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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 17:05

       

Plus les années passent, plus je collecte des documents relatifs au château, mes archives personnelles s’étoffent, je monte un premier book, qui a beaucoup plu, mais il restait plutôt amateur, du haut de mes seize ans, j’avoue ne pas être calé en orthographe ni en tournure de phrases, vous l’aurez forcement remarqué !

La mairie me fit un autre honneur, bénévolement, mais sûrement, je suis nommé guide du château.

Les plus belles années sont devant moi, le pire c’est que sa marche, de nombreux Issoussois sont intéressés par mes visites, l’effet fait boule de neige, les visiteurs parlent à leurs amis de mes visites et chaque week-end j’ai du monde.

J’essaye de faire revivre l’espace de quelques heures, la vie du château, mes visites ne sont jamais deux fois les mêmes, toujours une petite anecdote sur la châtelaine ou sur la vie à cette période. Ce que je redoutais le plus, c’était de voir débouler les anciens d’Issou, un jour ça n'a pas manqué, je vois arriver nos chers anciens qui bien évidemment connaissent parfaitement l’histoire du château pour l’avoir vécu personnellement pour la plupart.

J’avais forcement le trac, mais à la fin de la visite, j’ai même eu le droit à des pour boires, que je refusais toujours catégoriquement, mais j’étais fier d’avoir bravé la mémoire de nos vénérables Issoussois et surtout fier de leurs encouragements et félicitations. Le test passé, j’ai été contacté par les écoles, et ils me proposaient d’organiser avec les écoliers une visite ludique et surtout historiquement enrichissante pour eux, une fois de plus le trac me guettait, après une longue réflexion qui dura bien 10 minutes, j’accepte cette grande mission.

Me voilà donc en face de 60 enfants et des deux enseignants qui les accompagnent pour une visite d’un après-midi complet. Le premier instituteur, Monsieur Durant, le second, Monsieur Bellot, la visite c’est très bien déroulé, j’ai eu le droit à quelques questions du genre :

-Est-ce que Marie Antoinette dormait ici ?

-Est-il vrai qu’il y a le fantôme de la Dame Blanche.

C’est vrai qu’une légende urbaine veut que le château soit hanté, mais la seule hantise qu’il y a vraiment, c’est de voir un beau matin le château par terre.

Les enfants ont été vraiment adorables, et nous avons passé un moment fort agréable.

L’association des amis du château se voit avec de plus en plus d’adhérents, et organise

 

 

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Ponctuellement, des chantiers de nettoyage et de restauration.

Le premier à ma connaissance, a été le nettoyage des gravats accumulés dans les nombreuses pièces du bâtiment, dû à l’effondrement des plafonds, nous nous sommes munis de balais et de pelles, nous avons vidé tous les morceaux de plâtre tombé et en accord avec la mairie nous les jetions par les fenêtres ainsi que sur le toit des cuisines, qui je l’avoue faisaient peine à voir.

C’est à partir de ce moment-là que je me suis décidé à laisser ouvert toutes les fenêtres et volets du château, à chaque fois que je m’y rendrais, histoire de faire respirer les murs et de sécher les différentes pièces, le problème c’est que toutes les poignées avaient été, soit vendue, soit volées, car, en effet, les crémones et les poignées étaient en bronze.

Je ramenais de chez moi une pince-étau et chaque jour, je faisais le tour de toutes les fenêtres une à une, et chaque soir la même manœuvre pour refermer.

Quelques mois plutôt, en 1995, la commune avait décidé pour stopper le vandalisme au château, de murer les portes fenêtres du rez-de-chaussée à l’aide de plaques de plâtre, le problème c’est que depuis tant d’années l’électricité avait été coupée, donc pas du tout de lumière.

Il faut savoir que quand les volets sont fermés, il n’y a presque pas de jour qui rentre, le véritable trou noir est au niveau du salon de Monsieur ainsi que le boudoir de Madame.

Après le nettoyage et pour le bi centenaire de la révolution, une paroi a été mise, fermant le passage dans le couloir principal, nous obligeant forcément de passer par le salon et le boudoir pour rejoindre le couloir et la porte fermant le bâtiment à clé.

Je ne suis pas peureux, mais j’avoue qu’à chaque fois que je passe par là, une légère impression désagréable et incontrôlable monte en moi.

Impression de poids, d’inconfort comme si j’étais guetté.

Mais, je n’ai jamais rien remarqué d’autre, aucun phénomène paranormal ni quoi que ce soit à ce sujet, parfois une porte qui s’ouvre et se ferment seul, mais le château est un vrai nid à courants d’air.

Je ne sais pas si j’étais le seul à éprouver ce sentiment, mais un beau jour, une bonne idée pris Patrick Perrault, faire remettre le courant, un câble avait été tendu depuis la route jusqu’au château pour l’usage du film Camille Claudel.

Il passe à travers les anciennes cuisines, le boudoir de Madame Chaperon grossièrement, mais la lumière refit son apparition pour les 4 pièces d’en bas.

Ce qui ne résout d’ailleurs pas mon angoisse, car malheureusement en partant, il fallait éteindre juste avant le salon de Monsieur, aucun interrupteur n’avait été pensé après le salon, ce qui nous forçait à replonger dans le noir pour sortir.

Les seules entrées et sorties possibles sont, la porte-fenêtre centrale, qui donne sur la salle du billard puis la porte qui est sur le côté du château, elle-même donne vers le pigeonnier rond.

 

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Cette dernière est l’accès qui permet de verrouiller le château, c’est par-là que l’on sort, l’autre est fermé de l’intérieure par un système de barres métalliques fermant la porte et les volets en même temps.

Quand j’étais petit, l’entrée au château se faisait par les cuisines, les portes-fenêtres étaient déjà fermées, mais simplement à clés, car, les cuisines, comme je le disais, ont été ajoutées au bâtiment au XIXe et communique donc avec le château par, ce qui servira de communs et d’offices et qui autre fois donnaient directement dehors

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    Une fois passée par les cuisines, une porte nous mène dans un couloir qui débouche soit au fond dans la salle à manger. Ou à l’opposé dans le couloir de l’entrée principale, fameux couloir dallé de marbre noir et blanc..vestibule 001

Ce couloir a longtemps été, les murs couverts de tableaux, puis recouverts de palissage avec de nombreuses plantes vertes telles un jardin d’hiver

C’est par ce couloir, qu’au temps de Madame Chaperon, les domestiques passaient pour entrer et sortir,  dos au château.

Le second week-end de nettoyage, fut  pour les douves.06470018.JPG

Le manque d’entretien et les années passées les ont mises dans un état plus qu’improbable.

Les feuilles tombées, la vase de la pièce d’eau, les arbustes qui commencent à pousser de-ci, de-là, cachent complètement les pavés qui forment l’allée qui mène à la pièce d’eau.

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Plusieurs aller retours de tracteurs, benne pleine, ont été obligatoires pour retrouver leur apparence.06470201.JPG

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Sous le balcon du boudoir de Madame Chaperon, un  compartiment en béton  crée pour accueillir une cuve de ce que je crois être du gaz, évidemment, nous ne pouvions pas la laisser défigurer ce lieu.06470148.JPG

06470200C’est lors de ce nettoyage que fut découvert, rangée dans une des deux douves, le squelette de la barque qui était toujours dans la pièce d’eau, nous la voyons sur de nombreux clichés carte postale, et deux rames, hélas la barque fut brûler et je n’ai pas du tout pensé à la photographier, j’ai conservé les rames que je m’empressa de ranger dans le château.

Il y eut beaucoup de monde ce jour là pour aider au nettoyage des douves et comme souvent le soir un grand barbecue couronna la fin du chantier.

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Il y  eut de nombreux chantiers de la sorte, comme le remplacement des plaques de placoplâtre qui avaient été éventrées par des vandales, la création d’un petit bar dans l’entrée principale, la réception de nombreux livres de la bibliothèque municipale, dont le surplus à été vendu lors de la brocante.06470124.JPG

Il y eut aussi de nombreuses manifestations comme des rétro-mobiles où des passionnés de voitures anciennes purent venir vendre des pièces détachées et des acheteurs voir s’ils pouvaient trouver leur bonheur.retro-mobile01.jpg retromobile.jpg 

  (Retro-mobile au château lors de la première j’ai été invité à parcourir un circuit dans les rues d’Issou, Gargenville et Porcheville à bord d’une magnifique traction de 1935 semblables à celle de Madame Chaperon, grâce à Monsieur Doucet un collectionneur de Juziers.)  

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1998, est un grand tournant pour moi, mes études fini, je m’engage chez les compagnons du devoir, test effectuer, je finis meilleur de ma section, aptitudes requises excellentes, finalement très content je quitte le cycle scolaire pour m’introduire dans la vie active, les compagnons m’embauchent avec les félicitations de mes enseignants c’est le cœur gros que je quitte mes profs Madame Ruth Saussereau, Madame Levrat … Mais heureux d’avoir trouvé une voie qui me plais, staffeur stucateur chez les compagnons, mon stage se fait dans de très bonnes conditions, tout le monde me disais :

-Tu verras, c’est assez particulier chez les compagnons, strict et ambiance militaire.

Je vous avoue que j’ai été ni mal traité, ni brimé, aucuns soucis d’aucune sorte. J’ai trouvé l’ambiance familiale, les uns soudés aux autres, une vraie confrérie dans le sens noble

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Mon stage fini, il me restait à trouver un employeur, et là, le drame, il faut juste que je vous dise que je ne suis pas quelqu’un de faignant, je suis débrouillard et je ne me laisse pas abattre par quoi que ce soit, mais j’ai rencontré en cette période une très mauvaise expérience, celle de l’embauche, vu ma spécialité et la raréfaction du staff dans les habitations, les employeurs que j’ai rencontrés ont tous été frileux d’embaucher une personne en plus dans leur entreprise, pourtant j’ai fait énormément de départements et bien sur tous les arrondissements de Paris je suis allé jusqu’en Normandie et hélas aucune réponse positive, j’ai dû abandonner mes rêves de compagnonnage.

 

Me voilà sans école, pas de travaille, mais avec un château et des rêves pleins la tête, je me prends quelque temps de vacances à la maison, au grand regret de ma maman, mais cela ne dura que deux mois, car je me décide à frapper à la mairie de nouveau et demander si une place à la commune était disponible, je me voyais bien en tant que fonctionnaire, tout le monde s’y vois bien, je pense, avant d’accepter le maire décide de faire une réunion avec son secrétaire et le directeur des ateliers municipaux, qui allait être mon responsable hiérarchique direct, pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui le maire et le secrétaire se sont absenté du bureau me laissant seul avec lui, et au moment de signer mon contact il se penche vers moi et me dit textuellement :

 

- « Si tu signes ce contrat, ce sera pour toi cinq ans de deuil ! »

 

Je n’ai pas compris sur le coup, mais les choses allaient être très claires rapidement.

De retour dans le bureau, le maire me fait signer le contrat en tant qu’agent d’intervention d’urgence du patrimoine sur le site classé du château d’Issou, en gros, tout ce que j’ai toujours voulu, travailler au château, les premiers jours se passent différemment de ce que je pensais, à cause d’un manque de personnel j’ai été demandé sur une rue d’Issou pour remplacer du goudron et supprimer les nids de poules, armé d’un marteau piqueur je m’exécute, puis, je me retrouve à arpenter les rues d’Issou avec un sac-poubelle à la ceinture et je ramasse les ordures que les personnes laissent par terre, le tout, autour du parc et dans le parc aussi, à cette époque j’ai reçu une lettre de Martine Aubry qui venait de créer les emplois jeunes, c’est à ce titre que la mairie m’avait employé, contrat de 5 ans renouvelables tous les ans.

J’avoue qu’il m’en a fait voir des vertes et des pas mures, il avait raison 5 ans de deuil, tout était bon pour me discréditer, alors que les choses semblaient bouger au château et qu’une réunion se faisait avec des hauts fonctionnaires d’Etat, pour prendre en compte l’étendue des dégâts, il m’avait été interdit d’aller à leur rencontre, imaginez ma haine, je ne me suis pas dégonflé, l’après-midi de leur visite, je suis monté au château avec mes photos mes plans, etc. pour leur présenter l’historique des lieux, il y avait bien entendu Nadège qui elle-même avait apporté le strict minimum et moi j’étais chargé comme une mule, bien évidemment mon intervention n’a pas plus à certaines personnes, mais le plus important pour moi c’était de plaire à nos visiteurs, ce qui a bien sûr été le cas, j’ai été félicité par l’équipe qui m’ont encouragé à persévérer et j’ai même été chargé de suivre les travaux d’urgence, cela dit, c’est la raison première à l’origine de mon contrat, ce que le directeur n’acceptait pas du tout, j’ai donc fait rebâcher le château, car le vent avait eu raison de la première, puis essayer de bâcher certains endroits qui ne l’étaient pas, c’est à ce moment que l’équipe nous informa qu’il était hors de question d’intervenir sur certaines parties du château dû à l’état de la charpente, premier coup dur, puis j’ai demandé à ce que les gouttières soient débouchées, car depuis toutes ces années de déchets accumulés les ont complètement bouchées et depuis l’eau déborde sur le ravalement en plâtre ce qui cause bien sur des écroulements de pans entiers de la façade. Ce que je ne savais pas, c’est que la vengeance allait bientôt tomber, et en effet, il m’envoya dans l’ancien potager, celui où il y a la serre, il me demanda d’arracher toutes les souches d’arbres, à la main, car une autre association nommée PLIE, s’est proposé de venir avec des jeunes en réinsertion pour travailler dans le parc, bonne idée en soit, ils ont fait un travail exemplaire, tous les baliveaux ont été enlevés, l’espace des potagers, vergers, ont été complètement nettoyé, les murs d’enceinte ont été refaits enfin bref du travail magnifique, le problème pour moi, c’est que les arbres qui avaient poussé-là ont simplement été coupés, il a fallu retirer les souches, malgré que la commune soit équipée en matériel, il insista à ce que je le fasse à la main, pelle, pioche, et bec corbin. Je vous laisse imaginer dans quel état je rentrais le soir à la maison.

Heureusement dans mon malheur j’avais à mes côtés un collègue vraiment extraordinaire, Frédéric Devos, embauché en même temps que moi et avec moi au château, nous en avons chié par fois, mais nous avons vraiment passé d’excellents moments.

Il nous donna pour ordre de dégager les anciennes allées qui avec le temps avaient disparu sous la couche de terre, le tout bien entendu à la pelle et à la

Le jardin prenait une toute autre allure, il commençait à retrouver son aspect d’autre fois, les buis ont été taillés, par endroit on en rajoute, ce qui reforme la contre allée végétale marquant un cercle autour du bassin de réchauffement.

 

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  La serre, elle, ce voit ses arceaux déposés et emmenés dans les ateliers municipaux, André Lettelier a complété le travail de ferronnerie, et ils ont été remis comme neuf sur leur support d’origine.potager-07.jpg  

Avec Didier Robert, nous avons planté de nombreuse variété de rosiers de jasmins clématites etc. des arceaux métalliques ont aussi repris place au-dessus des allées redonnant ainsi une touche d’élégance du passé.potager-03.jpg  

C’est alors que je vois au pied de la serre un petit rosier qui ne ressemblait à rien, tant les années de négligence ont été cruelles avec l’endroit, je décide donc de ne pas l’arracher et d’essayer de le refaire partire, quelle ne fût pas ma surprise de le voir reprendre totalement et rapidement du poil de la bête, je crois que c’est le seul du parc a être d’origine.

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     Les mois passent et les choses dégénèrent avec le directeur des ateliers technique, il se met à me parler de mal en pis et un beau matin je décide de prendre mes cliques et mes claques et d’en finir avec toutes ces remontrances ces allusions et ses coups foireux, je monte en mairie et en parle avec monsieur Autret alors le secrétaire général qui essaye tant bien que mal de m’expliquer qu’il ne pouvait pas faire grand-chose et le maire pareillement. 

Pris de colère que je passe, par des voies hiérarchiques plus hautes il me fit, de plus en plus de scènes.

Un matin alors que nous l’attendions tous devant l’entrée, il arrive avec la Clio de la mairie à fond, moi je le suis des yeux et il sort en me pointant du doigt en me disant: "t’a un problème toi" !?

"Me fais pas chier, aujourd’hui je te préviens, ça va mal aller pour toi" !

Je suis resté bouche bée, je n’avais rien fait que le regarder passer je n’avais même pas ouvert la bouche, encore une matinée qui commençait bien.

Un après-midi, alors que je travaillais au château, il se pointe , moi pris d’un coup de sang, alors qu'il me gueulait dessus et il hurla:" Arnaud me prends pas pour un con", je lui répondis aussi tôt, "mais, je vous y prends pas je vous y laisse" !

Là j’entends rire, les employés municipaux qui étaient derrière moi.

Je venais de le moucher, devant tout le monde, mais bien évidemment il savait ce qu’il faisait, il avait des témoins alors que moi quand il me poussait à bout, il s’arrangeait pour être seul avec moi.

Il jubilait!

Le fait est qu’un an jour pour jour, je décide de démissionner de mon poste, Il gagna pour un temps.

Voilà qui arrêta net mes espoirs de carrière au château, après ça, mon orientation prit un chemin tout à fait différent.

 

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commentaires

Raphael 30/03/2011 18:43


Alors, pas de fantôme finalement ?
Bon, quand est-ce qu'on aura droit à une visite privée ?


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