donne aujourd’hui l’impression qu’elles font partie intégral de la terrasse.

 

Nous apprenons aussi que dans le moyen parc une fontaine d’eau vive était en place, un lavoir aussi, dans la cour de la métairie aujourd’hui plutôt élégante, autrefois accueillait le purin des animaux et certainement de la fosse d’aisance du château lui-même.

 

A noter que des sanitaires étaient aussi dans cette même cour, plus ou moins en face de l’actuel garage aux carrosses le long du mur de clôture de ladite cour.

 

Déjà une allée d’arbres la séparait de la cour d’honneur, il est évident que ce ne sont pas ceux d’aujourd’hui qui vraisemblablement ont été plantés vers 1900.

 

Nous apprenons aussi les mœurs au château en ce temps-là, sur une des lettres il est dit que le curé d’alors, Mr Maheu « … est bien des fois au château… » et qu’il « cherche toujours après Madame… » visiblement son attitude faisait planer des doutes sur ses intentions, et que cela devenait « … gênant… » Que penser donc, nous savons aussi qu’au château une petite chapelle dédiée a Sainte Anne était en fonction et que c’est ce même père Maheu qui la consacra il ne faut peut-être ne pas voir le mal partout…

 

Nous passerons sur les humeurs assez changeantes de Monsieur le Marquis, qui bien d’apparence austère avait les mœurs allant de paire. Faut il aussi rappeler qu’ils eurent la douleur de perdre un enfant aux dires des contemporains l’atmosphère n’était que d’autant plus lourde. Madame qui visiblement tenait les affaires du domaine plus que Monsieur, avait la fâcheuse tendance à ce mettre les paysans à dos, le braconnage n’avait aucune pitié aux yeux de la marquise, nous avons vu un florilège de mots d’époque « cul vert, monte-en-l’air, peine à jouir, fils de prêtre… » voilà ce qu’écrit la personne des lettres outrée de les avoir entendu prononcée par un homme conduit devant la Marquise après s’être fait prendre.

 

Les bâtiments aussi ont eu quelques descriptions, on sait que le grand salon de réception et la salle à manger actuelle servaient de salon, que le passage pour se rendre à l’étage supérieur se faisait par là, « … une rampe de pierre menait à l’étage… »La porte donnait sur la cour de derrière et permettait l’accès à la rampe. Les sols étaient dallés de noir et de blanc, je pense que cela devait être de la pierre non pas du marbre tel qu’il l’est aujourd’hui au niveau de l’entrée et du couloir de service. Pareillement, l’entrée au château ce fait par trois cours, les bâtiments de la métairie et du logement du régisseur existaient déjà, mais il y avait d’autres petits bâtiments aujourd’hui détruits en prolongement du garage à carrosses du colombier situés derrière le château, servant de remises le tout couvert non pas d’ardoise, mais de tuiles semblables au pigeonnier rond ou carré.

 

D’énormes travaux ont été faits lors de la reprise du domaine par les Mathan, comme convenu par l’acte de vente fait par le Duc de Bouillon, la vente ce fit pour une somme plutôt modique, mais la somme ajoutée aux travaux et au mobilier donna en final une somme plus ou moins égale à un achat classique.

 

Par mis ces travaux il y a :

 

« … Le rétablissement du pavé et de la fontaine de la cour de l’abreuvoir dont les eaux se perdent sous le pavé, et pour prévenir les dommages que les eaux causeraient au mur de terrasse.

 

Au rétablissement de l’escalier en pierre qui monte aux greniers et chambres des domestiques au-dessus de la vacherie de la cour deuxièmement déclarée.

 

En la réfection à neuf de la fosse d’aisances, voûte d’icelle, et puisard qui reçoit les eaux de la cuisine, ladite fosse adossée au mur de séparation des deux cours.

 

À la réfection à neuf de l’escalier qui monte de la cour basse à la cour haute, de même que le mur de terrasse dans la longueur de 36 pieds sur 16 de haut et le rétablissement du bâtiment au-dessus à ce sujet.

 

Et la réfection à neuf des deux souches de cheminées au-dessus des remises de la cour haute.

 

Au rétablissement du parquet du salon au rez-de-chaussée du château en 3 toises de superficie, et la pose d’une marche de pierre au perron sur le jardin en fourniture.

 

A l'abaissement de la cour au derrière du château où est la source d’eau des roches en 3 pieds de haut réduire, et 57 pieds de long sur 44 de larges faire à neuf le pavé, dégager le sable sous les roches, y faire deux petits murs pour empêcher les sables de foirer à droite et à gauche, faire un aqueduc pour la conduite des eaux jusqu’aux fossés où elle se décharge, le tout pour prévenir l’humidité considérable qu’occasionne cette source aux pièces qui l’avoisinent.

 

Au rétablissement de la couverture du logement du jardinier et la réfection à neuf du mur de clôture de la cour de la maison en 4 toises de long sur 7 à huit pieds de haut et la fourniture d’une porte et ses ferrures.

 

Aux rétablissements des pressoirs et leurs couvertures, fourniture d’une vis et de plusieurs jumelles et d’une porte charretière à côté de la glacière.

 

En la fermeture et clôture du boulingrin, au bout du parterre et au-delà du chemin de 24 pieds de long sur 9 à 10 pieds de haut, en y observant une baie avec piédroit de pierre, fermée de grille de fer, et à l’autre bout dudit boulingrin, vers ensuite le chemin de Paris pareille clôture en 51 toises de pourtour compris le saut de loup avec pareille baie en grille pour ménager le point de vue du château.

 

».

 

Plusieurs choses sautent aux yeux dans l’extrait ci-dessus, boulingrin, ce dit d’un grand parterre de gazon raz, où l’on peut jouer aux jeux d’extérieurs, dont le parc d’Issou était encore pourvu après le Duc de Bouillon, ses aménagements sont restés jusqu’en 1880 plus ou moins, cette étendue partait juste après le pont et allait mourir au saut de loup, qui lui aussi était déjà là.

 

Nous l’avons lu aussi plus haut dans une des lettres, la glacière avait juste à ses coté des appentis qui contenaient les pressoirs, il y en avait 5, ce bâtiment est toujours attenant au parc, c’est la grande porte en coulissante en bois, juste à côté de la grille dans la rue du pont, juste avant celui-ci, sur la droite quand on ce dirige vers la mairie.

 

Revenons à l’arche qui est dans la rue du Cocriaumont, cette arche bâtie en pierre obturait le passage des voitures, elle laissait juste passer un homme debout ce qui causa le demi-tour de la voiture à cheval de notre écrivain.

 

Dans ça première lettre elle pare de leur arrivée sur Issou par le Cocriaumont, et de « … l’homme de terre… » vivant à l’angle de la rue, veut-elle parler de la ferme qui ce situait juste face au colombier carré ? Ces terres nous le savons font et faisaient partie du haut par cet à cette époque intégralement partie du domaine, est il possible qu’elles aient été aidées par un des domestiques du château sans le savoir ? Plus une ligne n’a jamais reparlé de cet homme.

 

Il est question de deux femmes dans ces lettres une certaine Elizabeth et une Augustine, qui sont-elles ? Mathurin le laquais de voiture, Agathe est une domestique ou une femme de chambre pour avoir eu des propos sur le château lui-même, j’ai appris au cours de mes recherches à vouloir élucider la romance qu’il y aurait sois disant eu entre le Duc de Bouillon et la Pompadour, une romance et un beau conte pour enfant visiblement, il est souvent question dans l’histoire du XVIIIe d’évoquer le Duc de Bouillon et la Pompadour marchant cote à côté au château d’Issou, ces histoires relèvent visiblement de la légende, un texte relate une sortie de la belle Marquise et de Louis XV accompagné du très illustre Duc de Bouillon.

 

Il est dit que le Duc faisant passer ces invités pour une destination qui m’échappe, par ses propriétés récemment remises en état prévoyant ces déplacements, et c’est pour plaire a leurs yeux qu’il aurait faits ces nombreux travaux, il paraîtrait que le Duc de Bouillon fit placer dans toutes ses demeures des portraits de la Marquise, non pas pour lui plaire à elle, mais certainement pour rentrer dans les bonnes grâces du souverain, en effet le Duc ayant toujours mené grand train n’en était pas moins sur une pente raide au niveau des finances. Quoi qu’il en soit, le carrosse n’est jamais passé par les terres Issoussoises, ce qui explique sans doute le peu d’intérêt pour le château d’Issou proprement dit et la somme qu’il a fallu débourser pour la remise en état des lieux par la suite, il faut aussi dire qu’il passait sans doute plus de temps à Montalet qu’à Issou. Le fait incontestable est qu’il a bradé le mobilier du château (CF inventaire de 1765). Est-ce une preuve de son manque d’attachement ou bien un besoin pressant d’argent ? Il est dit aussi que dans certaines pièces du château, surtout en bas, des peintures sont à même le mur et que le cadre est un câble de cuivre, faisant le tour de la peinture, ces dernières représentent des scènes bucoliques dans le parc lui-même, il y en a même un représentant le château dans une période reculée.

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 19:52

Il est un lieu où les arbres protègent comme un écrin une bâtisse, logée dans le creux de leurs branches à l’abri des affres du temps, ce domaine porte le nom de château d’Issou, dans la commune du même nom.

 

Cette demeure, a vu passer de grands noms de l’histoire, le Duc de Bouillon et son caractère bien trempé, le comte de Mathan le mal-aimé du village, le puissant prince Beaufremont de Courtenay, le non moins puissant Nicolas de Harlay de Sancy, le bien-aimé Monsieur Boreel et sa famille, dont l’église raisonne encore de la grande fête donnée en l’honneur des épousailles de sa fille. Monseigneur Brochant de Villiers également propriétaire du château de Mantes, aujourd’hui disparu. Jusqu’à la famille de Dampont, qui eut le domaine durant au moins cinq générations.

 

Les pierres raisonnent des rires des jeunes filles jouant sur le boulegrin du bas parc, les arbres-témoins des marches dans les allées verdoyantes menant du château au bas parc, ce parc justement qui donnait de longues heures de promenades tant ses bosquets furent agréables, les jardins aménagés par les nombreux soins des jardiniers, voulus, selon la légende sur un caprice du Duc de Bouillon vers 1750 pour le plaisir de la Pompadour. La géométrie parfaite, des bosquets mêlés aux différentes variétés d’arbres formaient des hautes et basses futaies, la quasi-intégralité du parc était aménagée à la Française, le peu d’espace ne l’étant pas, avait pour but de potager avec un grand bassin carré central, un boulegrin permettant les jeux de plein air, partant de l’arche et allant à perte de vue vers la route de Paris, avec au fond la vue sur le château de Montalet, donnant l’impression d’une miniature posée sur la pelouse centrale. Comme le dit une lettre récemment retrouvée( très récemment j'ai eu la chance de me voir offrir une pile de lettres anciennes écrites au château d'Issou de temps en temps je vous ferais part de leurs contenues) :

 

« L’été, qu’il est agréable de passer du temps près du grand bassin, son grand jet d’eau nous rafraîchit les jours de grand soleil, souvent, je m’asseyais sur l’un des bancs de pierre, contemplant la façade du château à travers le remous de ce jet, déformant les lignes droites en courbes selon la force de l’eau jaillissante.

 

Sur les 4 bassins, celui-là a ma préférence, tant par sa situation, à mi-chemin entre le château lui-même et l’arche, donnant un point de vue qui ravit l’œil et le cœur. (… Mots illisibles) et toutes ces variétés (….) qui ouvre l’appétit. Si tu savais ma chère sœur (…) ce lieu que j’aimerais tant, partager avec toi, est délicieux (….) »

 

A en croire ces mots, il est bon d’y vivre en effet.

 

L’eau étant un sujet délicat, avait pourtant fait lieu d’une transaction entre les habitant d’Issou et les châtelains, nous nous souvenons qu’en 1830 un traité avait été ordonné disant que la moitié de l’eau recueillie devait revenir aux Issoussois, alors le bassin dont il est question ci-dessus aura un rôle important pour les habitants de l’Est d’Issou, le trop-plein sera dérivé dans l’angle de la rue de l’église et la rue du carrefour passant ainsi sous le mur du parc, et allant desservir un abreuvoir, l’excédant passera sous une maison et ira aussi alimenter celui de la rue du Soleil Levant.

 

Aujourd’hui, ce lieu féerique pour les gens de bonne naissance ne ressemble plus à ces descriptions idéalisées, les arbres sont toujours là, mais ils ne protègent plus qu’une ruine souffrante, la pluie ravage les murs du château, ravagent aussi son intérieur, les planchers par endroits, ne servent plus que de décor, ils ne soutiennent plus rien, marcher dessus garanti un aller simple pour l’étage inférieur, la façade ne conserve que les 5 mascarons, le reste de style Trianon est tombé il y a longtemps, des arbres poussent sur la toiture, la partie Nord est tombée laissant un trou béant laissant apparaître les 3 étages comme une plaie ouverte.

 

Les bassins ont disparu depuis des lustres, les sources se sont taries, le vestige d’une pièce d’eau avec le reste d’iris mourant de sécheresse font peine à voir, les abreuvoirs ont également été rasés l’urbanisation a eu raisons d’eux, la dernière preuve n’est que cette photo, ci-dessous, c’est bien maigre.

 

La flèche rouge montre où partait l’eau, les deux courbes montrent le reste de l’arche.

 

Comment en sommes-nous arrivés là ? La folie des hommes, inconscience d’une femme, les priorités financières autres que le patrimoine, le temps passe et le château diaprait petit à petit, que va devenir le site, si rien n’est fait dans quelques années il ne restera que les pierres au sol pour nous remémoré le château d’Issou, ne laissons pas faire comme à Montalet, détruire un château, chaque pierre qui tombe est une partie de l’histoire qui s’efface.

 

Aujourd’hui la somme pour les réparations est énorme, 9 millions d’Euros sont nécessaires pour la réhabilitation de ce site, plus le temps passe plus la somme monte, nous sommes dans l’incapacité financière d’assumer les travaux au niveau de la mairie, un mécène serait il assez généreux pour aider à la réflexion du site ? La mairie laisserait elle un particulier prendre en mains le château, serait elle capable de vendre le bien historique ? Ou préfère-t-elle continuer à vouloir le garder coûte que coûte au risque de le perdre totalement, je me suis maintes fois dit que j’aimerais me porter acquéreur du bâtiment et de le restaurer selon mes moyens, il est sûr que cela prendrait du temps, soit, mais ce serait le projet d’une vie, en achetant le domaine, je m’engagerais de laisser aux publiques le parc, et une fois les travaux fait de céder à la mairie le bâtiment comme musée ou autres lieux culturels.

 

Je sais que je n’aurais jamais d’enfants, pas de descendants voilà qui ferait une bonne action.

 

De nombreuses années sont nécessaires pour ce projet, j’ai actuellement 31 ans, il ne faudrait pas mettre encore trop d’années pour réaliser ce rêve, ce doux rêve....

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 21:29

Montage-jardin-bouillon-03.jpgMontage-jardin-bouillon-04-copie-1.jpg

        Ci-dessus, à gauche les jardins du château d'Issou tel qu'ils devaient être lors de la vie du Duc de Bouillon, à droite le parc tel qu'il est aujourd'hui, parmi les changements entre aujourd'hui et 1750, ce qui saute aux yeux bien évidement ce sont les jardins qui à cette époque étaient totalement aménagés dans un texte de 1763 il est dit que le parc du château possède de part et d'autre de la 3e terrasse des bosquets des futaies et des bois ainsi que des jardins il faut aussi dire qu'il y a au moins 3 bassins qui ont disparus un premier carré qui était dans le petit potager, un second doté d'un grand jet dans le centre du moyen parc, en bleu sur le plan de gauche. Une fontaine à eaux vives, un lavoir dans la cour à fumier,à l' entrée du moyen parc, aujourd'hui cour pavée, il est dit aussi dans ce texte, que le moyen parc communiquait avec le haut parc par une arche double, passant au-dessus de la route principale, cette route n’est nul autre que l’actuelle rue du Cocriaumont, cette arche a disparu lors des travaux de creusement de la voute sous la rue du Cocriaumont, il en reste aujourd’hui qu’une petite partie visible encore, observez bien juste dans le dos du château le long du mur, il y a une légère boursoufflure des rangées de pierre élargissant le mur, vestige de la naissance de la première des deux structures cintrées, cette ultime preuve du passé a souffert lors du rabaissement des murs qui enserre le parc, en effet les murs étaient plus haut qu’aujourd’hui, mais pour rentre dans les quotas actuels il a fallu les rabaisser, ce qui causa la défiguration de l’aspect originel, car ces murs finissaient par environ 4 rangées de briquettes rouges et des chapeaux de pierre venait régulièrement couronner son sommet , autre chose la rue a été élevée lors des travaux premièrement de la voute puis lors du passage du trappil beaucoup plus récemment. Les deux vues qui suivent sont simplement une illustration de ce que cela pouvait donner, je sais que les proportions ne sont pas bonnes, mais dans l'urgence voilà ce que ça donnait sans nul doute

moyen-haut-parc-01.jpgarche-haut-parc-02.jpg 

A suivre ....

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 20:18

    Ce qui va suivre sont des plans, des dessins, sur des détails des communs aux alentours du château, tel l'orangerie ci-dessous

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    Ci-dessus, un détail sur les palissages contre la façade de l'orangerie chaque fenêtre en voûte d'ogive (façade Sud), étaient recouverts d'un palissage comme celui-là.

façade orangerie 1950

Ci-dessus, la porte d'entrée de l'orangerie, en bas à gauche, un petit fossé permettant de recueillir l'eau de pluie des gouttières de la façade Nord, contre ce fossé un petit jardin surélevé de style à la française, le muret de ce jardin portait un chaperon de pierre sur toute sa longueur, sur ce dernier des vasques étaient posées voir photo ci-dessous. Sur la façade Sud, un banc de pierre permet de s'assoir face au jardin, au fond le mur de séparation entre le jardin de l'orangerie et le passage qui amène sur le jardin pentu du régisseur.

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    Cette photo prise en 1971, montre sous la vasque le chaperon de pierre sur lequel est posé la vasque, nous pouvons aussi observer juste au-dessus de la vasque, le poteau de pierre formant le jardin à la française communément appelé jardin du curé, au sommet du pillé une corbeille de fleurs en pierre posée dessus.

jardin orangerie

 

 

Ci-dessus, un dessin approximatif du jardin derrière l'orangerie la ligne verte est l'espace de séparation entre la façade de l'orangerie et le jardin lui-même, le cercle blanc en haut à gauche est une colonne qui supporte une autre vasque de pierre, colonne de style corinthienne elle-même adossée sur le mur de séparation, à l'extrémité du jardin le carré blanc est le socle de la naissance de la Vénus, statue de marbre blanc.

pigeonnier-carre.jpg

    Ci-contre, un plan du pigeonnier carré, qui a longtemps servit de remise au bois de chauffage, sous le Duc de Bouillon déjà, et lors de sa restauration, en 1999, des énormes morceaux de charbon ont été trouvés au rez-de-chaussée, les flèches indiquent des points de sorties, N° 1 pigeonnier carré, N° 2, terrasse verte, N° 3 une des contres allées dont la partie Est servait de petite terrasse de repos avec des bancs de pierre, N°4 une porte de sortie (murée aujourd'hui) pourvue d'un petit toit de tuiles plates.

plan bs parc

    Ci-contre, une représentation du bas parc, sous Madame Chaperon, N°1, le pont, N° 2,3, 4, le potager verger avec les points sombres qui sont les serres, un miroir de réchauffement dans chaque partie, les points bleus, N° 5, le grand bassin alimenté par la pièce d'eau du parvis du château, N° 6, la maison du gardien du bas parc, N° 7, la grille d'entrée, N° 8 le pavillon de repos octogonal, N° 9, les anciens greniers a grains, N. ° 10, le cèdre du Liban, N° 11 la statue du bucheron.

plan situation chateau01 

 

   

Maintenant, voyons un plan d'ensemble des abords direct du château, N° 1 la pièce d'eau, N° 2 la tourelle Est du château, N° 3, l'emplacement des cuisines du milieu du XIXe à 1999 aujourd'hui, une cour comme était le château depuis le Duc de Bouillon, N° 4, la descente des douves et la cave à charbon en dessous, sur le dessus, l'entrée du château, N° 5 le colombier rond, N° 6, le garage à carrosse ? N° 7, la cour pavée N° 8 l'orangerie en dessous et au-dessus l'appartement semi-octogonal, N°9 l'appartement, N° 10 le passage et les écuries au fond, le logement du régisseur, N° 11, le jardin de l'entrée N° 12 le jardin de l'orangerie, N° 13 les douves et l'accès à la pièce d'eau.

 

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 11:13

Inventaire de meubles

Au château d’Issou (1765)

Par M. Graves,

Membre de la commission

 

 

A 6 kilomètres de Mantes, dans le canton de Limay, à proximité de la route de Meulan, d’où on l’aperçoit blanchissant en plein soleil au bout d’une immense pelouse délicieusement encadrée de beaux arbres, se trouve le château d’Issou, jolie construction du XVIIIe siècle, située en terrasse au milieu d’un des plus beaux parcs de la région. Aujourd’hui propriété de M. le comte de Jean, il appartenait vers 1750, au dis de Bouillon ; on lira tout à l’heure la liste très longue de ses titres.

Par suite de circonstances qui ne sont pas connues, le grand seigneur avait vendu, avant 1764, son château d’Issou, tout voisin de son autre château de Montalet, aujourd’hui détruit, au comte de Mathan. En 1765, il avait cédé en outre, par un acte séparé, moyennant 40 000 Livres, tout le mobilier du château à la comtesse de Mathan.

Voici,  d’ailleurs, le préambule de cet acte très considérable et très important qui fait partie du chartrier d’Issou, et dont M. le comte de Jean, nous a gracieusement permis d’extraire un grand nombre de précieux renseignements sur le mobilier d’un château de cette époque.

 

« Par-devant les conseillers du Roy, Notaires au Châtelet de Paris, soussignés, furent présents, très haut, très puissant et très illustre prince, Monseigneur Charles Godefroy de la Tour d’Auvergne, par la grâce de Dieu, souverain de Bouillon, vicomte de Turenne, duc d’Albret et de Château-Thierry, comte d’Auvergne d’Evreux et du Bas-Armagnac, baron de la Tour Olierrgues, Moringue et Montgaçon, seigneur de Créquy, Wembercourt et autres lieux, Pair et grand Chambellan de France, gouverneur et lieutenant général pour le Roy du Haut et Bas païs d’Auvergne, demeurant à Paris, en son hôtel, quay Malaquais, paroisse Saint-Sulpice, d’une part, et Haute et puissante Dame Anne du Cluzel de la Chabrerie, épouse de Haut et puissant seigneur, Anne Louis, Comte de Mathan, Chevalier seigneur de Longvilliers, Trousseauville et autres lieux, lieutenant pour le Roy au gouvernement des villes et château de Caen, capitaine au régiment des gardes françaises et brigadier des armées du Roy, à ce présent, demeurant à Paris, rue Neuve des Capucines, paroisse de la Madeleine de la Ville-l’Evêque, la dite Dame Comtesse de Mathan, dûment autorisée dudit seigneur son mary, à l’effet des présentes, d’autre part. »

Le comte de Mathan, avait épousé Anne Ducluzel de la Chabrerie, en 1748. Elle était la fille d’un fermier général, et ce fut justement son père qui paya au Duc de Bouillon les 40 000 Livres montant de l’inventaire du mobilier.

Quant au Duc de Bouillon, il avait succédé, en 1754, au prince de Tingry, des Montmorency-Luxembourg, comme gouverneur de Mantes.

L’inventaire des meubles cédés à la comtesse de Mathan avait été dressé au mois de mai 1764 ; l’acte n’avait été régularisé qu’en 1765. celui qui en avait préparé les éléments était sans aucuns doute, un connaisseur émérite, car nous allons devoir à ses connaissances très sûres, plus d’un renseignement précieux, non pas tant sur le mobilier lui-même que sur les faïences et porcelaines de toutes sortes qui garnissaient en si grand nombre les diverses pièces du château d’Issou.

L’inventaire débute par l’office sous le colombier :

 

  • Au milieu des tables et des chaises se trouvait une fontaine « en jarre* », garnie de cordes avec un petit baquet dessous, un moulin à café accompagné d’un grand et moyen poêlon à queue pour griller le café, de quatre cafetières grandes et moyennes, deux théières en cuivre rouge, il y avait aussi un gaufrier et ce qui en dépend en bois. Dans les armoires et bas d’armoires, étaient rangées toute sorte de faïences commune, honnête et même de la porcelaine ; D’abord la faïence commune de Rouen, à faire rêver, bien que commune, le collectionneur le plus placide et le plus maître de lui : vingt-quatre plats creux et ronds de différente grandeur, vingt-quatre douzaines d’assiettes, quatre compotiers, deux saladiers etc. Notre expert ne connaît pas la faïence de Rouen, et il en énumère d’autre dont il nous fait connaître la provenance. Voici surtout la faïence de Sceaux trente-six plats creux longs et ronds, vingt-quatre douzaines d’assiettes creuses ou moins creuses, deux saladiers, deux saucières, deux sceaux à vin, deux huiliers. C’est là la faïence utile, quoique certainement décorée. Voici celle de fantaisie qui sert de surtout et d’ornement de table : En service de légumes de même faïence de Sceaux : Deux meulons, deux romaines, quatre gros choux, deux laitues vertes, deux laitues blanches, six artichauts, quatre bottes d’asperges, huit plats pour le service de ces légumes, quatre compotiers de fruits rassemblés, quatre pommes, quatre poires, quatre bigarades, quatre corbeilles à fruits rondes et longues, quatre brocs, deux sucriers en porcelaine de Chantilly, quatre sceaux à rafraîchir, de même porcelaine, des tasses à glaces avec leurs plateaux. N’est ce pas là, en effet, l’appréciation d’un fin connaisseur ? Il a bien soin de séparer les faïences de Sceaux de la porcelaine de Chantilly et la spécification devient ainsi très précieuse. Les pièces de pur ornement inventoriées sont aujourd’hui difficiles à classer, on les attribue à Moustier, à Marseille, à Delft, ou encore à d’autres fabriques ; Rouen, même s’est essayé dans ce genre. C’est la première fois, il nous semble, que Sceaux est indiqué, et d’une façon précise, dans un document contemporain, pour avoir fait cette sorte de faïence. Cela seul justifierait l’intérêt de l’inventaire que nous analysons.
  • Dans un passage : se trouve une armoire de chêne à deux battants, dedans, se trouvent comme au rebut différents animaux écornés en faïence de Sceaux. Encore une indication à retenir. Les porcelaines ne sont ni moins diverses, ni moins nombreuses. En porcelaine de la Chine, de Saxe, ou autre : quarante-huit assiettes, une jatte en compotier, deux plats à potage, une terrine avec son plat rond, dix-huit plats longs de différentes grandeurs, deux saucières, six pots-pourris de différentes formes, douze tasses à café avec leurs soucoupes, deux pots à sucre, deux théières, trois pots à lait de terre d’Angleterre, deux sucriers avec leur plat, une jatte à lait, deux gobelets de porcelaine, dix grandes et petites tasses de cristal, deux moutardiers de porcelaine, une planche garnie de toutes sortes de carafes etc. En porcelaine de Sceaux à fleurs : cinquante assiettes, une terrine longue avec son plat, deux plats à oreilles avec leur plateau, trente plats long et ronds de différentes grandeurs, quatre compotiers ovales, huit compotiers à coquilles et ronds, deux saladiers, deux pots à beurre, six coquetiers, deux réchauds à esprit de vin, etc. en tout, 108 pièces.
  • Dans un petit cabinet : deux petits coins de bois d’Amarante, garnis de flacons de cristal, de petites figures de chien de porcelaine.
  •  Dans une chambre : une chienne de porcelaine de Saxe, un pot à l’eau et une cuvette du pont aux choux, celle-ci, sortait de la fabrique de Louis Honoré de Lamare de Villars, établi rue Amelot.
  • Dans une chambre : un plateau de porcelaine de Chine à servir le café.
  • Dans une autre : Une caisse de glaces remplie de petites bouteilles d’odeur, de deux petits magots de porcelaine.
  • Ailleurs : Un pot à lait couvert avec son assiette, une encoignure en bois blanchi est garnie d’un pot à bouillon, de deux gobelets avec leurs soucoupes, d’une jatte de porcelaine, d’un pot à l’eau et encore d’une jatte du pont aux choux*

Voilà un inventaire de près de 1000 pièces de faïences ou de porcelaines qui se vendraient certainement aujourd’hui plus de 10 000 francs, soit le quart de la prisée d’alors. L’inventaire n’est pas moins précieux au point de vue du mobilier, et, au point de vue de la curiosité, nous n’avons que l’embarras du choix :

  • Une chambre :un lit à la Polonaise.
  • Une autre : Un lit en tombeau, la garniture est e, Siamoise de la porte ou bien comprend des bonnes grâces.
  • La salle à manger : Ornée de deux bustes de marbre de Rapport d’une urne de marbre sans couvercle, deux médaillons de marbre blanc.
  • Le salon de compagnie : Parqueté, à une cheminée de marbre commun, trois glaces en mauvais état, un petit lit pour les chiens, quatre cabriolets de canne et trois mellieux en bois uni garnis de tapisserie, un jeu de biribi avec ses tableaux et ses jetons d’ivoire, ses ceuillières, ses râteaux de bois et corbeilles d’osier sans fiches. Une table à quarille, deux tables à jeu de piquet, deux tables de trille, une table de brelan à cinq couvertes, tant bonnes que mauvaises, et un jeu de Trou-Madame.
  • Parmi les étoffes nous remarquons : Un grand fauteuil garni de tapisserie des Gobelins , une tapisserie en vieil damas de Caux, des rideaux de fenêtres en Siamoise, une tapisserie en vieille satinade et damas de Caux, une tapisserie de Camelot cramoisie*, une tapisserie en Pékin à fleurs de soie à fond jaune, des carreaux de bassin, des coussins de péne encadrée, des soies des Indes, des Siamoises de Rouen, flambées vertes et blanches.
  • Une chambre : Tapissée en papier d’Indes, un poudrier rempli de têtes à perruque,
  • Le pressoir : Deux pintes d’étain, l’une mesure de Gany, l’autre mesure de Mantes.

Ainsi qu’on le voit, comme tous les inventaires anciens un peu détaillés, celui du château d’Issou présente un intérêt véritable, tant au point de vue du mobilier que des objets communs, lors de la vente, mais qui seraient devenus, s’ils existaient encore, ce que nous appelons des objets de curiosité. Il est regrettable que la prisée ait été fait en bloc et que chaque article n’ait pas été estimé à part. Il n’est pas douteux, cependant, que les 40 000 Livres de l’estimation seraient de beaucoup dépassées, si ce mobilier princier pouvait aujourd’hui, devant une armée de collectionneurs, passer tout entier sous le marteau d’un commissaire priseur. Quel aubaine pour celui-ci, mais quelle fièvre pour ceux-là !

 

Mantes le 25 avril 1899.

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 17:05

       

Plus les années passent, plus je collecte des documents relatifs au château, mes archives personnelles s’étoffent, je monte un premier book, qui a beaucoup plu, mais il restait plutôt amateur, du haut de mes seize ans, j’avoue ne pas être calé en orthographe ni en tournure de phrases, vous l’aurez forcement remarqué !

La mairie me fit un autre honneur, bénévolement, mais sûrement, je suis nommé guide du château.

Les plus belles années sont devant moi, le pire c’est que sa marche, de nombreux Issoussois sont intéressés par mes visites, l’effet fait boule de neige, les visiteurs parlent à leurs amis de mes visites et chaque week-end j’ai du monde.

J’essaye de faire revivre l’espace de quelques heures, la vie du château, mes visites ne sont jamais deux fois les mêmes, toujours une petite anecdote sur la châtelaine ou sur la vie à cette période. Ce que je redoutais le plus, c’était de voir débouler les anciens d’Issou, un jour ça n'a pas manqué, je vois arriver nos chers anciens qui bien évidemment connaissent parfaitement l’histoire du château pour l’avoir vécu personnellement pour la plupart.

J’avais forcement le trac, mais à la fin de la visite, j’ai même eu le droit à des pour boires, que je refusais toujours catégoriquement, mais j’étais fier d’avoir bravé la mémoire de nos vénérables Issoussois et surtout fier de leurs encouragements et félicitations. Le test passé, j’ai été contacté par les écoles, et ils me proposaient d’organiser avec les écoliers une visite ludique et surtout historiquement enrichissante pour eux, une fois de plus le trac me guettait, après une longue réflexion qui dura bien 10 minutes, j’accepte cette grande mission.

Me voilà donc en face de 60 enfants et des deux enseignants qui les accompagnent pour une visite d’un après-midi complet. Le premier instituteur, Monsieur Durant, le second, Monsieur Bellot, la visite c’est très bien déroulé, j’ai eu le droit à quelques questions du genre :

-Est-ce que Marie Antoinette dormait ici ?

-Est-il vrai qu’il y a le fantôme de la Dame Blanche.

C’est vrai qu’une légende urbaine veut que le château soit hanté, mais la seule hantise qu’il y a vraiment, c’est de voir un beau matin le château par terre.

Les enfants ont été vraiment adorables, et nous avons passé un moment fort agréable.

L’association des amis du château se voit avec de plus en plus d’adhérents, et organise

 

 

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Ponctuellement, des chantiers de nettoyage et de restauration.

Le premier à ma connaissance, a été le nettoyage des gravats accumulés dans les nombreuses pièces du bâtiment, dû à l’effondrement des plafonds, nous nous sommes munis de balais et de pelles, nous avons vidé tous les morceaux de plâtre tombé et en accord avec la mairie nous les jetions par les fenêtres ainsi que sur le toit des cuisines, qui je l’avoue faisaient peine à voir.

C’est à partir de ce moment-là que je me suis décidé à laisser ouvert toutes les fenêtres et volets du château, à chaque fois que je m’y rendrais, histoire de faire respirer les murs et de sécher les différentes pièces, le problème c’est que toutes les poignées avaient été, soit vendue, soit volées, car, en effet, les crémones et les poignées étaient en bronze.

Je ramenais de chez moi une pince-étau et chaque jour, je faisais le tour de toutes les fenêtres une à une, et chaque soir la même manœuvre pour refermer.

Quelques mois plutôt, en 1995, la commune avait décidé pour stopper le vandalisme au château, de murer les portes fenêtres du rez-de-chaussée à l’aide de plaques de plâtre, le problème c’est que depuis tant d’années l’électricité avait été coupée, donc pas du tout de lumière.

Il faut savoir que quand les volets sont fermés, il n’y a presque pas de jour qui rentre, le véritable trou noir est au niveau du salon de Monsieur ainsi que le boudoir de Madame.

Après le nettoyage et pour le bi centenaire de la révolution, une paroi a été mise, fermant le passage dans le couloir principal, nous obligeant forcément de passer par le salon et le boudoir pour rejoindre le couloir et la porte fermant le bâtiment à clé.

Je ne suis pas peureux, mais j’avoue qu’à chaque fois que je passe par là, une légère impression désagréable et incontrôlable monte en moi.

Impression de poids, d’inconfort comme si j’étais guetté.

Mais, je n’ai jamais rien remarqué d’autre, aucun phénomène paranormal ni quoi que ce soit à ce sujet, parfois une porte qui s’ouvre et se ferment seul, mais le château est un vrai nid à courants d’air.

Je ne sais pas si j’étais le seul à éprouver ce sentiment, mais un beau jour, une bonne idée pris Patrick Perrault, faire remettre le courant, un câble avait été tendu depuis la route jusqu’au château pour l’usage du film Camille Claudel.

Il passe à travers les anciennes cuisines, le boudoir de Madame Chaperon grossièrement, mais la lumière refit son apparition pour les 4 pièces d’en bas.

Ce qui ne résout d’ailleurs pas mon angoisse, car malheureusement en partant, il fallait éteindre juste avant le salon de Monsieur, aucun interrupteur n’avait été pensé après le salon, ce qui nous forçait à replonger dans le noir pour sortir.

Les seules entrées et sorties possibles sont, la porte-fenêtre centrale, qui donne sur la salle du billard puis la porte qui est sur le côté du château, elle-même donne vers le pigeonnier rond.

 

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Cette dernière est l’accès qui permet de verrouiller le château, c’est par-là que l’on sort, l’autre est fermé de l’intérieure par un système de barres métalliques fermant la porte et les volets en même temps.

Quand j’étais petit, l’entrée au château se faisait par les cuisines, les portes-fenêtres étaient déjà fermées, mais simplement à clés, car, les cuisines, comme je le disais, ont été ajoutées au bâtiment au XIXe et communique donc avec le château par, ce qui servira de communs et d’offices et qui autre fois donnaient directement dehors

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    Une fois passée par les cuisines, une porte nous mène dans un couloir qui débouche soit au fond dans la salle à manger. Ou à l’opposé dans le couloir de l’entrée principale, fameux couloir dallé de marbre noir et blanc..vestibule 001

Ce couloir a longtemps été, les murs couverts de tableaux, puis recouverts de palissage avec de nombreuses plantes vertes telles un jardin d’hiver

C’est par ce couloir, qu’au temps de Madame Chaperon, les domestiques passaient pour entrer et sortir,  dos au château.

Le second week-end de nettoyage, fut  pour les douves.06470018.JPG

Le manque d’entretien et les années passées les ont mises dans un état plus qu’improbable.

Les feuilles tombées, la vase de la pièce d’eau, les arbustes qui commencent à pousser de-ci, de-là, cachent complètement les pavés qui forment l’allée qui mène à la pièce d’eau.

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Plusieurs aller retours de tracteurs, benne pleine, ont été obligatoires pour retrouver leur apparence.06470201.JPG

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Sous le balcon du boudoir de Madame Chaperon, un  compartiment en béton  crée pour accueillir une cuve de ce que je crois être du gaz, évidemment, nous ne pouvions pas la laisser défigurer ce lieu.06470148.JPG

06470200C’est lors de ce nettoyage que fut découvert, rangée dans une des deux douves, le squelette de la barque qui était toujours dans la pièce d’eau, nous la voyons sur de nombreux clichés carte postale, et deux rames, hélas la barque fut brûler et je n’ai pas du tout pensé à la photographier, j’ai conservé les rames que je m’empressa de ranger dans le château.

Il y eut beaucoup de monde ce jour là pour aider au nettoyage des douves et comme souvent le soir un grand barbecue couronna la fin du chantier.

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Il y  eut de nombreux chantiers de la sorte, comme le remplacement des plaques de placoplâtre qui avaient été éventrées par des vandales, la création d’un petit bar dans l’entrée principale, la réception de nombreux livres de la bibliothèque municipale, dont le surplus à été vendu lors de la brocante.06470124.JPG

Il y eut aussi de nombreuses manifestations comme des rétro-mobiles où des passionnés de voitures anciennes purent venir vendre des pièces détachées et des acheteurs voir s’ils pouvaient trouver leur bonheur.retro-mobile01.jpg retromobile.jpg 

  (Retro-mobile au château lors de la première j’ai été invité à parcourir un circuit dans les rues d’Issou, Gargenville et Porcheville à bord d’une magnifique traction de 1935 semblables à celle de Madame Chaperon, grâce à Monsieur Doucet un collectionneur de Juziers.)  

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1998, est un grand tournant pour moi, mes études fini, je m’engage chez les compagnons du devoir, test effectuer, je finis meilleur de ma section, aptitudes requises excellentes, finalement très content je quitte le cycle scolaire pour m’introduire dans la vie active, les compagnons m’embauchent avec les félicitations de mes enseignants c’est le cœur gros que je quitte mes profs Madame Ruth Saussereau, Madame Levrat … Mais heureux d’avoir trouvé une voie qui me plais, staffeur stucateur chez les compagnons, mon stage se fait dans de très bonnes conditions, tout le monde me disais :

-Tu verras, c’est assez particulier chez les compagnons, strict et ambiance militaire.

Je vous avoue que j’ai été ni mal traité, ni brimé, aucuns soucis d’aucune sorte. J’ai trouvé l’ambiance familiale, les uns soudés aux autres, une vraie confrérie dans le sens noble

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Mon stage fini, il me restait à trouver un employeur, et là, le drame, il faut juste que je vous dise que je ne suis pas quelqu’un de faignant, je suis débrouillard et je ne me laisse pas abattre par quoi que ce soit, mais j’ai rencontré en cette période une très mauvaise expérience, celle de l’embauche, vu ma spécialité et la raréfaction du staff dans les habitations, les employeurs que j’ai rencontrés ont tous été frileux d’embaucher une personne en plus dans leur entreprise, pourtant j’ai fait énormément de départements et bien sur tous les arrondissements de Paris je suis allé jusqu’en Normandie et hélas aucune réponse positive, j’ai dû abandonner mes rêves de compagnonnage.

 

Me voilà sans école, pas de travaille, mais avec un château et des rêves pleins la tête, je me prends quelque temps de vacances à la maison, au grand regret de ma maman, mais cela ne dura que deux mois, car je me décide à frapper à la mairie de nouveau et demander si une place à la commune était disponible, je me voyais bien en tant que fonctionnaire, tout le monde s’y vois bien, je pense, avant d’accepter le maire décide de faire une réunion avec son secrétaire et le directeur des ateliers municipaux, qui allait être mon responsable hiérarchique direct, pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui le maire et le secrétaire se sont absenté du bureau me laissant seul avec lui, et au moment de signer mon contact il se penche vers moi et me dit textuellement :

 

- « Si tu signes ce contrat, ce sera pour toi cinq ans de deuil ! »

 

Je n’ai pas compris sur le coup, mais les choses allaient être très claires rapidement.

De retour dans le bureau, le maire me fait signer le contrat en tant qu’agent d’intervention d’urgence du patrimoine sur le site classé du château d’Issou, en gros, tout ce que j’ai toujours voulu, travailler au château, les premiers jours se passent différemment de ce que je pensais, à cause d’un manque de personnel j’ai été demandé sur une rue d’Issou pour remplacer du goudron et supprimer les nids de poules, armé d’un marteau piqueur je m’exécute, puis, je me retrouve à arpenter les rues d’Issou avec un sac-poubelle à la ceinture et je ramasse les ordures que les personnes laissent par terre, le tout, autour du parc et dans le parc aussi, à cette époque j’ai reçu une lettre de Martine Aubry qui venait de créer les emplois jeunes, c’est à ce titre que la mairie m’avait employé, contrat de 5 ans renouvelables tous les ans.

J’avoue qu’il m’en a fait voir des vertes et des pas mures, il avait raison 5 ans de deuil, tout était bon pour me discréditer, alors que les choses semblaient bouger au château et qu’une réunion se faisait avec des hauts fonctionnaires d’Etat, pour prendre en compte l’étendue des dégâts, il m’avait été interdit d’aller à leur rencontre, imaginez ma haine, je ne me suis pas dégonflé, l’après-midi de leur visite, je suis monté au château avec mes photos mes plans, etc. pour leur présenter l’historique des lieux, il y avait bien entendu Nadège qui elle-même avait apporté le strict minimum et moi j’étais chargé comme une mule, bien évidemment mon intervention n’a pas plus à certaines personnes, mais le plus important pour moi c’était de plaire à nos visiteurs, ce qui a bien sûr été le cas, j’ai été félicité par l’équipe qui m’ont encouragé à persévérer et j’ai même été chargé de suivre les travaux d’urgence, cela dit, c’est la raison première à l’origine de mon contrat, ce que le directeur n’acceptait pas du tout, j’ai donc fait rebâcher le château, car le vent avait eu raison de la première, puis essayer de bâcher certains endroits qui ne l’étaient pas, c’est à ce moment que l’équipe nous informa qu’il était hors de question d’intervenir sur certaines parties du château dû à l’état de la charpente, premier coup dur, puis j’ai demandé à ce que les gouttières soient débouchées, car depuis toutes ces années de déchets accumulés les ont complètement bouchées et depuis l’eau déborde sur le ravalement en plâtre ce qui cause bien sur des écroulements de pans entiers de la façade. Ce que je ne savais pas, c’est que la vengeance allait bientôt tomber, et en effet, il m’envoya dans l’ancien potager, celui où il y a la serre, il me demanda d’arracher toutes les souches d’arbres, à la main, car une autre association nommée PLIE, s’est proposé de venir avec des jeunes en réinsertion pour travailler dans le parc, bonne idée en soit, ils ont fait un travail exemplaire, tous les baliveaux ont été enlevés, l’espace des potagers, vergers, ont été complètement nettoyé, les murs d’enceinte ont été refaits enfin bref du travail magnifique, le problème pour moi, c’est que les arbres qui avaient poussé-là ont simplement été coupés, il a fallu retirer les souches, malgré que la commune soit équipée en matériel, il insista à ce que je le fasse à la main, pelle, pioche, et bec corbin. Je vous laisse imaginer dans quel état je rentrais le soir à la maison.

Heureusement dans mon malheur j’avais à mes côtés un collègue vraiment extraordinaire, Frédéric Devos, embauché en même temps que moi et avec moi au château, nous en avons chié par fois, mais nous avons vraiment passé d’excellents moments.

Il nous donna pour ordre de dégager les anciennes allées qui avec le temps avaient disparu sous la couche de terre, le tout bien entendu à la pelle et à la

Le jardin prenait une toute autre allure, il commençait à retrouver son aspect d’autre fois, les buis ont été taillés, par endroit on en rajoute, ce qui reforme la contre allée végétale marquant un cercle autour du bassin de réchauffement.

 

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  La serre, elle, ce voit ses arceaux déposés et emmenés dans les ateliers municipaux, André Lettelier a complété le travail de ferronnerie, et ils ont été remis comme neuf sur leur support d’origine.potager-07.jpg  

Avec Didier Robert, nous avons planté de nombreuse variété de rosiers de jasmins clématites etc. des arceaux métalliques ont aussi repris place au-dessus des allées redonnant ainsi une touche d’élégance du passé.potager-03.jpg  

C’est alors que je vois au pied de la serre un petit rosier qui ne ressemblait à rien, tant les années de négligence ont été cruelles avec l’endroit, je décide donc de ne pas l’arracher et d’essayer de le refaire partire, quelle ne fût pas ma surprise de le voir reprendre totalement et rapidement du poil de la bête, je crois que c’est le seul du parc a être d’origine.

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     Les mois passent et les choses dégénèrent avec le directeur des ateliers technique, il se met à me parler de mal en pis et un beau matin je décide de prendre mes cliques et mes claques et d’en finir avec toutes ces remontrances ces allusions et ses coups foireux, je monte en mairie et en parle avec monsieur Autret alors le secrétaire général qui essaye tant bien que mal de m’expliquer qu’il ne pouvait pas faire grand-chose et le maire pareillement. 

Pris de colère que je passe, par des voies hiérarchiques plus hautes il me fit, de plus en plus de scènes.

Un matin alors que nous l’attendions tous devant l’entrée, il arrive avec la Clio de la mairie à fond, moi je le suis des yeux et il sort en me pointant du doigt en me disant: "t’a un problème toi" !?

"Me fais pas chier, aujourd’hui je te préviens, ça va mal aller pour toi" !

Je suis resté bouche bée, je n’avais rien fait que le regarder passer je n’avais même pas ouvert la bouche, encore une matinée qui commençait bien.

Un après-midi, alors que je travaillais au château, il se pointe , moi pris d’un coup de sang, alors qu'il me gueulait dessus et il hurla:" Arnaud me prends pas pour un con", je lui répondis aussi tôt, "mais, je vous y prends pas je vous y laisse" !

Là j’entends rire, les employés municipaux qui étaient derrière moi.

Je venais de le moucher, devant tout le monde, mais bien évidemment il savait ce qu’il faisait, il avait des témoins alors que moi quand il me poussait à bout, il s’arrangeait pour être seul avec moi.

Il jubilait!

Le fait est qu’un an jour pour jour, je décide de démissionner de mon poste, Il gagna pour un temps.

Voilà qui arrêta net mes espoirs de carrière au château, après ça, mon orientation prit un chemin tout à fait différent.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 11:02

 

Le temps s’étire doucement pour le château, après le tournage du film Camille Claudel, le grand nettoyage qui se fît, a une raison toute simple, 1989, le bicentenaire de la Révolution française.

La commune eue une idée toute simple, pourquoi ne pas faire de ce jour, une fête au château d’Issou.

Alors les boiseries ont été arrachées, les cheminées qui restaient, furent enlevées, un Placoplatre

 

 

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boiseries, les miroirs attenant eux, ont disparus.

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    Les pièces, bien que refaites, n’ont plus du tout de caractère, elles sont lisses, blanches. Dans la salle à manger, on se voit même gratifié d’un nouveau parquet, sans que je puisse m’expliquer la raison de son remplacement, était-il trop abîmé pour le garder ou bien a-t-il tellement plu à quelqu’un, qu’il a d’un coup disparu ?Nous ne le saurons jamais, le fait est que le nouveau parquet remplaçant l’ancien en pointe de Hongrie en chêne, ce révèle être simplement de grandes planches de bois.Tout était fin prêt pour le bal qui devait se dérouler au château ainsi que le feu d’artifice, un buffet a été organisé par la mairie et il s’agit du père de Mathilde, Lionel Rigaud, qui s’en occupa, étant cuisinier.Une bonne idée pour faire travailler un Issoussois, plutôt qu’une entreprise extérieure.

 

 

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Nous voilà en 1995, où des travaux commencèrent  au château, une société nommée Bâche de France intervient pour couvrir le bâtiment.

En effet depuis 1984 des fuites sont un phénomène récurent, à force de prendre l’eau, le château se détériore

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beaucoup.

 

    Les plafonds s’écroulent les uns après les autres, un an après leur intervention, une association se crée, Les Amis du Château d’Issou, sous loi 1901, donc sans but lucratif, ayant pour président, Monsieur Patrick Perrault.

 

 

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Issoussois.

 

Ce dimanche-là et le suivant aussi, inutile de préciser que je fus là les deux, nous devions être une bonne dizaine de curieux tout ouïe, ouvert aux explications de Patrick, il y avait Monsieur Desportes, Melle Masurier, Monsieur Sagnol, Patrick Perrault et d’autres dont le patronyme m’échappe.

Une journée magique pour moi, Patrick nous fît visiter le bâtiment, les caves contiguës au pigeonnier rond, (dont une où je n’avais jamais mis les pieds, du au plafond qui s’était écrouler et que je craignais beaucoup mais finalement aucuns dangers.)

 

 

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Il nous emmena voir la glacière, je l’avoue, je ne la connaissais pas.

Nous sommes remontés par l’allée du pigeonnier carré dont la porte d’entrée d’origine existait encore (nous pouvons la voir sur la page de la monographie de Monsieur Décordes CF plus bas dans le blog

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C’est à cette période que je m’investis à fond au château, avec le temps j’obtins même les clés pour pouvoir allé à ma guise dans le bâtiment.

Mes recherches se font de plus en plus précises à un point tel, que je fus souvent cité en exemple pour les personnes désirant se renseigner sur notre histoire.

Monsieur Sagnol me fit même l’honneur de me féliciter ; Une année, alors que tous les ans il faisait une expo photo, il me demanda de l’aide pour les affiches, ce qui me combla bien évidemment.

Cette journée fut excellente, beaucoup de rires, beaucoup de dialogue sur Marie Chaperon qu’il connut très bien, ce que je ne savais pas en revanche, c’est que trois jours plus tard il allait nous quitter.

Revenant le soir de la première, il était accompagné de son épouse, un malaise le prît dans la rue, il tomba sur sa chère terre Issoussoise, il ne se releva plus.

Nous n’avons pas perdu ce jour-là, qu’un grand ami, nous avons aussi perdu un grand homme et un historien émérite.

Jamais je n’oublierais ces jeux de mots, ses rires et surtout ses nombreux conseils.

Issoussois de souche, il vit non loin du château, il descend d’une famille, la famille Bouillant dont Sophie était employée au château sous la famille De Jean, donc avant Madame Chaperon, qui elle-même l’employa à son tour.

Je me souviens avoir parlé avec les grands-parents de Patrick à ce sujet, ils me racontèrent que Sophie avait de nombreux enfants (11 il me semble) et que si les châtelains ne l’avaient pas employée, ils seraient sans doute morts de faim.

Ma 1ere visite au château a été faite avec Patrick Perrault, il organisa une visite guidée ouverte à tous

Dans les écoles de nombreuses répétitions ont été faites pour commémorer cet événement basé sur la révolution, moi-même, je fus membre du clergé ce qui fit beaucoup rire ma famille de me voir en aube.La fête de l’école fut une grande réussite et j’étais impatient que les festivités se poursuivent, dans la journée un tilleul fut planté dans le parc, par Monsieur Lucas.

Nous avons tous dansé en rond autour, habillés en sans-culotte et coiffer du bonnet phrygien.

Cet arbre se trouve toujours dans le parc, il est sur l’allée de droite quand on redescend du pont pas très loin des cantines.C’est alors que la nuit tomba, je me retrouve avec Mathilde au château, la soirée fût bonne sauf vers la fin ou un couple de danseurs traversa le parquet de la salle à manger laissant derrière eux, deux

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