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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 16:06

 

Le château :

 

Avec tous ses recoins, ses placards, le château, malgré le fait qu’il ait été vidé 3 fois, a quand même gardé des petits secrets. Lorsque le dernier ménage a été organisé, une bonne partie des objets restant a été rangée dans le grenier. Mon objectif était clairement d’en récupérer un maximum avant qu’il ne soit trop tard, car chaque jour des vandales mettaient à sac le peu de témoignages qu’il restait.

Sans compter sur les dégâts du temps, si je ne me trompe pas, la première chose que je trouve dans le château, c’est un journal de 1901, le Figaro. Il était coincé sous deux étagères. Dans la salle du coffre, en regardant en dessous avec ma lampe, je vois un morceau de carton noir. J’attrape un bout de bois et le pousse, je trouve un cahier entièrement écrit à la main, un livre de cuisine, et collé dessous, un billet de 10 francs. Dans la salle d’à coté, la bibliothèque, je découvre la dernière poignée de fenêtre en bronze. Au château, elles l’étaient toutes et elles ont toutes été enlevées sauf celle-ci, je ne saurais m’expliquer pour quoi.

Dans divers endroits j’ai aussi trouvé :

- Un nombre assez important de plaques de propreté. Ce sont des plaques rectangulaire,  pour la plupart en cristal, épaisses et biseautées qui étaient vissées au-dessus et en dessous de la serrure. Ceci évitait de salir le bois de la porte avec ses mains ou un trousseau de clés, et pardessus les vis qui maintenaient la plaque, il y avait un cache-vis avec la forme d’une rose.

- Quelques caches de bouches à chaleur, qui étaient souvent placées sur le coté des cheminées permettant ainsi une diffusion de la chaleur, avec un couvercle que l’on pouvait fermer à sa guise, le tout en laiton.

- Quelques chenets en fonte avec une petite boule de bronze.

- Une ou deux plaques de cabinet de toilette ou de sellette en verre.

- Plus amusant, deux dévidoirs de papier toilette en bois foncé.

- Un baromètre de 1905 hélas cassé.

- Un inventaire d’un placard du 2ème étage, écrit par Mr Chaperon au vu de l’élégante écriture. Malheureusement, il finit en morceaux car en voulant décoller cette feuille qui était sur la porte dudit placard, elle se déchira. Mais j’ai conservé les morceaux.

- De nombreux pots à cidre en grés gris avec une anse.

- Une incroyable collection d’ampoules anciennes, qui étaient entreposées dans la cave qui se situe en contrebas du colombier rond donnant sur les douves et ayant un accès direct au château. Ce lieu devait sans doute être un relais avec le colombier carré, car sous les Chaperon, il servait à stocker le charbon, et pour éviter les allers-retours, il était mis en relais dans cette fameuse cave qui devait également servir de débarras. Il est possible que cet endroit soit les anciens « Libertas » que nous évoquions dans la 1ère partie de l’histoire du château (voir XIXe). Cet endroit, malheureusement, a aussi subi les affres du temps. Un matin, en me rendant sur place, je me rends compte que la voûte s’est totalement effondrée, laissant un énorme trou entre le colombier rond et l’entrée sur le côté du château, cachant sous un tas de gravats ce que pouvait bien contenir cette pièce.

 

Un dernier nettoyage a eu lieu au château vers 1996. Organisé cette fois-ci par « Les amis du château », visant à dégager tout les gravats qui avaient pu tomber des plafonds ou se détacher des murs, je pouvais enfin arpenter en toute légalité les nombreuses pièces du château. S’il est besoin de le souligner, de 1984 à 1995, le château, bien que propriété communale, n’en était pas moins un bâtiment en péril à cause du manque d’entretien. A ce juste titre, il était donc interdit d’en franchir les portes, ce qui, si vous avez bien suivi, ne m’a jamais empêché de m’y rendre régulièrement en cachette.

Dès 1996, les choses ont donc changé. En adhérant à cette association, je pris un ticket pour une entrée illimitée au bâtiment cher à mon cœur. Les choses se sont vite mises en place, quelques visites le week-end organisées par Monsieur Perrault, pour nous sensibiliser aux lieux. Je me souviens, comme si c’était hier, de ces week-ends que j’attendais avec une impatience intense. Je me retrouvais avec des Issoussois de longue date pour la plupart : Mr Perrault, qui devint le 1er président des « amis du château », Mr Desportes, qui resta de longues années au sein de l’association, Melle Masurier, secrétaire aujourd’hui encore de l’association, Mr Sagnol, nous fit aussi l’extrême honneur de sa présence plusieurs fois et devint, à très juste titre, adhérant d’honneur jusqu’à sa mort.

C’est à cette période que je fis mes 1ères photos du château, hélas, je n’y avais pas pensé avant. Si j’avais su toutes les disparitions dont le château a été victime, j’aurais fais des photos bien avant. Nous aurions ainsi plus de vues sur les boiseries, les vasques, les miroirs, etc… qui ont disparus avant la création de l’association.

Mais bon, on ne peut pas penser à tout et prévoir à l’avance.

Le nettoyage s’est effectivement bien passé. En vidant les gravats des divers chambres, locaux, etc… un inventaire des différents papiers peints, tissus moquettes et tout autre matériau de décoration murale a été fait par Melle Masurier. Une très bonne idée que Monsieur Petit avait déjà commencée bien des années avant mais pas complétée. Je me revois avec elle à repérer les petits bouts de papier de-ci de là. Malheureusement, les quantités étant importantes, elle ne put prendre la totalité des échantillons d’un coup. Elle décida donc de laisser la plus grosse partie de côté pensant les emporter ultérieurement. Mais le passage de Mr Rémi Robert, ne lui a pas laissé la possibilité de le faire, car dans un geste plutôt autoritaire, il jeta la totalité des échantillons, sans même nous consulter. Je ne lui ai jamais dit qui avait commis cet acte qui la mit dans une colère justifiée. Si j’avais su l’évolution de leur affinité, je ne me serais pas gêné !

Le château enfin vidé de ce qui pourrissait sur place, une inspection minutieuse des placards a été faite dans la foulée. Bon, je ne vous cache pas que des dizaines de personnes avaient du passer avant nous mais ça ne nous empêcha pas de le faire quand même, et ce qui devait arriver arriva. Nadège trouva dans ce qu’on appellerait aujourd’hui le dressing de Mme Chaperon, un petit tube scellé d’une étiquette ancienne « nouvelle encre à marquer ». Je n’en sais pas plus car elle rangea tellement vite cette découverte que je n’en ai jamais plus entendu parler. Il fallait que je reprenne en mains mes trouvailles, je ne pouvais pas me laisser dépasser comme ça par Nadège (rires). Il faut avouer que notre relation a beaucoup été basée sur la dualité : celui qui trouverait une carte postale d’Issou, celui qui trouverait un document ancien, une photo, un témoignage, n’importe quoi. Elle devenait rivalité, au départ plutôt bon enfant, jusqu'à ce que je m’aperçoive que mes découvertes étaient partagées, les siennes complètement occultées. Cet échange était en réalité à sens unique, tout ce que je pouvais découvrir devait être partagé avec elle mais dans l’autre sens, non. Je partageais donc, jusqu’au jour où je lui demande réciprocité et que je la vois changer de comportement. Il y avait toujours une bonne raison à ce que l’échange ne se fasse pas. Donc, excédé par ses stratagèmes, je décidai de changer de comportement avec elle, ce qui, bien évidemment, rompra notre amitié que je pensais sincère. Peut-être qu’elle se dit la même chose de son côté, mais en tout cas je ne possède rien qui lui ait appartenu, sauf une photo qu’elle consentit à me reproduire. Je l’ai obtenue avec un mal de chien : les jardins à la « française » du temps de Marie, pris de la fenêtre du couloir menant de la chambre de Mme à son cabinet octogonal, où il y à la salle de bain cachée. Tout ça pour la perdre lors de mon déménagement. Voilà la parenthèse Nadège close. Je ne pouvais pas parler de mon histoire personnelle, concernant le château, sans parler d’elle, car j’ai passé les meilleures années château en sa compagnie. Etait-ce sincère venant d’elle ? Je ne le saurais sans doute jamais, mais moi, en tout cas, ça l’était. J’ai beaucoup souffert de son comportement envers moi. Aujourd’hui, avec tout ce que je sais et tout ce que j’ai vu et vécu, je ne regrette rien, et pour cause. J’appris par la suite, qu’elle avait personnellement fait barrière, à plusieurs reprises, à des rendez-vous qui auraient pu me permettre de faire connaître l’histoire du château à plusieurs journalistes curieux d’en savoir plus, pour son propre compte, et malheureusement pour leur raconter plusieurs faits qui ne sont absolument pas réels.

Je n’ai jamais eu de remords à me démarquer moi-même de mon côté et pour mon propre compte également. J’étais jeune à cette époque, naïf, je pensais qu’il était possible de travailler ensemble, comme une équipe pour partager notre « savoir » à la plus grande quantité possible de personnes. Quand je compris qu’en réalité sous couvert de faire partie d’une association, simplement pour accumuler le plus de documents possible et les garder pour soi, en arrosant au goutte à goutte pour ne pas se faire prendre, je me suis dit qu’il ne valait pas la peine de rester parmi ces gens là. Heureusement, ce n’est pas le cas de tous les adhérents tel Mr Perrault qui sait rester totalement juste et, est le premier à être content de parler du château. Ce n’est pas le seul mais je ne vais pas citer tout ceux qui à mes yeux sont bons. Je tiens à préciser que ce que je viens d’écrire ne sont que des sentiments qui me sont personnels et rapportés que par rapport à la façon dont je les ai vécus. Comme je le disais, j’étais jeune à cette époque, ce que je raconte ici, est tel que je le ressentais avec mes sentiments de l’époque, et comme je n’ai jamais eu l’occasion de m’en expliquer, ces sentiments sont restés ainsi. Ce blog me donne l’occasion de régler mes comptes indirectement, sans rage, ni rancœur. C’est simplement un moyen d’expression, car j’ai décidé sur ces pages personnelles appelées « mémoires personnelles » de parler de moi, et de quasiment tout dire, même si parfois ça peut être lourd ou pas intéressant à lire. C’est comme un journal intime, donc je dis tout.

Revenons au château lui-même, et mes découvertes, un lien toujours avec les caves du château, et leur fameuse légende des merveilles laissées en souterrains. Sur les conseils de ma voisines qui me dit où les caves étaient, je me dis qu’il serait bon de tenter d’y aller voir (ma voisine avait un âge canonique, et connut bien le château et ses fonctions, à ce moment je ne savais pas encore que les caves n’existaient plus et n’avait pas encore été à Paris pour tout apprendre). Accompagné de Nadège, ayant les clés du château constamment sur moi, (la mairie m’avait fait le cadeau de me les laisser pour un usage de recherches historiques, car depuis quelques temps j’étais devenu guide officiel du château), et après avoir suivis les indications de ma voisine, nous nous retrouvions tous les deux comme deux chiens de faïence, incrédules, dans les anciennes cuisines. Un rectangle de carreaux de tomettes complètement différent des autres se dessinait sur le sol. Là, d’un commun accord, je me mis à creuser le sol avec une barre à mine. Je me souvenais comment les autres vandales ont saccagé les murs, trouant les boiseries à coup de masse sans rien épargner. Je me dis que je n’étais pas comme eux, mon trou ne saccagera pas le sol. Je ne ferais qu’un sondage, à voir si j’arriverais à percer juste la circonférence de la barre à mine, pas plus, pour éviter de faire un trop gros trou. Au bout de plusieurs minutes, on se dit que les caves ne devaient sans doute pas être par là, et d’un coup j’entends : « Mais qu’est ce que vous faites ici ? ». Ouille, Mr Perrault était juste à côté de nous et nous regardait d’un air courroucé …

A suivre.

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Published by amartinez - dans mes memoires
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