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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 16:18

La famille Chaperon, ou décadence d'un patrimoine

 

Dès 1898, les Chaperon se portèrent acquéreurs de la propriété d’Issou ; ils vont être les derniers propriétaires du château jusqu’en 1976.

 

Marie Catherine Josèphe Thonnier la Rochelle, née en 1883 à Moulin dans l’Allier, fille d’Adélaïde Blanchard et d’Aymar Thonnier, avocat, passa sa jeunesse à Moulin et à Cérilly, au château de La Pierre chez des amis de la famille, les Dumas Primbault, à tel point qu’on lui prêta l’acquisition de ce

Marie 01

château qui en réalité ne lui appartint jamais.

De sa jeunesse nous ne savons pas grand chose, si ce n’est qu’elle étudia longtemps. Elle obtint vers 1900 son brevet de capacité à l’enseignement, elle parlait couramment l’anglais, le français et l’italien. Elle rencontra M. Paul Chaperon à Billère, dans les pyrènes, où elle passait ses vacances en famille. De cette rencontre, nous ne savons pas grand chose non plus mais, le fait est qu’ils se marièrent vers 1902 et achetèrent le château à crédit, à Mme De Jean qu’ils payèrent en deux fois et laissèrent l’usufruit à « l’ancienne châtelaine ». Contrairement à la légende rurale, le château n’a en aucun cas été offert aux Chaperon comme cadeau de noce par un oncle fortuné de Mr. Le fait réel, est que pour cadeau de noce, ils firent le tour du monde sur un paquebot de grand luxe, firent de nombreux safaris et ramenèrent de nombreux objets d’Afrique comme des défenses en ivoire qu’ils placèrent dans le salon de Mr au rez-de-chaussée, et des fourrures (légal à cette époque) de Chine.

Durant leur voyage des travaux conséquents se firent au château supervisés par M. Leroy alors jardinier, régisseur du château, qui rendait régulièrement compte aux Chaperon. Ils décidèrent de moderniser les lieux en installant l’électricité, ainsi que les commodités que le nouveau siècle rendait possible à une certaine classe sociale.

Dans un désir de personnalisation, ils jugèrent de compléter le mobilier intérieur pourtant déjà très élégant mais pas forcément à leurs goûts.

Ils changèrent aussi la disposition de certaines pièces à vivre, tout comme la décoration ; parfois avec goût, comme le boudoir de Madame ainsi que sa chambre, mais parfois faisant certaines fautes de goût, comme faire retirer les caissons des plafonds de la salle à manger et repeindre en blanc sur ses fresques.

Tout comme le salon de Mr Chaperon, qui eut le même sort, les belles peintures bleues et blanches ont laissé place à une peinture uni et marron.

Les châtelains firent de belles transformations, comme le ravalement de style Grand-Trianon, en y ajoutant sur les 5 clés de voûte de chaque fenêtre et portes-fenêtres, des mascarons que la légende veut du château de Versailles.

mascarons

 

Ils jugèrent également, pour une raison clairement esthétique, de remplacer les volets extérieurs, pour les insérer dans le bâtiment, ce qui lui donne un aspect XVIIIe siècle.

Les allées sont repensées, des jardins paraissent ici ou là, comme au pied du colombier rond où jadis un parterre de gazon avait remplacé une serre chaude. Un jardin à la « française » avec une fontaine parut donc à cet endroit, tout comme au pied et au dos de l’orangerie.

 

Mme Chaperon a elle-même pensé aux plans que formaient ces jardins, plusieurs essais sont aujourd’hui consultables aux archives départementales.

Elle avait le goût du beau, de la symétrie, des choses et curiosités du XVIIIe siècle.

travaux 1901

 

 

Ci-dessus les travaux de 1905.

 

Monsieur, lui, préférait nettement le côté plus austère du Néogothique, comme preuve, sa chambre très sombre et chargée de mobilier tel un Dagobert, un ensemble lit, armoire, écritoire, le tout dans le même style Néogothique, paru dans le journal de la vente aux enchères de 1977.

Paul Chaperon

Le bas parc, aussi, eut droit à ses jardins, restauration des abords du pont, aménagement du grand bassin, création d’un jardin d’isolement près du petit pavillon de repos, réaménagement des potagers et vergers, légèrement délaissés par les anciens propriétaires, dû à leur âge et au manque de personnels. Les communs ne furent pas délaissés, comme la maison du gardien au bas parc, mise en électricité et commodités, tels l’eau et les sanitaires.

 BACHE 01

Une restauration de toutes les toitures du domaine fut effectuée. A l’heure actuelle, la toiture du château est bâchée depuis 1996, aucune entreprise depuis 2000 ne veut prendre le risque de monter sur le toit vu l’étendue des dégâts. En effet depuis 1976, le château subit les outrages des intempéries et les dégâts sont très importants ; dès qu’il pleut l’eau pénètre la charpente puis s’infiltre dans les murs, les planchers. Le sinistre est incommensurable.

Jusqu’en 2003, le toit tenait à peu près bon, mais une nuit de grande pluie toute la partie nord est tombée.

L’ampleur de la chute est immense, la partie tombée, s’étend du labo photo, à l’atelier de peinture, c’est la partie qu’il y avait juste au-dessus des cuisines, elles même volontairement retirées du château en 1998, jugées, à tort, trop dangereuses.

Peut-être une conséquence de cet acte ?

Nous reviendrons plus tard sur les dépendances.

Le parc, aménagé dans le style anglais depuis 1903, est divisé en 3 :

Le haut parc, est l’ancien rendez-vous de chasse du Duc de Bouillon et du Roy.

Le moyen parc, lui, est dédié au château proprement dit, les arbres l’enserrent comme un entonnoir et laisse entrevoir une belle perspective sur la vallée de la Seine depuis la terrasse.

Enfin, le bas parc, est relié avec le moyen parc par un élégant pont de fer forgé, construit par Mr De Jean. Cet espace, lui, est propice à la détente, la promenade romantique sous les allées de tilleuls.

Le château possédait son potager, sa métairie, des fermes, une laiterie, une faisanderie, des écuries, des ruches, un grand verger.

Tout ce qu’il faut pour vivre en autarcie dans un confort non négligeable.

De temps en temps, un bosquet frais, un bassin d’agrément, venait surprendre l’hôte en promenade. Des bancs de pierre étaient aussi disposés sur les chemins, plusieurs statues dont une remarquable en bronze d’1,70 m à l’effigie d’un bûcheron trônait au beau milieu du parc ; cette statue était visible de la route.

Nous allons maintenant nous pencher sur les communs, il y en avait beaucoup comme je le disais plus haut.

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commentaires

RaphaelD 29/11/2011 22:11

Alors, quand est-ce que tu nous amènes le découvrir "en vrai" ce château ?

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