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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 14:46

    Je vais à partir d’ici retracer l’histoire du château de 1977 à 2010.

 

 

Pour commencer, Madame Chaperon est morte en octobre 1976, à l’hôpital de Louveciennes et enterré au cimetière de Montmartre, avec Paul et ses beaux-parents, qu’elle n’a jamais connus. Le jour de son inhumation, il n’y eut pas grand monde pour l’accompagner vers sa dernière demeure.

 

Après l’enterrement, les choses se sont tassées au château, quelques petits vols déjà ont été commis, puis la mise en place de la lecture du testament. Le légataire universel en ce qui concerne Issou fut Monsieur Yves Félix Guyon, il s’occupa des dernières volontés de Marie, comme, donner la priorité à des amis et à certains Issoussois sur la répartition du mobilier, ce que firent sans se faire prier les familles Guyon, Contremoulin, Stevenin et d’autres, tout à fait légalement.

Le souvenir de la sœur de Félix partant avec sous le bras un tableau en forme de médaillon avec un cadre de bois doré restera dans la mémoire d’un membre de la famille Contremoulin, jusqu'à aujourd’hui encore. Elle promit à cette personne de l’expertiser puis de lui offrir, le fait est, qu’une fois expertisé, le verdict tombe, le tableau ne réapparut jamais. Est-il besoin de dire qu’il s’agissait d’un original de Vigée Lebrun ?

Il y eut aussi le retour de certaines parties de son mobilier dans un château, celui de la Malmaison. Mais pour une raison inconnue, la Malmaison ne vit aucunement de meuble, ni de tableaux. Peut être que le filleul n’était pas si désintéressé que ça, financièrement parlant, car lors de la vente les objets qui devaient aller à la Malmaison figurèrent sur le catalogue illustré de ladite vente.

 

La vente dura plusieurs mois, une bâche a même été placée sur le parvis du château pour accueillir les visiteurs, tant le monde se pressa pour voir enfin dans quel état était le mobilier et surtout se donner une idée du monde dans lequel vivait cette curieuse dame. Le billard Charles V parti pour 800 francs, une pièce de collection, les pieds trapus de griffon étaient dorés au mercure.

 

 

 

Nous l’avons dit plusieurs fois et nous ne reviendrons pas sur la vente frauduleuse d’un mobilier qui ne faisait pas partie du château même. Une fois le château vidé, ce qui restait rangé, le dernier tour de clé verrouilla pour un moment les allées et venues dans le bâtiment proprement dit. Mais pas tout à fait, car un trafic commença.

Une lettre de Monsieur Gabriel Lucas, envoyer au directeur des affaires culturelles en témoigne (CF pièces scannées). Il s’inquiète de voir que des parties décoratives du parc s’envolent chaque jour : les bancs de pierre, la croix de bois du haut parc, une cloche sur le mur du colombier rond (elle servait à annoncer les repas), une tête de cheval en pierre (elle était juste au-dessus de la grande porte d’entrée des grandes écuries, on peut toujours y voir son socle en bois incrusté sur le ravalement aujourd’hui), pire encore la grande statue de bronze qui ornait le centre du bas-parc, la statue du bûcheron (symbole même du parc d’Issou, elle était visible de la route départementale 190). Monsieur Lucas, qui était à ce moment-là le Maire de la commune, joua un rôle un peu sombre dans cette affaire. Il s’étonne de voir disparaître ces choses, alors il demande à ce monsieur si ce n’est pas une des associations scientifiques à laquelle Madame Chaperon légua le château qui serait venu se servir. Mais comment pouvait-il savoir ce qui disparaissait ? Etrange, surtout lorsque l’on sait que Monsieur Legrand récupéra la fameuse croix, qu’il restaura et plaça en l’église d’Issou avec l’aval de Monsieur le Maire. Alors que penser de cette lettre ? Peut-être une façon de se couvrir face aux vols de biens privés auxquels il participa peut-être lui-même, d’une façon ou d’une autre ? Est-il possible qu’il ait simplement couvert des personnes qu’il connaissait, en échange d’un pourcentage de vente desdits objets d’ornement ? Nous ne le saurons jamais et qu’importe, maintenant tout a disparu, même les vasques de pierre, les petites comme les très grandes.

 

 

 

Le fait est que ce que je raconte là n’est que le reflet d’une pensée personnelle, je n’accuse personne et ce que je vais raconter maintenant, m’a été rapporté, il y a fort longtemps. Je ne prends en aucun cas parti et ne prends non plus aucune position dans ce que je vais révéler, car ce qui suit la dame qui me l’a raconté n’est plus là aujourd’hui pour s’en expliquer.

 

"Un camion est entré dans le parc, il était conduit par un homme d’Issou, un plombier chauffagiste qui avait travaillé pour la châtelaine, il avait également réparé et modernisé la grande chaudière du château, cet homme est Monsieur Guy Contremoulin (je ne suis pas sur du prénom). Il est venu ce jour-là pour emporter la fameuse statue du bûcheron, il demanda qu’on lui ouvre les grilles du parc (à cette époque les grilles n’existaient pas du côté des écoles) et il partit en trombe au volant de son camion. Quelques heures plus tard, on remarqua que la statue avait disparu."

 

 

 

bucheron 02

 

bucheron 01

Cette histoire m’a été dite par Léone Hamon, alors gardienne du bas parc, rien ne prouve que ce Monsieur Contremoulin vola la statue, ou exécuta un ordre donné mais un fait est réel, la statue disparut juste après sa visite. Est-il besoin de préciser que le parc était encore non ouvert au public au moment de cette affaire ?

Les années passèrent, en 1984, la commune acheta le château et ses parcs.

Je me souviens, la première fois où j’ai franchi les grilles du bas parc, je devais avoir 5 ans, et je me souviens surtout de la luzerne tellement haute que debout, on ne me voyait pas. Je revenais souvent avec ma mère par le parc et nous passions parfois par le chemin qui monte vers le pont et nous redescendions par le chemin qui longe le potager. Nous passions par le grand bassin, je pouvais rester de longs moments à regarder ce bassin de pierre, vide, avec un tout petit peu d’eau au fond. Je demandais souvent à maman à quoi pouvait bien servir ce bassin, elle me répondait avec malice qu’il servait pour les crocodiles de la châtelaine, ce qui me faisait bondir à chaque fois hors du bassin. Un jour, alors que je m’y rendais seul, un mercredi après-midi, j’eus la surprise de voir à la place de mon habituel bassin, une motte de terre, plus de bassin. Quelle chose incroyable, la commune dans un souci de sécurité, je pense, préféra le combler, et dans la foulée décida de créer un terrain de boules pour notre vénérable population du troisième âge. Un véritable succès, cela dit.

Le terrain a été construit près de la nouvelle entrée, face au groupe scolaire Ferdinand Famy et de la place de la mairie. Cette ouverture a été faite pour faciliter l’accès aux écoles en passant par le parc, ce qui donne une sécurité face au chemin longeant la route départementale et évite ainsi des accidents qui ont pu être mortels.

C’est aussi dans un désir de simplification que la commune créa, dans de vieilles remises au fond du parc, les cantines scolaires, la remise en état, l’homologation ainsi que la mise aux normes ont été faites dans la même période.

C’est aussi vers ces années là, que mon frère accompagné de ses amis d’enfance Cyril et Albertho, se rendaient très souvent au château et aiguisaient mon envie d’aller avec eux, ce qui ne se fit d’ailleurs jamais, prétextant qu’il y avait une enclume accrochée et que si on ne faisait pas attention, elle nous tomberait sur la tête. Qu’est ce que l’on n’inventerait pas pour se débarrasser de son petit frère.

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