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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 21:28

   

Le XVIIIe siècle

 

Le temps passa, rythmé par les saisons, vendanges, semailles. Les hivers plus rigoureux qu’aujourd’hui, l’hiver 1709 fut une véritable catastrophe. Les paysans mouraient de faim les uns après les autres ; on en vit même sur les bords de Seine, comme des animaux, arrachant la terre et mangeant ce qui sortait du sol. Même les seigneurs manquaient de pain. Les oliviers gelèrent dans le midi, les paysans ne purent s’acquitter de leurs impôts, ni cette année, ni l’année suivante. Les biens furent donc saisis en 1714 ; un samedi 30 juin, dans l’après-midi, Nicolas Chanut, huissier à Mantes, s’est rendu sur les chantiers, terres, vignes, prés, bois et autres héritages pour procéder aux saisies. Le même jour, il affichait la saisie sur la porte et principale entrée de l’église, à ce que personne n’en prétende cause d’ignorance.

 

pressoir

Il va falloir attendre le 29 février 1720, pour que le propriétaire, François Gédéon de Giffart, prenne les choses en mains en ce qui concerne l’avancement des travaux.

François de Giffart était le seigneur de Gargenville, Hanneucourt, Rangiport et autres lieux. Il acheta la propriété d’Issou pour 157000 livres. Le château était dans un état pitoyable, à tel point que l’acte de vente dit que « au château et aux bâtiments, il convient de faire plusieurs grosses et menues réparations pour le rendre logeable et habitable ». Le souci est que M. Giffart n’avait acheté Issou que pour se défaire d’une quantité de billets de banque dont la valeur allait toujours en diminuant. Les promesses de restaurations ne se firent donc pas encore. Il se défit d’Issou le 3 août 1724 à M. Pierre François de Séré de Rieux pour 70000 livres payables en or ou argent, sans aucun billet.

 

M. Séré de Rieux fit enfin les réparations tant espérées, si longtemps négligées par ses prédécesseurs. A cette époque il est dit que le château « se compose d’un corps de bâtiment avec deux pavillons dont l’un imparfait, au devant était une terrasse entourée de fossés ». C’est probablement le château actuel qui existait déjà. Le potager était du côté de la rue qui monte au quartier du Cocriamont. Dans ce potager était une pièce d’eau. La propriété se terminait alors à la rue de l’arche.

 

En 1728, M. Séré de Rieux vendit à François Fillon de Villemur. En achetant le domaine, il avait non seulement l’intention d’achever les travaux commencés par son prédécesseur, mais encore d’agrandir le terrain par de nombreux échanges et acquisitions.

En 1730, la seigneurie comprenait, du côté de la butte Chantecoq, différentes étendues de terrain séparées les unes des autres par des parcelles et des constructions qui appartenaient à plusieurs habitants,

« Messire de Villemur, proposa aux propriétaires de leur donner 3 perches au lieu dit bois fontaine, pour chaque perche cédées près du château. Les terrains furent désignés un temps « terres d’échange » ou « les terres 3 pour le prix d’une ». C’est donc lui qui réunit la plus grande partie du terrain qui forme (1853) le parc supérieur et notamment la portion qui se trouve au-dessus du presbytère. Ce chantier portait ne nom de « butte Chantecoq » ou « four à chaux ». Il y a peu d’années encore, une excavation, fermée actuellement, laissait voir un four et des traces d’habitations humaines (texte de 1853). »

 

Le 18 juillet 1743, M. Séré de Rieux vendit le domaine à Claude Pierre Marquis de Sabrevois (ou Sabrevose) pour 150000 livres et c’est 1 an plus tard qu’à Issou commença les travaux pour le chemin neuf, ferré de cailloux depuis la chapelle St Pierre jusqu'à Limay et de Mantes a Rosny sur Seine, la chapelle St Pierre fut construite porte vers Mantes, elle était située à l’angle de l’actuelle rue de la faraude et la RD 190

 

En 1742, deux malheureux bergers, les Dupuis, dont la famille était originaire d’Issou et Hordieres, soupçonnés de sorcellerie, furent arrêtés et écroués à la geôle de Mantes. La rumeur publique les accusait d’être, par leurs pratiques magiques, les auteurs de la mortalité des animaux domestiques. Voici ce que dit la chronique de Mantes à ce sujet : « Ils ont fait amende honorable pieds nus, torche ardente aux poings, devant la principale porte de Notre Dame. De là, ils furent conduits dans la place de Rosny, où ils furent pendus et jetés au feu. Il y avait une foule considérable, à cause du beau temps, et de la foire de la Madeleine. ».

 

En 1750, le marquis de Sabrevois vendit le domaine d’Issou, ainsi que les parts qu’il possédait à Guitrancourt, au très haut, très puissant et très illustre prince Monseigneur Charles Godefroy de la Tour d’Auvergne par la grâce de Dieu, Duc et souverain de Bouillon.

Le nouveau seigneur d’Issou avait épousé une petite fille de Jean II, roi de Pologne.

Le Duc de Bouillon, par un bail à vie, jouissait également de la terre de Montalet. Il fut un maître sévère.

Monseigneur de Bouillon recevait quelques fois la Marquise de Pompadour, qui elle-même, fut la maîtresse de Louis XV et jouissait d’un pouvoir sans bornes, pour la recevoir selon son rang. Le Duc de Bouillon fit de nombreuses transformations aux châteaux d’Issou et Montalet. Nous nous arrêterons seulement à celui d’Issou qui vit là ses plus belles heures et comme le dit le cadran solaire du colombier rond « HORACE NON NUMERO NISI SERENAS » (je ne compte que les heures sereines), phrase, que l’ont prête bien volontiers et sans doute à tort à la Marquise.

Car, faut-il le rappeler, cette devise est fort courante sur les cadrans solaires.

Il est vrai qu’à Issou le fantasme historique est fort répandu. Je ne prétends pas moi-même relater l’exacte vérité historique mais essaye de me baser sur des faits établis et en m’appuyant sur des archives réelles et historiques consignés, tels registres paroissiaux, textes anciens originaux monographie, et témoignages en ce qui concerne les fait contemporains.

Il ne fait nul doute que la Marquise venait passer du temps à Issou, les faits sont avérés, et qu’elle s’y plaisait, mais elle n’était certainement pas constamment sur ces terres et elle a du venir que très peu de fois. Mais semble-t-il qu’elle aurait passé des moments forts plaisants, à en juger par la hauteur des travaux faits pour elle, je n’en doute pas.

 Pour la recevoir donc dignement, le Duc fit exécuter quantité d’embellissements au château. Les jardins, agrandis encore par des acquisitions successives, furent dessinés sur des plans nouveaux. Le parc qui avait les proportions quasiment identiques à celles d’aujourd’hui, fut entièrement aménagé à la « française ». Des plantations d’arbres sur l’emplacement du vieux chemin qui montait en ligne droite des pressoirs l’église datent de cette époque.jardin bouillon

Le Duc voulant flatter le goût de la Marquise, fit enlever les vieux meubles du château et les fit remplacer par un ameublement « à la Pompadour ». On estima ses dépense a 150000 livres c’est-à-dire plus ou moins 400000 francs en 1900.

Vers 1760, le seigneur d’Issou, voulut relier par un chemin le bas parc au château. La principale rue du village en faisait obstacle, le duc fit donc construire une arche.

Le Duc, ajouta à la propriété d’Issou la portion qui lui donne le plus de charme, c’est-à-dire la partie inférieure du parc qui aboutit à la grand route de Paris et où se trouvait le potager*.

A cette époque, les constructions qui sont à côté du colombier étaient des bâtiments d’une petite ferme, dont la plupart des terrains d’exploitation s’appelaient les « terres Monsieur ». Elles étaient sur le plateau, à la droite du chemin qui conduit à Guitrancourt. Pour agrandir son parc, il donnait 3 perches de ses terres de la ferme, contre 1 au bas du village, en deçà de la grand route.

 

Après la mort de la Marquise, le Duc se défit du château d’Issou, le 23 août 1765 à Anne de Cluzel de la Chabrerie femme de Anne Louis Marquis de Mathan , la vente se fit pour 200000 livres, plus 40000 livres pour le mobilier.

Un inventaire fut dressé à cette occasion, nous permettant mieux de voir l’étendue des affaires au château. Tel le linge il y en avait énormément, nous n’allons pas tout citer ici, ça nous prendrait un temps infini, mais je vais relever ce qui me semble le plus intéressant.

« Les cuisines renfermaient les fourneaux, un four, une grande table, une moyenne table de décharge, une table fermant à clé pour le rôtisseur, un grand billot, un mortier avec son pilon, un saloir fermant, un grand tourne broche avec ses chaînes, cinq broches, grandes et petites, deux crémaillères, deux chenets, deux grilles…

Dans le logement du concierge se trouvaient quantité d’armoires renfermant le linge du château, on y comptait 30 paires de draps de maître, 30 d’officiers, 40 de domestiques, 10 taie d’oreillers, 6 plus petites, 4 douzaines de serviettes fines pour la table du maître, 20 nappes de cuisine, 20 douzaines de torchons, 12 douzaines de tabliers de cuisines …

La chambre des palefreniers renfermait 12 lits en couchettes ou à sangles, composés de 2 paillasses, un matelas, un traversin et une couverture de laine. »

 

M. Mathan était un homme de mœurs austères et d’habitudes tout à fait simples. C’est probablement pour satisfaire sa prédilection pour le calme et la tranquillité qu’il n’habitait pas le château même. Il avait son appartement dans cette portion des bâtiments qui font suite au logement du concierge et aux écuries.

M. Mathan était donc d’humeur fort changeante et assez impitoyable pour les destructions de gibier ; il fallait toujours payer l’amende ou aller en prison. Les geôles de Mantes furent à cette période emplies d’Issoussois.

 

Mme Mathan fit construire dans la partie la plus proche du colombier près du château, une petite chapelle, chapelle Ste Anne, bénite par M. Maheu le 27 juillet 1784.

C’est sans doute dû à ce trait de caractère ou à la perte subite d’un de ses enfants en 1765, celle également de sa nièce de 23 ans Perpétue du Fossé d’Ausfay, femme du Comte de Cluzel, ainsi que celle de son mari en 1790, qu’Anne de Cluzel, en 1791, période troublée par la révolution, quitta Issou, et ses biens, pour l’Angleterre. Pour se consoler de son départ et voulant un souvenir d’Issou, l’endroit où elle vivait bon train, elle prit avec elle le curé du village M. René Ambroise Maheu, qui pour cette occasion refusa de prêter serment.

Durant la période de la révolution, Mme de Cluzel étant en Angleterre, les biens avaient été mis sous séquestre pour être vendus, comme tous biens d’émigrés. Lorsqu’il lui fut possible de revoir le sol français, la vente n’ayant pas été effectuée, ils lui furent rendus.

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commentaires

Rose 28/03/2011 16:56


Je vous invite à découvrir mon blog , peut-être partagerons nous des passions communes :)


Rose 27/03/2011 14:46


Cet article est très intéressant et bien expliqué :)

http://les-falbalas-de-mademoiselle-rose.blogspot.com , mon blog traite du XVII et du XVIIIème siècle , ainsi que de la mode.


amartinez 28/03/2011 16:50



merci beaucoup :-)



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