Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 21:14

Ces extraits de lettres ont été prêtés par un proche de la famille de Mathan d’une branche encore en vie, pour une raison de confidentialité évidente et sur sa demande express, je ne donnerais pas son nom, voulant être tout à fait exclus de toute demande ultérieure sur ces documents, nous apprenons donc la vie à cette époque, coulant douce et tranquille, pour les fortunés, bien moins agréable pour les paysans, cela nous le savions déjà ben évidemment, ce qui a été rapporté ici n’est que quelques extraits des longues lettres envoyées entre Issou et Paris, Issou et Rouen et Issou et la Bretagne. Je suppose qu'il doit être question d’un chaperon apportant une jeune fille à marier de sa province vers Issou, sans doute à un fils de Mathan, ou un membre de cette dernière à un noble des environs. Je n’en sais pas beaucoup plus, d’autres papiers vous seront ainsi révélés très prochainement sur la même période. Par respect pour le propriétaire actuel, je n’ai fait aucun scan de ses lettres et papiers divers qu'il eut l’extrême gentillesse de bien vouloir me céder quelque temps, mais je vous laisse imaginer l’émotion que j’ai eue feuilletant ces archives.

 

Ces textes n’étant pas toujours très clair, aussi bien dans leur composition que dans leurs déchiffrements, j’ai donc essayé de les retranscrire au plus près de la réalité, en essayant un maximum de ne pas dénaturer leurs contenus. Certains mots que je n’arrivais pas à lire ont été remplacés par des mots que j’espère le plus proches de ce que l’écrivain a voulu dire.

 

Je me suis perdu dans l’immense quantité de papiers que cette personne avait sur le château, j’apprends donc que la source qui aujourd’hui encore coule au Nord s’appelait « source des roches » que déjà elle s’ensablait beaucoup, que la glacière avait une toiture de chaume, aujourd’hui elle est recouverte d’un couvercle formant une voûte de pierre elle-même recouverte de terre comme il est coutume de les voir aujourd’hui, elle possède et possédait déjà un sas, une double porte, ainsi qu’un puits d’évacuation central, refoulant l’eau vers la rue du pont alors appelée rue du village, dans un feuillet que je n’ai pas recopié tant il était riche de détails techniques on nous raconte que l’hiver « Margoulins et gueux ( termes peu flatteurs) venaient au château pour y être pris afin de piquer le bord des étangs, lacs et autres fossés près et autour du bâtiment par le moyen d’épieux (grands pics, je suppose) si bien faisant que le fait de les retirés par le temps froid laissait fort aise le bris de glace » nous apprenons qu'ils avaient des agrafes, sorte de grands piques de métal qu’ils tiraient des mares et fosses gelées vers une grande « charrette dûment paillée » le tout assez rapidement et que le plein est aussi vite conduit vers la glacière, ce travail rapportait aussi bien que les champs visiblement et certaines années il y avait plus de monde que de glace à prendre.

 

Cette histoire nous apprends aussi qu’il y avait déjà des fossés en eau tout autour du château, qu’il passait devant l’appartement de Mr le Marquis ( je rappelle qu’il ne vivait pas au château même, mais certainement dans le logement au-dessus de l’orangerie actuelle) et faisaient le tour du château tant et si bien qu’il fallait passer sur un pont de pierre pour arriver sur la terrasse, ce pont de pierre était fermé d’un coté ( château) par une grille de fer a barreaux droits, une main courante elle aussi de fer parcourait toute sa longueur. « … Ce pont enjambe les fossés en eau courante ».

 

Je suppose que ce pont doit avoir un vestige, qui doit être les douves actuelles, coté église, qui sont recouvertes et qui donne aujourd’hui l’impression qu’elles font partie intégral de la terrasse.

 

Nous apprenons aussi que dans le moyen parc une fontaine d’eau vive était en place, un lavoir aussi, dans la cour de la métairie aujourd’hui plutôt élégante, autrefois accueillait le purin des animaux et certainement de la fosse d’aisance du château lui-même.

 

A noter que des sanitaires étaient aussi dans cette même cour, plus ou moins en face de l’actuel garage aux carrosses le long du mur de clôture de ladite cour.

 

Déjà une allée d’arbres la séparait de la cour d’honneur, il est évident que ce ne sont pas ceux d’aujourd’hui qui vraisemblablement ont été plantés vers 1900.

 

Nous apprenons aussi les mœurs au château en ce temps-là, sur une des lettres il est dit que le curé d’alors, Mr Maheu « … est bien des fois au château… » et qu’il « cherche toujours après Madame… » visiblement son attitude faisait planer des doutes sur ses intentions, et que cela devenait « … gênant… » Que penser donc, nous savons aussi qu’au château une petite chapelle dédiée a Sainte Anne était en fonction et que c’est ce même père Maheu qui la consacra il ne faut peut-être ne pas voir le mal partout…

 

Nous passerons sur les humeurs assez changeantes de Monsieur le Marquis, qui bien d’apparence austère avait les mœurs allant de paire. Faut il aussi rappeler qu’ils eurent la douleur de perdre un enfant aux dires des contemporains l’atmosphère n’était que d’autant plus lourde. Madame qui visiblement tenait les affaires du domaine plus que Monsieur, avait la fâcheuse tendance à ce mettre les paysans à dos, le braconnage n’avait aucune pitié aux yeux de la marquise, nous avons vu un florilège de mots d’époque « cul vert, monte-en-l’air, peine à jouir, fils de prêtre… » voilà ce qu’écrit la personne des lettres outrée de les avoir entendu prononcée par un homme conduit devant la Marquise après s’être fait prendre.

 

Les bâtiments aussi ont eu quelques descriptions, on sait que le grand salon de réception et la salle à manger actuelle servaient de salon, que le passage pour se rendre à l’étage supérieur se faisait par là, « … une rampe de pierre menait à l’étage… »La porte donnait sur la cour de derrière et permettait l’accès à la rampe. Les sols étaient dallés de noir et de blanc, je pense que cela devait être de la pierre non pas du marbre tel qu’il l’est aujourd’hui au niveau de l’entrée et du couloir de service. Pareillement, l’entrée au château ce fait par trois cours, les bâtiments de la métairie et du logement du régisseur existaient déjà, mais il y avait d’autres petits bâtiments aujourd’hui détruits en prolongement du garage à carrosses du colombier situés derrière le château, servant de remises le tout couvert non pas d’ardoise, mais de tuiles semblables au pigeonnier rond ou carré.

 

D’énormes travaux ont été faits lors de la reprise du domaine par les Mathan, comme convenu par l’acte de vente fait par le Duc de Bouillon, la vente ce fit pour une somme plutôt modique, mais la somme ajoutée aux travaux et au mobilier donna en final une somme plus ou moins égale à un achat classique.

 

Par mis ces travaux il y a :

 

« … Le rétablissement du pavé et de la fontaine de la cour de l’abreuvoir dont les eaux se perdent sous le pavé, et pour prévenir les dommages que les eaux causeraient au mur de terrasse.

 

Au rétablissement de l’escalier en pierre qui monte aux greniers et chambres des domestiques au-dessus de la vacherie de la cour deuxièmement déclarée.

 

En la réfection à neuf de la fosse d’aisances, voûte d’icelle, et puisard qui reçoit les eaux de la cuisine, ladite fosse adossée au mur de séparation des deux cours.

 

À la réfection à neuf de l’escalier qui monte de la cour basse à la cour haute, de même que le mur de terrasse dans la longueur de 36 pieds sur 16 de haut et le rétablissement du bâtiment au-dessus à ce sujet.

 

Et la réfection à neuf des deux souches de cheminées au-dessus des remises de la cour haute.

 

Au rétablissement du parquet du salon au rez-de-chaussée du château en 3 toises de superficie, et la pose d’une marche de pierre au perron sur le jardin en fourniture.

 

A l'abaissement de la cour au derrière du château où est la source d’eau des roches en 3 pieds de haut réduire, et 57 pieds de long sur 44 de larges faire à neuf le pavé, dégager le sable sous les roches, y faire deux petits murs pour empêcher les sables de foirer à droite et à gauche, faire un aqueduc pour la conduite des eaux jusqu’aux fossés où elle se décharge, le tout pour prévenir l’humidité considérable qu’occasionne cette source aux pièces qui l’avoisinent.

 

Au rétablissement de la couverture du logement du jardinier et la réfection à neuf du mur de clôture de la cour de la maison en 4 toises de long sur 7 à huit pieds de haut et la fourniture d’une porte et ses ferrures.

 

Aux rétablissements des pressoirs et leurs couvertures, fourniture d’une vis et de plusieurs jumelles et d’une porte charretière à côté de la glacière.

 

En la fermeture et clôture du boulingrin, au bout du parterre et au-delà du chemin de 24 pieds de long sur 9 à 10 pieds de haut, en y observant une baie avec piédroit de pierre, fermée de grille de fer, et à l’autre bout dudit boulingrin, vers ensuite le chemin de Paris pareille clôture en 51 toises de pourtour compris le saut de loup avec pareille baie en grille pour ménager le point de vue du château.

 

».

 

Plusieurs choses sautent aux yeux dans l’extrait ci-dessus, boulingrin, ce dit d’un grand parterre de gazon raz, où l’on peut jouer aux jeux d’extérieurs, dont le parc d’Issou était encore pourvu après le Duc de Bouillon, ses aménagements sont restés jusqu’en 1880 plus ou moins, cette étendue partait juste après le pont et allait mourir au saut de loup, qui lui aussi était déjà là.

 

Nous l’avons lu aussi plus haut dans une des lettres, la glacière avait juste à ses coté des appentis qui contenaient les pressoirs, il y en avait 5, ce bâtiment est toujours attenant au parc, c’est la grande porte en coulissante en bois, juste à côté de la grille dans la rue du pont, juste avant celui-ci, sur la droite quand on ce dirige vers la mairie.

 

Revenons à l’arche qui est dans la rue du Cocriaumont, cette arche bâtie en pierre obturait le passage des voitures, elle laissait juste passer un homme debout ce qui causa le demi-tour de la voiture à cheval de notre écrivain.

 

Dans ça première lettre elle pare de leur arrivée sur Issou par le Cocriaumont, et de « … l’homme de terre… » vivant à l’angle de la rue, veut-elle parler de la ferme qui ce situait juste face au colombier carré ? Ces terres nous le savons font et faisaient partie du haut par cet à cette époque intégralement partie du domaine, est il possible qu’elles aient été aidées par un des domestiques du château sans le savoir ? Plus une ligne n’a jamais reparlé de cet homme.

 

Il est question de deux femmes dans ces lettres une certaine Elizabeth et une Augustine, qui sont-elles ? Mathurin le laquais de voiture, Agathe est une domestique ou une femme de chambre pour avoir eu des propos sur le château lui-même, j’ai appris au cours de mes recherches à vouloir élucider la romance qu’il y aurait sois disant eu entre le Duc de Bouillon et la Pompadour, une romance et un beau conte pour enfant visiblement, il est souvent question dans l’histoire du XVIIIe d’évoquer le Duc de Bouillon et la Pompadour marchant cote à côté au château d’Issou, ces histoires relèvent visiblement de la légende, un texte relate une sortie de la belle Marquise et de Louis XV accompagné du très illustre Duc de Bouillon.

 

Il est dit que le Duc faisant passer ces invités pour une destination qui m’échappe, par ses propriétés récemment remises en état prévoyant ces déplacements, et c’est pour plaire a leurs yeux qu’il aurait faits ces nombreux travaux, il paraîtrait que le Duc de Bouillon fit placer dans toutes ses demeures des portraits de la Marquise, non pas pour lui plaire à elle, mais certainement pour rentrer dans les bonnes grâces du souverain, en effet le Duc ayant toujours mené grand train n’en était pas moins sur une pente raide au niveau des finances. Quoi qu’il en soit, le carrosse n’est jamais passé par les terres Issoussoises, ce qui explique sans doute le peu d’intérêt pour le château d’Issou proprement dit et la somme qu’il a fallu débourser pour la remise en état des lieux par la suite, il faut aussi dire qu’il passait sans doute plus de temps à Montalet qu’à Issou. Le fait incontestable est qu’il a bradé le mobilier du château (CF inventaire de 1765). Est-ce une preuve de son manque d’attachement ou bien un besoin pressant d’argent ? Il est dit aussi que dans certaines pièces du château, surtout en bas, des peintures sont à même le mur et que le cadre est un câble de cuivre, faisant le tour de la peinture, ces dernières représentent des scènes bucoliques dans le parc lui-même, il y en a même un représentant le château dans une période reculée.

Par amartinez - Publié dans : histoire du chateau d'Issou
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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 19:52

Il est un lieu où les arbres protègent comme un écrin une bâtisse, logée dans le creux de leurs branches à l’abri des affres du temps, ce domaine porte le nom de château d’Issou, dans la commune du même nom.

 

Cette demeure, a vu passer de grands noms de l’histoire, le Duc de Bouillon et son caractère bien trempé, le comte de Mathan le mal-aimé du village, le puissant prince Beaufremont de Courtenay, le non moins puissant Nicolas de Harlay de Sancy, le bien-aimé Monsieur Boreel et sa famille, dont l’église raisonne encore de la grande fête donnée en l’honneur des épousailles de sa fille. Monseigneur Brochant de Villiers également propriétaire du château de Mantes, aujourd’hui disparu. Jusqu’à la famille de Dampont, qui eut le domaine durant au moins cinq générations.

 

Les pierres raisonnent des rires des jeunes filles jouant sur le boulegrin du bas parc, les arbres-témoins des marches dans les allées verdoyantes menant du château au bas parc, ce parc justement qui donnait de longues heures de promenades tant ses bosquets furent agréables, les jardins aménagés par les nombreux soins des jardiniers, voulus, selon la légende sur un caprice du Duc de Bouillon vers 1750 pour le plaisir de la Pompadour. La géométrie parfaite, des bosquets mêlés aux différentes variétés d’arbres formaient des hautes et basses futaies, la quasi-intégralité du parc était aménagée à la Française, le peu d’espace ne l’étant pas, avait pour but de potager avec un grand bassin carré central, un boulegrin permettant les jeux de plein air, partant de l’arche et allant à perte de vue vers la route de Paris, avec au fond la vue sur le château de Montalet, donnant l’impression d’une miniature posée sur la pelouse centrale. Comme le dit une lettre récemment retrouvée( très récemment j'ai eu la chance de me voir offrir une pile de lettres anciennes écrites au château d'Issou de temps en temps je vous ferais part de leurs contenues) :

 

« L’été, qu’il est agréable de passer du temps près du grand bassin, son grand jet d’eau nous rafraîchit les jours de grand soleil, souvent, je m’asseyais sur l’un des bancs de pierre, contemplant la façade du château à travers le remous de ce jet, déformant les lignes droites en courbes selon la force de l’eau jaillissante.

 

Sur les 4 bassins, celui-là a ma préférence, tant par sa situation, à mi-chemin entre le château lui-même et l’arche, donnant un point de vue qui ravit l’œil et le cœur. (… Mots illisibles) et toutes ces variétés (….) qui ouvre l’appétit. Si tu savais ma chère sœur (…) ce lieu que j’aimerais tant, partager avec toi, est délicieux (….) »

 

A en croire ces mots, il est bon d’y vivre en effet.

 

L’eau étant un sujet délicat, avait pourtant fait lieu d’une transaction entre les habitant d’Issou et les châtelains, nous nous souvenons qu’en 1830 un traité avait été ordonné disant que la moitié de l’eau recueillie devait revenir aux Issoussois, alors le bassin dont il est question ci-dessus aura un rôle important pour les habitants de l’Est d’Issou, le trop-plein sera dérivé dans l’angle de la rue de l’église et la rue du carrefour passant ainsi sous le mur du parc, et allant desservir un abreuvoir, l’excédant passera sous une maison et ira aussi alimenter celui de la rue du Soleil Levant.

 

Aujourd’hui, ce lieu féerique pour les gens de bonne naissance ne ressemble plus à ces descriptions idéalisées, les arbres sont toujours là, mais ils ne protègent plus qu’une ruine souffrante, la pluie ravage les murs du château, ravagent aussi son intérieur, les planchers par endroits, ne servent plus que de décor, ils ne soutiennent plus rien, marcher dessus garanti un aller simple pour l’étage inférieur, la façade ne conserve que les 5 mascarons, le reste de style Trianon est tombé il y a longtemps, des arbres poussent sur la toiture, la partie Nord est tombée laissant un trou béant laissant apparaître les 3 étages comme une plaie ouverte.

 

Les bassins ont disparu depuis des lustres, les sources se sont taries, le vestige d’une pièce d’eau avec le reste d’iris mourant de sécheresse font peine à voir, les abreuvoirs ont également été rasés l’urbanisation a eu raisons d’eux, la dernière preuve n’est que cette photo, ci-dessous, c’est bien maigre.

 

La flèche rouge montre où partait l’eau, les deux courbes montrent le reste de l’arche.

 

Comment en sommes-nous arrivés là ? La folie des hommes, inconscience d’une femme, les priorités financières autres que le patrimoine, le temps passe et le château diaprait petit à petit, que va devenir le site, si rien n’est fait dans quelques années il ne restera que les pierres au sol pour nous remémoré le château d’Issou, ne laissons pas faire comme à Montalet, détruire un château, chaque pierre qui tombe est une partie de l’histoire qui s’efface.

 

Aujourd’hui la somme pour les réparations est énorme, 9 millions d’Euros sont nécessaires pour la réhabilitation de ce site, plus le temps passe plus la somme monte, nous sommes dans l’incapacité financière d’assumer les travaux au niveau de la mairie, un mécène serait il assez généreux pour aider à la réflexion du site ? La mairie laisserait elle un particulier prendre en mains le château, serait elle capable de vendre le bien historique ? Ou préfère-t-elle continuer à vouloir le garder coûte que coûte au risque de le perdre totalement, je me suis maintes fois dit que j’aimerais me porter acquéreur du bâtiment et de le restaurer selon mes moyens, il est sûr que cela prendrait du temps, soit, mais ce serait le projet d’une vie, en achetant le domaine, je m’engagerais de laisser aux publiques le parc, et une fois les travaux fait de céder à la mairie le bâtiment comme musée ou autres lieux culturels.

 

Je sais que je n’aurais jamais d’enfants, pas de descendants voilà qui ferait une bonne action.

 

De nombreuses années sont nécessaires pour ce projet, j’ai actuellement 31 ans, il ne faudrait pas mettre encore trop d’années pour réaliser ce rêve, ce doux rêve....

Par amartinez - Publié dans : histoire du chateau d'Issou
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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 21:29

Montage-jardin-bouillon-03.jpgMontage-jardin-bouillon-04-copie-1.jpg

        Ci-dessus, à gauche les jardins du château d'Issou tel qu'ils devaient être lors de la vie du Duc de Bouillon, à droite le parc tel qu'il est aujourd'hui, parmi les changements entre aujourd'hui et 1750, ce qui saute aux yeux bien évidement ce sont les jardins qui à cette époque étaient totalement aménagés dans un texte de 1763 il est dit que le parc du château possède de part et d'autre de la 3e terrasse des bosquets des futaies et des bois ainsi que des jardins il faut aussi dire qu'il y a au moins 3 bassins qui ont disparus un premier carré qui était dans le petit potager, un second doté d'un grand jet dans le centre du moyen parc, en bleu sur le plan de gauche. Une fontaine à eaux vives, un lavoir dans la cour à fumier,à l' entrée du moyen parc, aujourd'hui cour pavée, il est dit aussi dans ce texte, que le moyen parc communiquait avec le haut parc par une arche double, passant au-dessus de la route principale, cette route n’est nul autre que l’actuelle rue du Cocriaumont, cette arche a disparu lors des travaux de creusement de la voute sous la rue du Cocriaumont, il en reste aujourd’hui qu’une petite partie visible encore, observez bien juste dans le dos du château le long du mur, il y a une légère boursoufflure des rangées de pierre élargissant le mur, vestige de la naissance de la première des deux structures cintrées, cette ultime preuve du passé a souffert lors du rabaissement des murs qui enserre le parc, en effet les murs étaient plus haut qu’aujourd’hui, mais pour rentre dans les quotas actuels il a fallu les rabaisser, ce qui causa la défiguration de l’aspect originel, car ces murs finissaient par environ 4 rangées de briquettes rouges et des chapeaux de pierre venait régulièrement couronner son sommet , autre chose la rue a été élevée lors des travaux premièrement de la voute puis lors du passage du trappil beaucoup plus récemment. Les deux vues qui suivent sont simplement une illustration de ce que cela pouvait donner, je sais que les proportions ne sont pas bonnes, mais dans l'urgence voilà ce que ça donnait sans nul doute

moyen-haut-parc-01.jpgarche-haut-parc-02.jpg 

A suivre ....

Par amartinez - Publié dans : histoire du chateau d'Issou
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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 20:18

    Ce qui va suivre sont des plans, des dessins, sur des détails des communs aux alentours du château, tel l'orangerie ci-dessous

palissage-de-l-orangerie-1950-copie-1.jpg

    Ci-dessus, un détail sur les palissages contre la façade de l'orangerie chaque fenêtre en voûte d'ogive (façade Sud), étaient recouverts d'un palissage comme celui-là.

façade orangerie 1950

Ci-dessus, la porte d'entrée de l'orangerie, en bas à gauche, un petit fossé permettant de recueillir l'eau de pluie des gouttières de la façade Nord, contre ce fossé un petit jardin surélevé de style à la française, le muret de ce jardin portait un chaperon de pierre sur toute sa longueur, sur ce dernier des vasques étaient posées voir photo ci-dessous. Sur la façade Sud, un banc de pierre permet de s'assoir face au jardin, au fond le mur de séparation entre le jardin de l'orangerie et le passage qui amène sur le jardin pentu du régisseur.

jardin-orangerie02.jpg

    Cette photo prise en 1971, montre sous la vasque le chaperon de pierre sur lequel est posé la vasque, nous pouvons aussi observer juste au-dessus de la vasque, le poteau de pierre formant le jardin à la française communément appelé jardin du curé, au sommet du pillé une corbeille de fleurs en pierre posée dessus.

jardin orangerie

 

 

Ci-dessus, un dessin approximatif du jardin derrière l'orangerie la ligne verte est l'espace de séparation entre la façade de l'orangerie et le jardin lui-même, le cercle blanc en haut à gauche est une colonne qui supporte une autre vasque de pierre, colonne de style corinthienne elle-même adossée sur le mur de séparation, à l'extrémité du jardin le carré blanc est le socle de la naissance de la Vénus, statue de marbre blanc.

pigeonnier-carre.jpg

    Ci-contre, un plan du pigeonnier carré, qui a longtemps servit de remise au bois de chauffage, sous le Duc de Bouillon déjà, et lors de sa restauration, en 1999, des énormes morceaux de charbon ont été trouvés au rez-de-chaussée, les flèches indiquent des points de sorties, N° 1 pigeonnier carré, N° 2, terrasse verte, N° 3 une des contres allées dont la partie Est servait de petite terrasse de repos avec des bancs de pierre, N°4 une porte de sortie (murée aujourd'hui) pourvue d'un petit toit de tuiles plates.

plan bs parc

    Ci-contre, une représentation du bas parc, sous Madame Chaperon, N°1, le pont, N° 2,3, 4, le potager verger avec les points sombres qui sont les serres, un miroir de réchauffement dans chaque partie, les points bleus, N° 5, le grand bassin alimenté par la pièce d'eau du parvis du château, N° 6, la maison du gardien du bas parc, N° 7, la grille d'entrée, N° 8 le pavillon de repos octogonal, N° 9, les anciens greniers a grains, N. ° 10, le cèdre du Liban, N° 11 la statue du bucheron.

plan situation chateau01 

 

   

Maintenant, voyons un plan d'ensemble des abords direct du château, N° 1 la pièce d'eau, N° 2 la tourelle Est du château, N° 3, l'emplacement des cuisines du milieu du XIXe à 1999 aujourd'hui, une cour comme était le château depuis le Duc de Bouillon, N° 4, la descente des douves et la cave à charbon en dessous, sur le dessus, l'entrée du château, N° 5 le colombier rond, N° 6, le garage à carrosse ? N° 7, la cour pavée N° 8 l'orangerie en dessous et au-dessus l'appartement semi-octogonal, N°9 l'appartement, N° 10 le passage et les écuries au fond, le logement du régisseur, N° 11, le jardin de l'entrée N° 12 le jardin de l'orangerie, N° 13 les douves et l'accès à la pièce d'eau.

 

 

Par amartinez - Publié dans : histoire du chateau d'Issou
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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 11:13

Inventaire de meubles

Au château d’Issou (1765)

Par M. Graves,

Membre de la commission

 

 

A 6 kilomètres de Mantes, dans le canton de Limay, à proximité de la route de Meulan, d’où on l’aperçoit blanchissant en plein soleil au bout d’une immense pelouse délicieusement encadrée de beaux arbres, se trouve le château d’Issou, jolie construction du XVIIIe siècle, située en terrasse au milieu d’un des plus beaux parcs de la région. Aujourd’hui propriété de M. le comte de Jean, il appartenait vers 1750, au dis de Bouillon ; on lira tout à l’heure la liste très longue de ses titres.

Par suite de circonstances qui ne sont pas connues, le grand seigneur avait vendu, avant 1764, son château d’Issou, tout voisin de son autre château de Montalet, aujourd’hui détruit, au comte de Mathan. En 1765, il avait cédé en outre, par un acte séparé, moyennant 40 000 Livres, tout le mobilier du château à la comtesse de Mathan.

Voici,  d’ailleurs, le préambule de cet acte très considérable et très important qui fait partie du chartrier d’Issou, et dont M. le comte de Jean, nous a gracieusement permis d’extraire un grand nombre de précieux renseignements sur le mobilier d’un château de cette époque.

 

« Par-devant les conseillers du Roy, Notaires au Châtelet de Paris, soussignés, furent présents, très haut, très puissant et très illustre prince, Monseigneur Charles Godefroy de la Tour d’Auvergne, par la grâce de Dieu, souverain de Bouillon, vicomte de Turenne, duc d’Albret et de Château-Thierry, comte d’Auvergne d’Evreux et du Bas-Armagnac, baron de la Tour Olierrgues, Moringue et Montgaçon, seigneur de Créquy, Wembercourt et autres lieux, Pair et grand Chambellan de France, gouverneur et lieutenant général pour le Roy du Haut et Bas païs d’Auvergne, demeurant à Paris, en son hôtel, quay Malaquais, paroisse Saint-Sulpice, d’une part, et Haute et puissante Dame Anne du Cluzel de la Chabrerie, épouse de Haut et puissant seigneur, Anne Louis, Comte de Mathan, Chevalier seigneur de Longvilliers, Trousseauville et autres lieux, lieutenant pour le Roy au gouvernement des villes et château de Caen, capitaine au régiment des gardes françaises et brigadier des armées du Roy, à ce présent, demeurant à Paris, rue Neuve des Capucines, paroisse de la Madeleine de la Ville-l’Evêque, la dite Dame Comtesse de Mathan, dûment autorisée dudit seigneur son mary, à l’effet des présentes, d’autre part. »

Le comte de Mathan, avait épousé Anne Ducluzel de la Chabrerie, en 1748. Elle était la fille d’un fermier général, et ce fut justement son père qui paya au Duc de Bouillon les 40 000 Livres montant de l’inventaire du mobilier.

Quant au Duc de Bouillon, il avait succédé, en 1754, au prince de Tingry, des Montmorency-Luxembourg, comme gouverneur de Mantes.

L’inventaire des meubles cédés à la comtesse de Mathan avait été dressé au mois de mai 1764 ; l’acte n’avait été régularisé qu’en 1765. celui qui en avait préparé les éléments était sans aucuns doute, un connaisseur émérite, car nous allons devoir à ses connaissances très sûres, plus d’un renseignement précieux, non pas tant sur le mobilier lui-même que sur les faïences et porcelaines de toutes sortes qui garnissaient en si grand nombre les diverses pièces du château d’Issou.

L’inventaire débute par l’office sous le colombier :

 

  • Au milieu des tables et des chaises se trouvait une fontaine « en jarre* », garnie de cordes avec un petit baquet dessous, un moulin à café accompagné d’un grand et moyen poêlon à queue pour griller le café, de quatre cafetières grandes et moyennes, deux théières en cuivre rouge, il y avait aussi un gaufrier et ce qui en dépend en bois. Dans les armoires et bas d’armoires, étaient rangées toute sorte de faïences commune, honnête et même de la porcelaine ; D’abord la faïence commune de Rouen, à faire rêver, bien que commune, le collectionneur le plus placide et le plus maître de lui : vingt-quatre plats creux et ronds de différente grandeur, vingt-quatre douzaines d’assiettes, quatre compotiers, deux saladiers etc. Notre expert ne connaît pas la faïence de Rouen, et il en énumère d’autre dont il nous fait connaître la provenance. Voici surtout la faïence de Sceaux trente-six plats creux longs et ronds, vingt-quatre douzaines d’assiettes creuses ou moins creuses, deux saladiers, deux saucières, deux sceaux à vin, deux huiliers. C’est là la faïence utile, quoique certainement décorée. Voici celle de fantaisie qui sert de surtout et d’ornement de table : En service de légumes de même faïence de Sceaux : Deux meulons, deux romaines, quatre gros choux, deux laitues vertes, deux laitues blanches, six artichauts, quatre bottes d’asperges, huit plats pour le service de ces légumes, quatre compotiers de fruits rassemblés, quatre pommes, quatre poires, quatre bigarades, quatre corbeilles à fruits rondes et longues, quatre brocs, deux sucriers en porcelaine de Chantilly, quatre sceaux à rafraîchir, de même porcelaine, des tasses à glaces avec leurs plateaux. N’est ce pas là, en effet, l’appréciation d’un fin connaisseur ? Il a bien soin de séparer les faïences de Sceaux de la porcelaine de Chantilly et la spécification devient ainsi très précieuse. Les pièces de pur ornement inventoriées sont aujourd’hui difficiles à classer, on les attribue à Moustier, à Marseille, à Delft, ou encore à d’autres fabriques ; Rouen, même s’est essayé dans ce genre. C’est la première fois, il nous semble, que Sceaux est indiqué, et d’une façon précise, dans un document contemporain, pour avoir fait cette sorte de faïence. Cela seul justifierait l’intérêt de l’inventaire que nous analysons.
  • Dans un passage : se trouve une armoire de chêne à deux battants, dedans, se trouvent comme au rebut différents animaux écornés en faïence de Sceaux. Encore une indication à retenir. Les porcelaines ne sont ni moins diverses, ni moins nombreuses. En porcelaine de la Chine, de Saxe, ou autre : quarante-huit assiettes, une jatte en compotier, deux plats à potage, une terrine avec son plat rond, dix-huit plats longs de différentes grandeurs, deux saucières, six pots-pourris de différentes formes, douze tasses à café avec leurs soucoupes, deux pots à sucre, deux théières, trois pots à lait de terre d’Angleterre, deux sucriers avec leur plat, une jatte à lait, deux gobelets de porcelaine, dix grandes et petites tasses de cristal, deux moutardiers de porcelaine, une planche garnie de toutes sortes de carafes etc. En porcelaine de Sceaux à fleurs : cinquante assiettes, une terrine longue avec son plat, deux plats à oreilles avec leur plateau, trente plats long et ronds de différentes grandeurs, quatre compotiers ovales, huit compotiers à coquilles et ronds, deux saladiers, deux pots à beurre, six coquetiers, deux réchauds à esprit de vin, etc. en tout, 108 pièces.
  • Dans un petit cabinet : deux petits coins de bois d’Amarante, garnis de flacons de cristal, de petites figures de chien de porcelaine.
  •  Dans une chambre : une chienne de porcelaine de Saxe, un pot à l’eau et une cuvette du pont aux choux, celle-ci, sortait de la fabrique de Louis Honoré de Lamare de Villars, établi rue Amelot.
  • Dans une chambre : un plateau de porcelaine de Chine à servir le café.
  • Dans une autre : Une caisse de glaces remplie de petites bouteilles d’odeur, de deux petits magots de porcelaine.
  • Ailleurs : Un pot à lait couvert avec son assiette, une encoignure en bois blanchi est garnie d’un pot à bouillon, de deux gobelets avec leurs soucoupes, d’une jatte de porcelaine, d’un pot à l’eau et encore d’une jatte du pont aux choux*

Voilà un inventaire de près de 1000 pièces de faïences ou de porcelaines qui se vendraient certainement aujourd’hui plus de 10 000 francs, soit le quart de la prisée d’alors. L’inventaire n’est pas moins précieux au point de vue du mobilier, et, au point de vue de la curiosité, nous n’avons que l’embarras du choix :

  • Une chambre :un lit à la Polonaise.
  • Une autre : Un lit en tombeau, la garniture est e, Siamoise de la porte ou bien comprend des bonnes grâces.
  • La salle à manger : Ornée de deux bustes de marbre de Rapport d’une urne de marbre sans couvercle, deux médaillons de marbre blanc.
  • Le salon de compagnie : Parqueté, à une cheminée de marbre commun, trois glaces en mauvais état, un petit lit pour les chiens, quatre cabriolets de canne et trois mellieux en bois uni garnis de tapisserie, un jeu de biribi avec ses tableaux et ses jetons d’ivoire, ses ceuillières, ses râteaux de bois et corbeilles d’osier sans fiches. Une table à quarille, deux tables à jeu de piquet, deux tables de trille, une table de brelan à cinq couvertes, tant bonnes que mauvaises, et un jeu de Trou-Madame.
  • Parmi les étoffes nous remarquons : Un grand fauteuil garni de tapisserie des Gobelins , une tapisserie en vieil damas de Caux, des rideaux de fenêtres en Siamoise, une tapisserie en vieille satinade et damas de Caux, une tapisserie de Camelot cramoisie*, une tapisserie en Pékin à fleurs de soie à fond jaune, des carreaux de bassin, des coussins de péne encadrée, des soies des Indes, des Siamoises de Rouen, flambées vertes et blanches.
  • Une chambre : Tapissée en papier d’Indes, un poudrier rempli de têtes à perruque,
  • Le pressoir : Deux pintes d’étain, l’une mesure de Gany, l’autre mesure de Mantes.

Ainsi qu’on le voit, comme tous les inventaires anciens un peu détaillés, celui du château d’Issou présente un intérêt véritable, tant au point de vue du mobilier que des objets communs, lors de la vente, mais qui seraient devenus, s’ils existaient encore, ce que nous appelons des objets de curiosité. Il est regrettable que la prisée ait été fait en bloc et que chaque article n’ait pas été estimé à part. Il n’est pas douteux, cependant, que les 40 000 Livres de l’estimation seraient de beaucoup dépassées, si ce mobilier princier pouvait aujourd’hui, devant une armée de collectionneurs, passer tout entier sous le marteau d’un commissaire priseur. Quel aubaine pour celui-ci, mais quelle fièvre pour ceux-là !

 

Mantes le 25 avril 1899.

 

Par amartinez - Publié dans : histoire du chateau d'Issou
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