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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 00:08

Pour la quasi-totalité du matériel agricole entreposé au château, la location n’était pas énorme, mais suffisante pour les châtelains. Ce qui rapportait bien plus, c’était bien sûr la location du terrain. Par la suite, le matériel a été vendu en 1977, mais pas en totalité.

 

Le parc :

 

Au niveau de la laiterie, il y a un hangar, et juste en face de celui-ci la faisanderie. Entre les deux, il y a un espace aujourd’hui encore recouvert de paille, mais lui-même recouvert de lierre, et c’est là que reste la semeuse. Depuis de longues années, elle prend l’eau et elle rouille. Adossé au mur extérieur de ladite faisanderie, il y a une forme assez étrange, un monticule vert feuillu, une grosse touffe de lierre grimpant sur quelque chose, je me suis souvent demandé ce que pouvait bien cacher cette verdure.

 

Un après-midi d’été, alors que je me promène par là, je prends mon courage à deux mains et me dirige vers cette masse, bien décidé à découvrir ce que c’était, toujours avec une attention accrue, car à de nombreuses reprises mes pieds avaient marché sur un serpent qui prenait le soleil. Forcément, n’aimant pas vraiment la compagnie de ces reptiles, je faisais de grands pas pour éviter de les écraser.

 

Arrivé sur la fameuse chose verte, je commence à arracher le lierre par grandes poignées et je me rends vite compte que ce n’était pas si dur que ça, en fait. Les années avaient dû former une sorte d’humus sur lequel le lierre poussa, les racines n’allant pas profondément, chaque arrachage retirait de grands lambeaux. D’un coup et très vite, j’ai compris qu’il s’agissait de tas de pierres d’une longueur assez importante et de forme rectangulaire.

 

C’est alors que je me retrouve face à une bonne dizaine de marches en pierre empilées les unes sur les autres, ces pierres ressemblent beaucoup aux marches qui permettent d’accéder au château. Est-ce un reliquat ou bien avaient-elles une utilité ? Je n’en ai jamais rien su.

 

Le long de la métairie, mais côté église, j’ai retrouvé des grilles de fer forgé qui servaient d’aération aux écuries, elles sont de forme rectangulaire, complètement ouvragée, vraiment très belle.

 

Ces grilles, je les ai trouvées de façon assez particulière. Je tenais une échelle sur laquelle était perché Mr Lecourt, qui enlevait des feuilles mortes dans les gouttières lorsqu’en me baissant pour la déplacer, je trébuche sur quelque chose enfouies sous la terre. Après avoir creusé du bout de mon pied, je vois que c’était une grille, elle avait dû tomber de son emplacement du mur, car elle était tout à fait sous le trou prévu à cet effet, 4 mètres plus hauts. En longeant le mur et me plaçant au-dessous du second emplacement, juste à mes pieds m’attendait également la deuxième grille.

 

Une année, alors que je discutais avec Maxima Baudran, qui s’occupait beaucoup de la paroisse d’Issou, elle me dit qu’elle avait beaucoup de mal à trouver du buis pour les rameaux. Je lui explique que je savais où je pouvais en trouver, et elle me répond qu’elle serait heureuse que je lui en fournisse.

 

Me voilà, armé d’une faucille, ainsi que d’un sécateur d’un côté, et d’un grand sac de l’autre, avec ma meilleure amie d’enfance, montant un dimanche matin au château pour cueillir du buis. En premier lieu, nous nous sommes arrêtés au potager, car les années de manque d’entretien avaient fait pousser les buis sur pied, donc mes premiers prélèvements ont été effectués là. Je me dis qu’il en fallait beaucoup entre la décoration de l’église et la distribution aux Issoussois, donc rendez-vous pris direction le château. Le premier problème que nous avons rencontré Mathilde et moi c’est de passer la grille du pont, je n’avais hélas pas les clés sur moi. Mathilde me regarde d’un air affolé quand je lui dis que ce n’était pas si compliqué que ça d’escalader la grille et de passer par-dessus. Pour votre info personnelle, le pont est un passage étroit reliant le moyen parc au bas parc, mais la rue en dessous est à environ 15 mètres. A coup sûr une chute est fatale.

 

Nous, nous en sommes très bien sortis, aucune perte dans les troupes. Bien que notre cueillette fût bien avancée, l’heure du repas approchait. Je me dis qu’il serait bon d’accélérer la cadence, je pris donc la faucille qui pendait sur mon côté gauche et commençait à couper le buis, attrapant de la main gauche une poignée de buis et coupant d’un coup sec les rameaux. Au bout de cinq minutes de taille de buis, je me dis qu’il n’en fallait guère plus, donc dans un dernier mouvement de main, je coupe le dernier morceau, et là, je ressens une douleur intense qui fit sursauter Mathilde. Je jette la faucille que j’avais en main et prends mon index gauche dans ma main droite que je serre très fort pour calmer ce que je ne pensais être qu’un choc.

 

Après quelques secondes, je remarque que du sang coulait entre mes doigts et je comprends de suite que je venais de m’entailler. Il ne fallait pas perdre une minute et rentrer de suite à la maison. Nous voilà à courir dans le parc. Je vous passe les détails désastreux quant à mon escalade de la grille du pont avec seulement une main. Arrivé chez moi, je n’avais toujours pas desserré pour voir dans quel état était mon doigt. Pris de courage, je m’assois sur le banc de la cuisine et je desserre pour regarder et je constate sur mon index gauche, au niveau de la première phalange, une plaie béante ensanglantée. Je me passe la main sous l’eau et d’un seul coup, j’ai la sensation d’une lame me passant sur le doigt. C’est là que je vois quelque chose de blanc, je comprends vite que c’était l’os de mon doigt. J’ai cru que j’allais tourner de l’œil.

 

Mes parents voulurent m’amener chez le médecin, chose que je refusai catégoriquement de peur d’être recousu. Depuis cette mésaventure, je garde aujourd’hui encore, une bien jolie cicatrice en forme de virgule.

 

Bien des années plus tard, je me promenais dans le moyen parc, je cherchais à retrouver le tracé d’anciennes allées, je traînais des pieds, les yeux rivés sur le sol.

 

Quelle ne fut pas ma surprise, de voir à demi enterré sous un bosquet de buis, un morceau de métal tout rouillé.

 

Forcément, ça aiguise mon attention, je me baisse et essaye de le ramasser. Il était enterré plus profond que ce que je pensais, mais après quelques minutes de grattage de terre, je découvre un casque militaire Allemand qui avait dû dormir là depuis 1945. Ce casque était complètement rongé par la rouille et le haut manquait, ce qui ne m’a pas empêché de le récupérer.

 

Nous avons déjà évoqué le potager, cet espace divisé en plusieurs parties. La première, la plus proche du pont, servait pour les cultures florales et le cresson, c’est là qu’il y a la serre chaude, juste derrière le logement du jardinier (aujourd’hui salle du club de l’amitié, réservée aux 3e âge et locations pour des fêtes). Juste en dessous, l’espace où il y avait une deuxième serre, qui a été démolie pour créer le parking proche de la rue du Soleil Levant vers 1986. En dessous de celui-là, le verger où autrefois poiriers, pommiers côtoyaient les cassis et autres pêchers, et à sa droite, le potager proprement dit. Le tout est séparé par de très belles et lourdes portes, que je suppose en fonte, d’une hauteur de 1.20m environ, le dessus cintré formant des piques.

 

Quand j’étais enfant, je venais très souvent dans ces parties du parc, que l’on disait à l’époque interdit tant la végétation avait repris le pas sur la domestication humaine. La densité était telle, qu’un tout petit chemin de terre permettait le passage. Malgré ma petite taille, je devais me courber pour pouvoir passer sans m’accrocher aux nombreuses branches de ronces et diverses orties.

 

Je me souviens des cabanes que nous faisions dans les arbres. A de nombreuses reprises, les murs de pierres se sont écroulés et la commune, pour ne pas se lancer dans de coûteux travaux, ne les remontait pas de suite, mais en attendant de voter un budget remplaçait momentanément les pierres par du grillage. Lorsque la partie était refaite, ils abandonnaient le grillage dans le parc même, ce qui nous donnait l’occasion de le récupérer pour jouer avec. Justement avec Mathilde et Olivier Robais, nous étions en train de jouer dans une de nos fameuses cabanes, et pour une raison dont je ne me souviens pas, Olivier avait pris Mathilde par les bras et moi par les jambes, pour rigoler nous voulions la porter comme ça. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que sur le sol il y avait des morceaux de tuiles mécaniques qui autrefois étaient posées sur les faites des murs. Olivier n’étant pas très épais, moi par contre bien costaud, il y eut un déséquilibre. Mathilde, au lieu d’être suspendue par nous deux, eut le dos qui traînait par terre et bien évidemment pile-poil sur une des tuiles cassées, dont la tranche saillante était aiguisée comme un couteau. Sur le coup, ni Olivier, ni moi ne comprenions pourquoi elle s’était mise à crier et pleurer. C’est seulement quand elle réussit à se relever que nous avons compris qu’elle s’était fait mal. La panique nous a pris surtout quand nous avons vu son tee-shirt changer du blanc au rouge sang. Elle s’était bien coupée, et garde, encore aujourd’hui, il me semble une cicatrice.

 

Avec Mathilde, il nous est arrivé de nombreuses chutes, fous rires, disputes même parfois, mais nous sommes toujours restés amis. Il me faut faire une petite parenthèse sur l’histoire de mes mémoires pour vous raconter justement une histoire sur nos gadins. Nous devions avoir 8 ou 9 ans, derrière chez nos parents il y avait un bois, que nous appelions « le petit bois » (beaucoup d’imagination, je sais…). Autrefois, il appartenait aux châtelains, mais dans un temps bien reculé, il faisait partie des terres accordées aux Célestins qui venaient chercher le raisin par là. Bref, dans ce bois où nous passions vraiment beaucoup de temps elle et moi, il y avait comme une minuscule clairière avec deux cerisiers, et juste derrière, les fondations d’une maison de bois, qui avait appartenu à une de nos voisines, Marie. Accoudé à cette ruine de maison, un arbre très étrange, un pommier qui donnait du raisin. Ne me demandez pas comment c’est possible, le fait est que ceci, est totalement vrai, vu que Mathilde était plus svelte que moi et surtout plus souple, les années de gym aidant, je la regarde et lui demande d’aller en haut de l’arbre pour me rapporter un peu de raisin. Bien évidemment pas celui qui est en bas, non bien sûr, il me fallait celui qui était le plus haut (quel sale gosse j’étais déjà). Mathilde monte donc la première, je la suis, mais je m’arrête très vite pour la regarder monter. Elle attrape la grappe et d’un coup elle chute. Je revois la scène comme si c’était hier, son corps passant de branche en branche. A un moment c’est comme si le temps se fige, elle me croise dans sa chute et nos regards se croisent également, je sens sa détresse, mais je suis incapable de faire quoi que ce soit, si ce n’est attendre qu’elle touche le sol. Et ce qui devait arriver arriva. Un grand boum, et la voilà allongée par terre, dos contre sol et moi qui ne la quitte pas du regard, essayant comme je pouvais de la rejoindre. Je lui demande à plusieurs reprises si elle va bien. Il me semble même avoir changé de couleur. Au moment où mes pieds touchent le sol, j’entends un bruit qui vient de son corps. En fait, elle était en train de rire comme une folle, un méga fou-rire l’a prise au moment où nous nous sommes croisés et qu’elle a vu ma tête. Elle s’est mise à rire touchant terre, plus de peur que de mal.

 

Avec sa maman, Muriel Rigaud, il m’est arrivé une histoire assez comique également, et ceci dans le parc. Tout à côté de l’entrée du potager floral, se trouve un Sophora.

 

Ces majestueux arbres importés d’Afrique étaient plantés en périphérie de l’allée menant du grand bassin au pont. Celui dont je vous parle est tout à fait reconnaissable, car il a été frappé par la foudre il y a de nombreuses années, et garde aujourd’hui encore le grand trou brûlé sur son écorce. Au-dessus de ce trou, deux branches ont poussé formant entre elles comme une selle de cheval, ce qui nous amusait beaucoup quand nous étions enfants.

 

Un jour de grand courage, et que Mathilde et moi nous amusions dans le parc, je me dis qu’il serait rigolo de monter dessus et jouer au cow-boy (on ne se moque pas !!!). Ah ça pour monter, je suis monté, le problème c’est que mon postérieur lui, n’a plus du tout voulu redescendre, j’étais complètement coincé, impossible de bouger, tant bien par la peur de tomber, que mon embonpoint naturel.

 

Après avoir entendu les 10 000 moqueries de Mathilde, son désir de rentrer tranquillement chez elle, ses encouragements, rien à faire, je restais coincé puis…

 

A suivre…

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Published by amartinez - dans mes memoires
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