Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 20:22

 

Les de Dampont remanieront le pigeonnier carré qui menaçait de s’effondrer ; il est dit dans un texte « reste du vieux manoir féodal » en parlant du pigeonnier, c’est pour cette raison que nous le datons du XVIe siècle.

  

ROBERT4Vers 1560, l’hôtel seigneurial était donc sur l’emplacement occupé par le château actuel, et si un dénommé Tassin de Dampont (1481-1512) demeurait à Issou, il habitait un manoir probablement démoli ou brûlé pendant les guerres continuelles de cette époque.

Nous avons la certitude que la demeure avait été édifiée soit par Denys (1512-1546), soit par son fils, dans la 1ère moitié du XVIe siècle. Le colombier est encore intact ; il reste aussi, dans la partie appelée la ferme, à laquelle on arrivait par le vieux chemin du Cocriamont, quelques vestiges de l’hôtel de Dampont, « le pavillon » (pigeonnier carré) date donc de la même époque.

                                                 

Cette famille allait rester propriétaire des bâtiments plus ou moins 2 siècles et fit aménager ses biens de plus en plus élégamment. Du château féodal, nous allons passer, petit à petit, à un élégant château, délaissant le côté austère et défensif, qui était à l’époque une nécessité face aux éventuels envahisseurs, pour un lieu où l’élégance s’alliera au confort. De l’architecture classique et lourde, à une architecture plus légère, lisse et épurée, le Moyen Âge allait passer et laisser sa place à la Renaissance.

Le mobilier du château allait lui-même augmenter. Autrefois, on se contentait d’une paillasse, de quelques tapisseries, aucun luxe ostentatoire n'était remarqué. Mais, maintenant, la mode, le sédentarisme et les batailles faisant moins rage, les châtelains aiment rester en leurs terres. Ils décident donc de personnaliser un peu plus leurs habitations. Les jardins naissent aux abords du château, les épais murs de protection laissent place à des murs plus fins et moins hauts, les limites du parc sans cesse agrandies. On décide même d’implanter un élégant potager garni d’arbres fruitiers, de plans de légumes et pour la première fois des fleurs même font leur apparition.

Dans un premier temps, le verger-potager se situe dans le moyen parc d’aujourd’hui. En effet, malgré les acquisitions successives de parcelles de terrain, le parc n’est toujours pas celui que nous connaissons maintenant. Le potager est vraisemblablement du coté ouest du parc, sous le colombier carré. Il y avait également de nombreuses dépendances où se trouve le passage menant au haut parc, telles des fermes et habitations diverses et variées empiétant même sur la rue du Cocriamont, qui n’était alors qu’un petit chemin derrière le bâtiment, au beau milieu des bois.

Ces terrains ont été cédés à la commune vers 1815 par M. Martin qui à cette période était non seulement châtelain mais aussi maire de la ville. Nous lui devons pas mal de travaux, bons comme mauvais, mais nous aurons l’occasion d’y revenir plus tard.

 

L’année 1602 est marquée par le mariage d’une fille de Dampont à un seigneur, baron de Maule, Nicolas de Harlay de Sancy (1602-1612). Egalement surintendant des finances de notre Roi Henry III, il venait de se faire donner en gage, une pierre précieuse, le non moins fameux diamant « le Sancy ». NICOLAS 01

Le diamant fut donc offert par le roi titulaire Antoine du Portugal, prieur de Crato, 13 années plutôt, ce même Roi (Henry III) emprunte le Sancy pour qu’il serve de gage au 15000 Suisses recrutés durant la guerre contre les Catholiques et les Protestants.

Demandé par M. Harlais de Sancy, un serviteur devait porter la pierre précieuse à Henry III. Attaqué en route par une bande de voleurs, le serviteur fut assassiné. On fut longtemps sans savoir ce qu’il était devenu, quand on découvrit l’endroit où il avait été enterré. La certitude de son assassinat fit songer à ouvrir le cadavre dans lequel on retrouva la tant fameuse pierre. L’envoyé de M. de Sancy avait pu l’avaler avant de mourir, sans qu’aucun des brigands ne s’en fût aperçu. SANCY

M. Harlay de Sancy était d’une légèreté excessive, en fait de religion ; il en changea plusieurs fois, selon que ses intérêts le lui commandaient, du catholicisme au protestantisme et vice-versa. Henry IV qui, sur ce point, en fut le plus bel exemple de son temps, disait, en parlant de lui : « il ne lui manque que le turban. »

 

Le temps passe et nous n’avons plus grands renseignements sur l’activité au château si ce n’est, qu’il n’y a plus grand entretien des locaux. Nous allons donc nous intéresser, pour un temps, à la façon de vivre sur les terres Issoussoises.

 

Vers 1642, sous l’autorité du seigneur Nicolas de Dampont (1637-1655), un dimanche d’août à l’issue des vêpres, la population d’Issou fut subitement attirée au Cocriamont, à quelques cent mètres du château seigneurial. Quelques habitants des communes voisines étaient venus grossir le rassemblement qui se trouvait devant la maison de Loÿs Godde, jeune homme d’une trentaine d’années, l’un des meilleurs vignerons de la contée (Issou était une terre de vigne fortement réputée figurant parmi les vins de Mantes, importés jusqu'à Jérusalem tant ils ne se gâtaient pas et restaient longtemps bons à consommer malgré les différentes températures, etc.…).

On avait appris, le matin même, que Loÿs, marié depuis un an seulement, s’était rendu coupable d’un crime incestueux avec Denize Darcy, sa belle-mère, et que c’était cette dernière elle-même, qui avait dénoncé le commerce criminel, accusant son gendre d’avoir abusé d’elle. Loÿs, sur ordre de Nicolas de Dampont, avait été arrêté aussitôt et incarcéré ; quant à Denize, on l’avait laissée libre.

Mais à Issou, on savait combien elle était coupable, et sa complicité ne faisait aucun doute pour personne. On s’indignait de la conduite qu’elle avait tenue en cette affaire. Ainsi, fallait-il entendre les propos qui circulaient dans la foule venue pour voir Loÿs que l’on venait d’extraire de sa prison.

« Je pensais que cela finirait mal », disait un voisin de Denize, « mais je n’aurais jamais supposé qu’elle fût coupable d’une telle aussi méchante action. »

« Sans compter, que la belle a mis du temps à s’apercevoir de sa faute, puisque selon son dire, elle est enceinte depuis plus de six mois » répondit l’autre.

« Il est certain que Denize consentait à recevoir chez elle, criminellement, le mari de sa fille ; elle mérite donc le même châtiment que lui, et si j’étais le seigneur d’Issou, je lui choisirais un cachot dans lequel je l’enverrais méditer sur les cruautés de l’amour. »

Pour en revenir à l’infortuné Loÿs, lui et tant d’autres coupables de fautes semblables, ne reçoivent-ils pas l’exemple d’en haut ? Certains juges, certains membres du clergé même, par leurs conduites déréglées, donnent à la morale publique des exemples pernicieux et impriment dans l’esprit de ceux dont la volonté et la chair sont faible une fausse direction. Il ne faudrait pas chercher bien loin dans la famille du malheureux d’aujourd’hui pour prouver ce que j’avance. Loÿs a des biens et jouit d’une situation prospère ; mais il a eu le très grand tort de se mettre mal avec son parent, notre ancien curé auquel il doit quelque argent.

La convoitise et la haine trouvent trop souvent à se loger dans le cœur de ceux dont la mission est d’enseigner le pardon et je crois, pour tout dire, que Denize a obéi à des conseils intéressés en dénonçant son infortuné gendre.

A ce moment, un mouvement de foule se produisit, on venait d’apercevoir Loÿs conduit sous bonne escorte. Sa jeune femme qui lui pardonnait tous ces torts envers elle, avait pu s’approcher de lui, et le tenant embrassé, suppliait le seigneur de Dampont de vouloir bien lui laisser son mari. On parvint, non sans peine, à les séparer, cependant, des témoins murmuraient. Mais la veuve Darcy qui s’était posé en victime, et que protégeait, d’ailleurs, une influence occulte, ne fut inquiétée en aucune façon.

Quelques temps plus tard eut lieu le procès, convaincu d’avoir abusé et engrossé sa belle-mère, il fut condamné à être pendu haut et court en lieu et place du bas de la rue du Cocriamont (à l’angle de la rue du Cocriamont et de la rue de la Fontaine).

Le soir de sa pendaison, on vit sa femme au pied du gibet, écroulée de tristesse et secouée de sanglots. Elle se pendit à son tour dans sa maison qui ne lui appartenait plus car ses biens furent confisqués et acquis par le Roy, lequel en fit dons au seigneur d’Oinville.

 

Au Moyen Âge, le seigneur avait seul le droit de construire des moulins sur ses terres. A Gargenville, dès le XIIIe siècle, il y avait 2 moulins à eaux. A Issou, commune moins heureuse, cette force naturelle n’existant pas dû au manque d’eau, il n’y avait pas de moulins. Les seigneurs louaient aux meuniers des environs le droit de chasser sur leurs terres, c’est-à-dire de ramasser les grains pour les moudre. Le meunier, à qui ce droit était concédé, portait le nom de Cacheux ou Chasseux (selon les régions), les sacs ramassés par lui se nommaient les monnaies. Nicolas de Dampont loua ce droit au meunier de Brueil.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de histoire-chateau-issou.over-blog.com
  • Le blog de histoire-chateau-issou.over-blog.com
  • : Essaie sur l'histoire de la ville d'Issou (78440) à travers des photos textes et tous autres documents en particulier sur le château
  • Contact

Recherche

Liens