Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 21:14

Ces extraits de lettres ont été prêtés par un proche de la famille de Mathan d’une branche encore en vie, pour une raison de confidentialité évidente et sur sa demande express, je ne donnerais pas son nom, voulant être tout à fait exclus de toute demande ultérieure sur ces documents, nous apprenons donc la vie à cette époque, coulant douce et tranquille, pour les fortunés, bien moins agréable pour les paysans, cela nous le savions déjà ben évidemment, ce qui a été rapporté ici n’est que quelques extraits des longues lettres envoyées entre Issou et Paris, Issou et Rouen et Issou et la Bretagne. Je suppose qu'il doit être question d’un chaperon apportant une jeune fille à marier de sa province vers Issou, sans doute à un fils de Mathan, ou un membre de cette dernière à un noble des environs. Je n’en sais pas beaucoup plus, d’autres papiers vous seront ainsi révélés très prochainement sur la même période. Par respect pour le propriétaire actuel, je n’ai fait aucun scan de ses lettres et papiers divers qu'il eut l’extrême gentillesse de bien vouloir me céder quelque temps, mais je vous laisse imaginer l’émotion que j’ai eue feuilletant ces archives.

 

Ces textes n’étant pas toujours très clair, aussi bien dans leur composition que dans leurs déchiffrements, j’ai donc essayé de les retranscrire au plus près de la réalité, en essayant un maximum de ne pas dénaturer leurs contenus. Certains mots que je n’arrivais pas à lire ont été remplacés par des mots que j’espère le plus proches de ce que l’écrivain a voulu dire.

 

Je me suis perdu dans l’immense quantité de papiers que cette personne avait sur le château, j’apprends donc que la source qui aujourd’hui encore coule au Nord s’appelait « source des roches » que déjà elle s’ensablait beaucoup, que la glacière avait une toiture de chaume, aujourd’hui elle est recouverte d’un couvercle formant une voûte de pierre elle-même recouverte de terre comme il est coutume de les voir aujourd’hui, elle possède et possédait déjà un sas, une double porte, ainsi qu’un puits d’évacuation central, refoulant l’eau vers la rue du pont alors appelée rue du village, dans un feuillet que je n’ai pas recopié tant il était riche de détails techniques on nous raconte que l’hiver « Margoulins et gueux ( termes peu flatteurs) venaient au château pour y être pris afin de piquer le bord des étangs, lacs et autres fossés près et autour du bâtiment par le moyen d’épieux (grands pics, je suppose) si bien faisant que le fait de les retirés par le temps froid laissait fort aise le bris de glace » nous apprenons qu'ils avaient des agrafes, sorte de grands piques de métal qu’ils tiraient des mares et fosses gelées vers une grande « charrette dûment paillée » le tout assez rapidement et que le plein est aussi vite conduit vers la glacière, ce travail rapportait aussi bien que les champs visiblement et certaines années il y avait plus de monde que de glace à prendre.

 

Cette histoire nous apprends aussi qu’il y avait déjà des fossés en eau tout autour du château, qu’il passait devant l’appartement de Mr le Marquis ( je rappelle qu’il ne vivait pas au château même, mais certainement dans le logement au-dessus de l’orangerie actuelle) et faisaient le tour du château tant et si bien qu’il fallait passer sur un pont de pierre pour arriver sur la terrasse, ce pont de pierre était fermé d’un coté ( château) par une grille de fer a barreaux droits, une main courante elle aussi de fer parcourait toute sa longueur. « … Ce pont enjambe les fossés en eau courante ».

 

Je suppose que ce pont doit avoir un vestige, qui doit être les douves actuelles, coté église, qui sont recouvertes et qui donne aujourd’hui l’impression qu’elles font partie intégral de la terrasse.

 

Nous apprenons aussi que dans le moyen parc une fontaine d’eau vive était en place, un lavoir aussi, dans la cour de la métairie aujourd’hui plutôt élégante, autrefois accueillait le purin des animaux et certainement de la fosse d’aisance du château lui-même.

 

A noter que des sanitaires étaient aussi dans cette même cour, plus ou moins en face de l’actuel garage aux carrosses le long du mur de clôture de ladite cour.

 

Déjà une allée d’arbres la séparait de la cour d’honneur, il est évident que ce ne sont pas ceux d’aujourd’hui qui vraisemblablement ont été plantés vers 1900.

 

Nous apprenons aussi les mœurs au château en ce temps-là, sur une des lettres il est dit que le curé d’alors, Mr Maheu « … est bien des fois au château… » et qu’il « cherche toujours après Madame… » visiblement son attitude faisait planer des doutes sur ses intentions, et que cela devenait « … gênant… » Que penser donc, nous savons aussi qu’au château une petite chapelle dédiée a Sainte Anne était en fonction et que c’est ce même père Maheu qui la consacra il ne faut peut-être ne pas voir le mal partout…

 

Nous passerons sur les humeurs assez changeantes de Monsieur le Marquis, qui bien d’apparence austère avait les mœurs allant de paire. Faut il aussi rappeler qu’ils eurent la douleur de perdre un enfant aux dires des contemporains l’atmosphère n’était que d’autant plus lourde. Madame qui visiblement tenait les affaires du domaine plus que Monsieur, avait la fâcheuse tendance à ce mettre les paysans à dos, le braconnage n’avait aucune pitié aux yeux de la marquise, nous avons vu un florilège de mots d’époque « cul vert, monte-en-l’air, peine à jouir, fils de prêtre… » voilà ce qu’écrit la personne des lettres outrée de les avoir entendu prononcée par un homme conduit devant la Marquise après s’être fait prendre.

 

Les bâtiments aussi ont eu quelques descriptions, on sait que le grand salon de réception et la salle à manger actuelle servaient de salon, que le passage pour se rendre à l’étage supérieur se faisait par là, « … une rampe de pierre menait à l’étage… »La porte donnait sur la cour de derrière et permettait l’accès à la rampe. Les sols étaient dallés de noir et de blanc, je pense que cela devait être de la pierre non pas du marbre tel qu’il l’est aujourd’hui au niveau de l’entrée et du couloir de service. Pareillement, l’entrée au château ce fait par trois cours, les bâtiments de la métairie et du logement du régisseur existaient déjà, mais il y avait d’autres petits bâtiments aujourd’hui détruits en prolongement du garage à carrosses du colombier situés derrière le château, servant de remises le tout couvert non pas d’ardoise, mais de tuiles semblables au pigeonnier rond ou carré.

 

D’énormes travaux ont été faits lors de la reprise du domaine par les Mathan, comme convenu par l’acte de vente fait par le Duc de Bouillon, la vente ce fit pour une somme plutôt modique, mais la somme ajoutée aux travaux et au mobilier donna en final une somme plus ou moins égale à un achat classique.

 

Par mis ces travaux il y a :

 

« … Le rétablissement du pavé et de la fontaine de la cour de l’abreuvoir dont les eaux se perdent sous le pavé, et pour prévenir les dommages que les eaux causeraient au mur de terrasse.

 

Au rétablissement de l’escalier en pierre qui monte aux greniers et chambres des domestiques au-dessus de la vacherie de la cour deuxièmement déclarée.

 

En la réfection à neuf de la fosse d’aisances, voûte d’icelle, et puisard qui reçoit les eaux de la cuisine, ladite fosse adossée au mur de séparation des deux cours.

 

À la réfection à neuf de l’escalier qui monte de la cour basse à la cour haute, de même que le mur de terrasse dans la longueur de 36 pieds sur 16 de haut et le rétablissement du bâtiment au-dessus à ce sujet.

 

Et la réfection à neuf des deux souches de cheminées au-dessus des remises de la cour haute.

 

Au rétablissement du parquet du salon au rez-de-chaussée du château en 3 toises de superficie, et la pose d’une marche de pierre au perron sur le jardin en fourniture.

 

A l'abaissement de la cour au derrière du château où est la source d’eau des roches en 3 pieds de haut réduire, et 57 pieds de long sur 44 de larges faire à neuf le pavé, dégager le sable sous les roches, y faire deux petits murs pour empêcher les sables de foirer à droite et à gauche, faire un aqueduc pour la conduite des eaux jusqu’aux fossés où elle se décharge, le tout pour prévenir l’humidité considérable qu’occasionne cette source aux pièces qui l’avoisinent.

 

Au rétablissement de la couverture du logement du jardinier et la réfection à neuf du mur de clôture de la cour de la maison en 4 toises de long sur 7 à huit pieds de haut et la fourniture d’une porte et ses ferrures.

 

Aux rétablissements des pressoirs et leurs couvertures, fourniture d’une vis et de plusieurs jumelles et d’une porte charretière à côté de la glacière.

 

En la fermeture et clôture du boulingrin, au bout du parterre et au-delà du chemin de 24 pieds de long sur 9 à 10 pieds de haut, en y observant une baie avec piédroit de pierre, fermée de grille de fer, et à l’autre bout dudit boulingrin, vers ensuite le chemin de Paris pareille clôture en 51 toises de pourtour compris le saut de loup avec pareille baie en grille pour ménager le point de vue du château.

 

».

 

Plusieurs choses sautent aux yeux dans l’extrait ci-dessus, boulingrin, ce dit d’un grand parterre de gazon raz, où l’on peut jouer aux jeux d’extérieurs, dont le parc d’Issou était encore pourvu après le Duc de Bouillon, ses aménagements sont restés jusqu’en 1880 plus ou moins, cette étendue partait juste après le pont et allait mourir au saut de loup, qui lui aussi était déjà là.

 

Nous l’avons lu aussi plus haut dans une des lettres, la glacière avait juste à ses coté des appentis qui contenaient les pressoirs, il y en avait 5, ce bâtiment est toujours attenant au parc, c’est la grande porte en coulissante en bois, juste à côté de la grille dans la rue du pont, juste avant celui-ci, sur la droite quand on ce dirige vers la mairie.

 

Revenons à l’arche qui est dans la rue du Cocriaumont, cette arche bâtie en pierre obturait le passage des voitures, elle laissait juste passer un homme debout ce qui causa le demi-tour de la voiture à cheval de notre écrivain.

 

Dans ça première lettre elle pare de leur arrivée sur Issou par le Cocriaumont, et de « … l’homme de terre… » vivant à l’angle de la rue, veut-elle parler de la ferme qui ce situait juste face au colombier carré ? Ces terres nous le savons font et faisaient partie du haut par cet à cette époque intégralement partie du domaine, est il possible qu’elles aient été aidées par un des domestiques du château sans le savoir ? Plus une ligne n’a jamais reparlé de cet homme.

 

Il est question de deux femmes dans ces lettres une certaine Elizabeth et une Augustine, qui sont-elles ? Mathurin le laquais de voiture, Agathe est une domestique ou une femme de chambre pour avoir eu des propos sur le château lui-même, j’ai appris au cours de mes recherches à vouloir élucider la romance qu’il y aurait sois disant eu entre le Duc de Bouillon et la Pompadour, une romance et un beau conte pour enfant visiblement, il est souvent question dans l’histoire du XVIIIe d’évoquer le Duc de Bouillon et la Pompadour marchant cote à côté au château d’Issou, ces histoires relèvent visiblement de la légende, un texte relate une sortie de la belle Marquise et de Louis XV accompagné du très illustre Duc de Bouillon.

 

Il est dit que le Duc faisant passer ces invités pour une destination qui m’échappe, par ses propriétés récemment remises en état prévoyant ces déplacements, et c’est pour plaire a leurs yeux qu’il aurait faits ces nombreux travaux, il paraîtrait que le Duc de Bouillon fit placer dans toutes ses demeures des portraits de la Marquise, non pas pour lui plaire à elle, mais certainement pour rentrer dans les bonnes grâces du souverain, en effet le Duc ayant toujours mené grand train n’en était pas moins sur une pente raide au niveau des finances. Quoi qu’il en soit, le carrosse n’est jamais passé par les terres Issoussoises, ce qui explique sans doute le peu d’intérêt pour le château d’Issou proprement dit et la somme qu’il a fallu débourser pour la remise en état des lieux par la suite, il faut aussi dire qu’il passait sans doute plus de temps à Montalet qu’à Issou. Le fait incontestable est qu’il a bradé le mobilier du château (CF inventaire de 1765). Est-ce une preuve de son manque d’attachement ou bien un besoin pressant d’argent ? Il est dit aussi que dans certaines pièces du château, surtout en bas, des peintures sont à même le mur et que le cadre est un câble de cuivre, faisant le tour de la peinture, ces dernières représentent des scènes bucoliques dans le parc lui-même, il y en a même un représentant le château dans une période reculée.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de histoire-chateau-issou.over-blog.com
  • Le blog de histoire-chateau-issou.over-blog.com
  • : Essaie sur l'histoire de la ville d'Issou (78440) à travers des photos textes et tous autres documents en particulier sur le château
  • Contact

Recherche

Liens